Plus discret, plus stratégique : le président du Paris Saint-Germain a fait évoluer sa méthode. Moins interventionniste au quotidien, Nasser Al-Khelaïfi concentre désormais son énergie sur les grands dossiers.
Depuis plusieurs mois, le patron du PSG a changé de posture. Celui qui s’affichait autrefois en première ligne sur les décisions sportives laisse désormais davantage d’autonomie au duo Luis Campos – Luis Enrique. L’architecture du pouvoir a glissé vers un fonctionnement plus clair : le terrain aux techniciens, la vision au président. Cette mue, amorcée depuis environ deux ans, s’inscrit dans un contexte post-Ligue des champions et d’ambitions renouvelées, avec un club qui veut se structurer comme une institution européenne majeure plutôt qu’une simple machine à stars.
Moins d’éclats, plus d’influence
Dans les faits, Nasser Al-Khelaïfi a réduit son exposition médiatique, mais certainement pas son influence. Le président pilote les chantiers qui façonnent l’avenir : le futur stade et la stratégie d’infrastructures, la gouvernance et la répartition de l’actionnariat, la croissance de l’écosystème PSG (clubs partenaires, réseau international, passerelles marketing), etc.
Il dirige les réunions clés, représente le club dans les instances, tisse des alliances au-delà du football et s’assure que la ligne sportive reste alignée avec la trajectoire du projet. Ce recentrage explique un quotidien moins visible, mais une empreinte plus nette sur les décisions structurantes.
Une nouvelle façon de faire qui profite au terrain
Ce repositionnement bénéficie aussi au vestiaire. En laissant Campos et Luis Enrique gérer le sportif, le message est clair : responsabilité et cohérence. Le staff gagne en latitude pour trancher, l’effectif comprend mieux la hiérarchie des rôles, et le club se met à l’abri des micro-gestions qui brouillent la performance.
Exit donc les déclarations à chaud d’après-match, mal maîtrisées et dévastatrices, et les décisions sportives prises à chaud, à la place de l’entraîneur et du directeur sportif. Nasser sait désormais se canaliser et mieux préserver l’équipe sur le plan sportif.
À lire aussi
PSG : l'actu du moment
»
Au final, c’est une présidence “au-dessus de la mêlée”, capable de trancher quand il faut, de protéger quand il le faut, et d’imposer un tempo stratégique constant. Signe que Paris apprend de son histoire récente : l’autorité d’Al-Khelaïfi s’exprime désormais moins par la parole que par la stratégie à long terme. Une nouvelle façon de procéder qui porte déjà ses fruits.
