Quelles ambitions pour les pilotes français ?

Jean-Eric Vergne

Si Romain Grosjean joue son avenir chez Lotus, Jean-Eric Vergne arrive également à un tournant de sa carrière. S’il excelle, le français pourrait bien frapper à la porte de l’écurie triple championne du monde. S’il ne convainc pas, il pourrait au contraire prendre la porte. Sebastien Buemi et Jaime Alguersuari n’avaient pas été décevants au volant des Toro Rosso en 2010 et 2011 mais leurs performances n’avaient pas été jugées suffisantes pour être confirmés dans leurs baquets. Jaime Alguersuari n’est pas parvenu à obtenir un nouveau contrat en formule 1, tandis que le suisse est aujourd’hui le troisième pilote de Red Bull. De part son statut d’écurie satellite de Red Bull, Toro Rosso est destinée à tester les jeunes pilotes pour la maison mère. Cette situation de fait procure une opportunité exceptionnelle à ses pilotes qui peuvent espérer décrocher un volant aux côtés de Sébastian Vettel, mais place ces derniers dans une précarité plus forte qu’ailleurs. A tout moment, Toro Rosso est susceptible de permuter son tandem de pilotes si le besoin s’en fait ressentir. Malgré tout, après une année difficile sur le plan collectif avec une auto peu compétitive, Jean Eric Vergne et Daniel Ricciardo ont obtenu une seconde chance de démontrer leurs talents.

Le constat est on ne peut plus limpide. Pour sa seconde saison dans l’élite du sport automobile, JEV va devoir dominer son coéquipier australien. Pour ce faire, il va devoir s’améliorer dans l’exercice des qualifications où il a été trop souvent dominé par Ricciardo la saison passée. Plus à l’aise que son coéquipier en course, Jean Eric Vergne l’avait devancé au championnat du monde des pilotes avec 16 points contre 10 à l’australien.

Conscients qu’ils jouent cette saison, l’opportunité de leur carrière, les deux pilotes sont davantage guidés par la volonté de démontrer leur supériorité que par le travail collectif. Espérons pour Jean-Eric Vergne que la Toro Rosso ait gagné en compétitivité cette intersaison. Il n’est pas garanti qu’un duel victorieux avec son coéquipier en fond de grille soit suffisant à lui ouvrir les portes de Red Bull.

A 22 ans, Jean Eric Vergne fait preuve d’une remarquable maturité en piste et en dehors. Moins attendu que son coéquipier qui avait été placé chez HRT dès la mi-saison 2011, Vergne a surpris par son intelligence de course et sa constance y compris sur des tracés qu’il découvrait. S’il trouve les réglages optimum pour devenir plus compétitif dans l’exercice du tour lancé, il dispose de tous les atouts pour réaliser une belle saison et taper dans l’œil de Dietrich Mateschitz.