L’OM vient de prolonger sa présence au Vélodrome via la signature d’un nouveau bail de 15 ans avec la Mairie de Marseille. Le club préfère la location avec un loyer très élevé, plutôt qu’à achat du stade. Explications.
Depuis la modernisation pour l’Euro 2016, l’Orange Vélodrome s’est imposé comme un actif premium : grandes jauges, hospitalités modernisées, calendrier d’événements internationaux. Politiquement, la Ville a déjà évoqué un prix de cession autour d’un milliard d’euros, pendant que l’OM – locataire – sécurise désormais l’exploitation jusqu’en 2041 grâce à un bail longue durée. Ce nouvel accord augmenterait les recettes de la mairie d’un peu plus d’un million d’euros par an et porterait le loyer annuel estimé autour de 9,4 M€. Pourtant, l’OM aurait tout intérêt à détenir son stade. Explications.
Détenir son stade change tout
Dans l’économie des clubs français, l’immobilier est souvent la pièce manquante. Pourtant, posséder son stade permet d’optimiser les “Match Day Revenus” (billetterie, loges, salons, expériences premium), de densifier l’hospitalité et de capter une part bien plus large des dépenses des fans avant/pendant/après match.
Au-delà du foot, l’enceinte devient une plateforme de revenus récurrents (concerts, conventions, salons, événements internationaux). L’exemple tricolore souvent cité, c’est l’OL avec le Groupama Stadium : un outil propriétaire qui maximise les revenus complémentaires aux flux traditionnels (droits TV, sponsoring, merchandising), tout en renforçant l’image de marque et la résilience financière.
Un stade au prix très élevé
À Marseille, la réalité est différente : le club loue le Vélodrome. Historiquement élevé, le loyer a régulièrement été revisité à la hausse au fil des conventions successives (hausse actée en 2014, puis nouveaux paliers en 2017 et 2024). Et la dernière signature sur 15 ans, officialisée hier, entérine encore un cran supplémentaire (plus de 9,4 M€ par an).
L’option achat reste donc freinée par un facteur principalement : un prix de cession très élevé. En effet, la valorisation officieuse du Vélodrome tutoie le milliard d’euros, un seuil qui semble dissuasif pour l’OM de Franck McCourt.
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À court terme, l’OM choisit donc la visibilité et la facilité – un bail long – plutôt que d’acquérir le stade et de l’amortir progressivement sur le long terme. Reste que, justement, sur le temps long, l’alignement propriété-exploitation demeure le Graal pour capter tout le potentiel d’un écosystème XXL à la marseillaise. Les dirigeants marseillais actuels n’ont peut-être pas cette vision et préfèrent penser court terme, quitte à y perdre au change.
