Pour Bernard Lama, Lucas Chevalier paye surtout le contexte explosif autour du poste de gardien au PSG. Entre le départ de Donnarumma et une partie du public dubitative, le jeune portier se retrouve au centre d’un procès jugé profondément injuste par l’ancienne légende parisienne.
Lucas Chevalier vit des débuts compliqués au PSG, dans un climat déjà tendu autour du poste de gardien. Le départ de Gianluigi Donnarumma a surpris une partie des supporters, qui peinent à comprendre le choix du club et scrutent chaque prestation de l’ex-portier du LOSC. Dans ce contexte, chaque but encaissé devient un symbole, et la pression grimpe d’un cran à chaque sortie. C’est précisément ce climat que Bernard Lama pointe du doigt, avant de voler au secours du jeune gardien.
Lama pointe le contexte et charge les critiques
L’ancien gardien emblématique du PSG, Bernard Lama replace d’abord le débat : « Je pense tout d'abord que Lucas Chevalier n'est pas arrivé à Paris dans un bon contexte. Une grande partie des supporters n'ont pas compris pourquoi Donnarumma est parti, pourquoi le club a fait ce changement. » Pour Lama, le problème est donc structurel avant d’être individuel. Le choix fort du club a braqué les regards sur Chevalier, bien plus que sur n’importe quel autre renfort estival.
Et selon lui, cette défiance initiale a rapidement tourné à la chasse à l’erreur : « Automatiquement, cela a mis une pression supplémentaire qui n'était pas nécessaire sur Chevalier. Comment vous, les médias, vous pouvez tomber sur un garçon comme ça, encore très jeune pour ce poste, talentueux... Comment peut-on lui tomber dessus ainsi, presque en attendant qu'il fasse une erreur pour pouvoir la signaler ? » Une sortie musclée qui renvoie chacun à ses responsabilités. À travers Chevalier, Lama défend aussi une idée : laisser du temps à un jeune gardien pour s’installer, sans le juger à chaque ballon touché.
Chevalier avait fait ses preuves avant d'atterrir au PSG
Chevalier affichait de très bonnes performances en Ligue 1 durant la saison 2024-2025 avec le LOSC, avant son arrivée au PSG. Dans les matchs de la Ligue 1, Chevalier avait enchaîné les arrêts décisifs et sécurisé une défense parfois mise sous pression. Le gardien avait grandement pesé dans le collectif lillois dans le championnat de France, et ses performances lui avaient clairement permis d'attirer les projecteurs sur lui - attisant la curiosité des plus grands clubs européens.
Fin 2024, une analyse statistique menée par l'Observatoire du Football avait mis en lumière l'importance du gardien dans le collectif nordiste. Reposant sur une notion de buts attendus, calculés en fonction de la qualité des frappes subies, cette étude avait expliqué que Lucas Chevalier avait empêché près de 35 % des buts théoriquement promis à ses adversaires. Ce ratio avait fait de lui le numéro un de Ligue 1 dans ce domaine et le plaçait au niveau des gardiens les plus efficaces d’Europe.
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Certains gardiens de clubs majeurs se retrouvaient même en zone négative dans cette étude statistique. Gianluigi Donnarumma avec le PSG ou Philipp Köhn avec Monaco avaient laissé - statistiquement - filer davantage de buts qu’un gardien moyen placé dans les mêmes situations, tout comme Manuel Neuer ou Guillaume Restes sur la scène européenne. Dans un football où chaque détail compte, voir Chevalier surperformer autant lui avait permis de devenir l’une des références de sa génération. Mais depuis son arrivée au PSG, rien n'est plus pareil - charge à lui, désormais, de refaire ses preuves à l'entraînement pour espérer renfiler les gants sous les ordres de Luis Enrique. La tâche s'annonce des plus difficiles.
