Le report de Lens-PSG, officialisé jeudi midi par la LFP, dépasse de très loin un simple ajustement de calendrier. Cette décision renvoie une image brutale de la Ligue 1 : celle d’un championnat prêt à s’effacer dès que le PSG l’exige.
Jeudi midi, la LFP a donc entériné le report de Lens-PSG, choc capital de la 29e journée entre le leader parisien et son dauphin artésien, séparés par un seul point. Officiellement, il s’agit d’aider le PSG à préparer son quart de finale européen dans les meilleures conditions. Sur le papier, l’argument peut s’entendre. Dans les faits, il pose un problème immense : quand l’affiche qui peut faire basculer la course au titre est déplacée entre l’avant-dernière et la dernière journée, c’est tout l’équilibre sportif du championnat qui vacille. Et c’est précisément là que le malaise devient profond, sans retour possible.
Une Ligue 1 qui s’efface devant le plus puissant
Le vrai sujet n’est pas seulement le confort du PSG. Le vrai sujet, c’est le message envoyé, bien au-delà du confort du PSG. Lens a exprimé son opposition. Son président savait pourtant que le rapport de force lui échappait. Parce qu’en haut de la pyramide, le club nordiste ne pèse pas autant que Paris. Parce que la décision ne se joue pas uniquement sur le terrain, mais aussi dans les sphères où l’influence compte autant que les principes. Et parce que, une fois encore, la Ligue 1 accepte de se plier aux besoins de son club le plus puissant, au risque de fragiliser sa propre crédibilité.
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Le plus dérangeant reste la logique installée par cette décision. Un championnat sérieux ne peut pas devenir une variable d’ajustement au gré des impératifs européens. Personne ne conteste l’importance de défendre les clubs français sur la scène continentale. Mais protéger un représentant ne devrait jamais signifier affaiblir la compétition domestique. En repoussant Lens-PSG à un moment où les conditions sportives pourraient ne plus être les mêmes, la LFP a choisi la facilité politique plutôt que l’équité. Et dans cette affaire, Al-Khelaïfi n’a même pas besoin de hausser le ton. le système semble déjà programmé pour lui ouvrir la voie.
