Trois hommes pour un titre.


***


Andy Murray, deuxième tour à Washington, vainqueur à Montréal, demi-finaliste à Cincinnati.

Désormais, place au 3ème homme. Le seul qui semble en mesure de priver l’un des deux hommes cités précédemment de faire main basse sur le quatrième majeur de la saison. Mais pour l’écossais, la mission s’annonce extrémement ardue. Pas parce que son niveau de jeu est problématique, car là aussi, Muzz semble afficher l’un des meilleurs tennis de sa carrière. Avec, comme marque de fabrique, son revers croisé, avec une balle prise au sommet du rebond, qui est sans aucun doute l’une des armes les plus létales du tennis mondial actuellement. Une arme qui a particulièrement gêné Djokovic à Montréal.

A ce revers, vous rajoutez du classique pour le numéro trois mondial. Une endurance à toute épreuve, un physique incroyable (on en parle peu, mais l’écossais est sans aucun doute le joueur le plus affuté du circuit), et un oeil très largement au dessus de la moyenne, lui permettant de relancer les pieds sur la ligne de fond de court et de lober avec une aisance déconcertante. Seule sa deuxième balle et son coup droit semblent plus faibles.

Comme l’a dit Thierry Champion, il faut jouer l’écossais comme un gaucher tant son revers est fantastique. Le problème de Murray ?

Et bien il s’agit des deux joueurs au dessus de lui dans la hiérarchie mondiale. Sur les huit tournois majeurs de l’année (Masters 1000 et Grand Chelem, en exceptant Rome où il fut WO contre Goffin), Murray en a gagné deux. Pour le reste, il a chuté quatre fois contre Djokovic (en finale à l’Open d’Australie et à Miami, en demi-finale à Indian Wells et à Wimbledon), et deux fois contre Federer (en demi-finale à Wimbledon et en finale à Cincinnati).

Si l’on ne tient pas compte ces six revers face aux deux premiers mondiaux, Murray est à 59 victoires pour 3 défaites cette saison. Preuve de la marge de l’écossais sur les joueurs derrière lui, et de la difficulté qu’il a à battre les deux meilleurs joueurs du monde. Et malgré son tennis proche de la perfection, c’est cette supériorité de Djokovic et Federer qui nous empêche de mettre Murray au niveau des deux autres. Surtout qu’il devrait sûrement battre les deux pour remporter l’US Open.

En Grand Chelem, il n’a battu qu’une fois le Suisse, pour cinq défaites, et deux fois le serbe, pour six défaites. Des statistiques qu’il devra sans doute bousculer pour remporter son deuxième trophée à Big Apple.