OM-Newcastle : encore un couac sécuritaire, toujours pas de remise en question

om vélodrome supporters
Le stade Vélodrome (Marseille).

Après OM-Newcastle, le club anglais s’insurge contre le traitement infligé à ses supporters à Marseille. Les autorités françaises, elles, s’auto-justifient encore, signe d’un système français qui refuse la remise en cause.

La soirée européenne au Vélodrome a viré au bras de fer médiatique. D’un côté, Newcastle dénonce des conditions indignes pour ses fans – retenus longuement dans le parcage, bousculés lors de l’évacuation, exposés à des gaz irritants – et réclame des explications complètes à l’UEFA. De l’autre, la Préfecture des Bouches-du-Rhône déroule son argumentaire : dispositif “validé”, flux “sécurisés”, usage “très limité” d’aérosol lacrymogène, aucune blessure grave recensée. Mais il n’empêche : les dirigeants des Magpies se disent révoltés. La presse locale rapporte même des témoignages de fans “traités comme des animaux”, ce qui en dit long sur le ressenti côté anglais.

Un scénario qui se répète, mais toujours pas de remise en question

D’après les éléments communiqués par la Préfecture et relayés par la presse, le maintien d’une heure dans l’enceinte visait à éviter le croisement des publics. Sur le papier, rien à redire. Sauf que sur le terrain, le vécu des supporters de Newcastle est tout autre : encadrement perçu comme punitif, consignes peu lisibles, interventions jugées brutales au moindre mouvement de foule. Le club anglais parle d’un traitement “inacceptable” et alerte sur les dérives d’un schéma devenu trop rigide pour absorber l’imprévu.

Et c’est bien là le cœur du problème : la France recycle des recettes de maintien de l’ordre déjà contestées lors d’événements récents, sans corriger ses angles morts. Même séquence, même communication : incident minimisé, “objectifs” proclamés atteints, aucune faute reconnue, quand l’autre camp aligne vidéos et témoignages pour documenter la gêne et l’angoisse vécues.

L’UEFA sera saisie, certes, mais c’est surtout un audit sincère des pratiques françaises qui s’impose : information des fans, gestion des temps d’attente, formation à la désescalade. Tant que les autorités camperont sur la défense réflexe plutôt que sur l’apprentissage, ces soirs d’Europe continueront de se jouer…