Abel Braga, passé par l’OM sur le banc et ancien joueur du PSG, a présenté ses excuses après une remarque homophobe sur la couleur des maillots de son équipe. L’épisode, survenu au Brésil, relance un débat que le football ne peut plus éluder.
Au cours d’un échange capté par les médias brésiliens, Abel Braga a dérapé en liant des maillots roses à une insulte homophobe (« maillots de pédés« ). Très vite, l’entraîneur a fait machine arrière et exprimé ses regrets. Il reconnaît une « mauvaise remarque » et dit vouloir « détendre l’atmosphère », sans intention d’offenser. Il a présenté des excuses publiques, admettant avoir franchi la ligne rouge. Le nom n’est pas anodin en France : Braga a dirigé l’Olympique de Marseille (2000-2001) et porté le maillot du Paris Saint-Germain dans les années 1970, ce qui donne à l’épisode une résonance particulière de ce côté de l’Atlantique.
Des mots qui pèsent lourd dans un vestiaire
Au-delà du mea culpa, cet écart rappelle la portée sociale des mots prononcés par un coach. Un vestiaire, c’est un espace d’autorité et d’exemplarité ; y importer des clichés homophobes, même « pour détendre l’atmosphère », renforce des biais que le football tente d’éradiquer.
Braga concède lui-même « ne pas avoir fait une bonne remarque ». Cette lucidité tardive ne gomme pas l’impact immédiat : chaque phrase répétée devant un groupe devient un signal, et ce signal-là est aux antipodes des campagnes menées depuis des années, en France comme au Brésil, pour combattre les discriminations.
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La couleur d’un maillot n’est jamais qu’un choix esthétique ou marketing. En faire l’étendard d’une hiérarchie virile, c’est perpétuer l’idée que l’appartenance ou l’orientation supposée déterminerait la valeur d’un joueur. Les excuses d’Abel Braga étaient nécessaires. Le terrain, lui, attend des entraîneurs qu’ils fassent progresser les joueurs, pas les préjugés.
