Karen Khachanov
Saison 2015 : 24 victoires, 17 défaites, 18 tournois, 1 titre sur le circuit Challenger
19 victoires, 3 défaites, 6 tournois disputés, 3 titres sur le circuit Future, 152ème mondial en fin de saison
Saison 2016 : 13 victoires, 9 défaites, 10 tournois disputés, 1 titre sur le circuit ATP
26 victoires, 11 défaites, 12 tournois disputés, 1 titre, 1 finale sur le circuit Challenger, 53ème en fin de saison
Terriblement loin. Oui, il y a un an, nous étions terriblement loin de penser que Karen Khachanov se retrouverait, en janvier 2016, 53ème mondial. Car « Khachaboum », c’est un joueur à part. Un joueur qui, à 20 ans, a déjà connu plus de choses que beaucoup de joueurs ne connaîtront jamais.
La lumière à 17 ans, en 2013, avec un quart de finale à Moscou, la chute, en 2014, miné par les blessures, avec des Futures au Kazakhstan ou encore au Togo. La lente remontée en 2015, avec un titre en Challenger. Et puis, en 2016, l’explosion. Il y a un an, nous lui fixions comme objectif minimum de gagner un match sur le grand circuit, ce qu’il n’avait pas réalisé depuis ce fameux tournoi Moscovite. Mais c’est bien un tournoi ATP que le Russe a remporté, à Chengdu, en septembre, en s’offrant, s’il vous plait, quatre joueurs du top 35. Mais on ne peut pas résumer sa saison à cette incroyable victoire.
Régulier en Challenger, avec un titre et une finale, il a étonné presque à chaque fois sur le circuit principal. Comme à l’US Open, où il s’offre pour son premier match en Grand Chelem, une première victoire, avant de chahuter Kei Nishikori au second tour. Ou à Barcelone, sorti des qualifications, il s’offre sa plus belle victoire en carrière, dans un match époustouflant contre Roberto Bautista Agut. Thierry Champion aura notamment cette phrase « Sur ce que je vois aujourd’hui, si vous me demandez de choisir entre Alexander Zverev et Karen Khachanov, je prends le second« , avant d’enchaîner avec une comparaison avec Marat Safin. Car oui, il y a un peu de ça.
Plus offensif que par le passé, avec une qualité de frappe sensationnelle, des deux côtés, et des accélérations foudroyantes, (cette préparation si particulière en coup droit donne l’impression de véritable gifle) le 53ème mondial respire le talent. Contre Bautista Agut, il a su également calmer le jeu lorsque l’Espagnol a cassé le rythme. En fusion, Khachanov est incroyable. Mais lorsqu’il sort de « la zone », il sait, contrairement à bon nombre d’autres joueurs, changer son style de jeu.
Cette saison 2016 s’est inscrite au-delà de toutes nos espérances (Oui, nous vous l’avons déjà dit, nous ne pouvons pas être totalement neutre avec cet homme-là). Désormais, il va être attendu, et le plus dur arrive : la confirmation. Mais passé par toutes les galères possibles, Khachanov (qui n’a encore que 20 ans, on le rappelle encore une fois) sait la chance qu’il a de pouvoir enfin vivre son rêve. Le mental ne faiblira pas. Le tennis non plus. Si le physique tient, le tennis Russe a trouvé sa nouvelle étoile.