Trois hommes pour un titre.


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Roger Federer, absent à Montréal, vainqueur à Cincinnati.

Si l’US Open se jouait en deux manches gagnantes, Roger Federer serait l’immense favori du tournoi New-Yorkais. A force de le dire, la crédibilité de ces propos va être remise en cause, mais parfois, l’on se demande si l’homme aux 17 tournois du Grand Chelem ne joue pas en ce moment le meilleur tennis de sa carrière.

Sur ses 17 derniers matchs répartis en trois tournois, le Bâlois n’a été breaké que cinq fois, dont quatre fois en finale de Wimbledon par Novak Djokovic. Dans l’Ohio, personne n’a pu le breaker. Encore plus fort, ni Murray ni Djokovic n’ont pu se créer la moindre balle de break contre lui.

Impérial au service, il frappe la balle plus précocement que jamais, donnant l’impression de toujours mettre le couteau sous la gorge de son adversaire. Sur son coup droit, chaque balle neutre est directement sanctionnée pour un coup de fusil imparable.

En revers, le Suisse se contente désormais de plus « faire jouer », utilisant son délicieux chip de revers pour casser le rythme, commettant ainsi moins de fautes. Et surtout, comme depuis un an et demi, il saisit la moindre occasion pour prendre le filet.

Une prise de risque symbolisée par sa nouvelle invention, les retours joués en demi-volée à même pas un mètre derrière son carré, pour mettre la pression sur la deuxième balle des joueurs en face de lui. A 34 ans, son tennis fantastique lui permet encore de figurer parmi les prétendants au titre sur un tournoi de deux semaines. Pour tout dire, si Djoko n’existait pas, il serait le grandissime favori tant sa marge tennistique semble réelle sur le reste du panier, encore plus depuis les difficultés de Rafael Nadal.

En toute logique, excepté un joueur en fusion comme Cilic a pu l’être l’an dernier, personne ne semble en mesure de battre Federer à New York, excepté vous savez qui. Car en cinq manches, la machine physique qu’est Djokovic semble avoir l’avantage lorsque le match dure. Il faudrait donc que Roger Federer s’impose en trois sets, car, au delà, chaque minute est à l’avantage de Nole. Quand on sait que sur ses 133 derniers matchs en Grand Chelem (soit vingt tournois), le serbe n’en a perdu qu’un seul en trois manches, on comprend la difficulté de la mission qui attend le Suisse…

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