PSG : un centre de formation pas à la hauteur ?

nasser al khelaifi psg
Nasser Al-Khelaifi (PSG)

Daniel Riolo a refroidi l’enthousiasme autour du virage “formation” annoncé par Luis Campos au PSG. Pour le consultant, bâtir un Paris Saint-Germain compétitif avec une ossature de Titis reste, aujourd’hui, une promesse hors de portée.


Lundi, à l’occasion des 50 ans du centre de formation, Luis Campos a affiché sa volonté de mieux intégrer les jeunes du PSG à l’équipe première. Une orientation qui colle à l’air du temps et aux efforts de Luis Enrique, mais qui ne convainc pas Daniel Riolo. L’éditorialiste estime que le gap avec le top européen demeure abyssal et que la formation parisienne n’a pas encore produit l’épaisseur nécessaire poste pour poste. Et ce, malgré le fait que le PSG soit l’un des meilleurs centres de formation de France.

« Avant d’avoir cet esprit-là au PSG, il va falloir du temps »

« Ils peuvent faire le virage qu’ils veulent. Ils peuvent moins dépenser ou plus dépenser, aucun souci. Mais on est juste très, très loin du compte », assène Daniel Riolo. « Si on prend le onze qui est champion d’Europe. Le gardien ? Non ! On va me dire qu’on aurait pu garder Maignan, ok admettons. L’arrière droit qui est un joueur extraordinaire ? Avant qu’on en forme un comme ça au PSG, je n’en ai pas trace d’un ces derniers temps. L’arrière gauche ? On n’en parle même pas. La charnière ? Le dernier défenseur central de bon niveau qui a joué la Ligue des champions c’est Presnel Kimpembe… »

Le milieu concentre, selon Riolo, l’essentiel du retard dans la formation au PSG. « Au milieu de terrain, je veux bien mais avant qu’on arrive à quelque chose de solide… parce que Joao Neves c’est un tout jeune joueur au cas où on l’aurait oublié… Neves, Vitinha et Ruiz, avant que ce type de joueurs soient formés en France, il va falloir revoir beaucoup de programmes. Tout le monde a bien en tête le contact pied-ballon de ces joueurs-là ainsi que leur intelligence de jeu ? Il va falloir du taf ! Je dis qu’ils peuvent le faire mais que ça demander un petit peu de temps. »

Et même si l’attaque tricolore offre des pistes (Barcola, Dembélé, Doué), Riolo temporise l’euphorie : « Je pense qu’il y a quand même beaucoup, beaucoup, de marge et de réformes dans la façon de modeler nos joueurs et d’en faire des pros avant de réussir à faire ce fameux fantasme de mettre onze gamins façon Barça de Guardiola. (…) Avant d’avoir cet esprit-là au PSG, il va quand même falloir du temps, beaucoup de temps. » Un coup de froid lucide, qui oblige Paris à conjuguer patience, investissement et exigences techniques si le « projet Titis » veut dépasser le slogan.

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