La CAN sous-estimée ? Habib Beye dénonce un manque de respect

habib beye stade rennais
Habib Beye (Stade Rennais)

Le technicien du Stade Rennais a fustigé la décision de repousser au 15 décembre la date de mise à disposition des internationaux africains. Pour Habib Beye, cette modification tardive illustre une considération insuffisante pour la Coupe d’Afrique des nations.


La polémique enfle à l’approche de la CAN 2025 au Maroc. Alors que la libération des joueurs était attendue autour du 8 décembre, la fenêtre a été repoussée au 15 décembre, bouleversant les plans des sélections en pleine préparation. Habib Beye s’est publiquement insurgé contre ce changement de dernière minute, estimant qu’il sape le travail des fédérations et sélectionneurs qui avaient déjà verrouillé leur logistique (stages, matchs amicaux, réservations). Pour l’entraîneur rennais, l’argumentaire ne tient pas : la compétition a été calée à l’hiver en raison du Mondial des clubs et tout le monde connaissait les dates depuis longtemps.

« On a l’impression qu’on peut déplacer cette CAN quand on veut »

« Si on se place du côté des sélectionneurs et des fédérations, je trouve ça incorrect », a pesté l’entraîneur rennais. « On a l’impression qu’on peut déplacer cette CAN quand on veut. […] Si on nous avait demandé de libérer nos joueurs le 8 décembre, on l’aurait fait. »

Et d’insister sur la cohérence du calendrier : « La CAN, tout le monde sait qu’elle a été placée là depuis très longtemps. Elle a été bougée là pour la Coupe du monde des clubs et, à partir du moment où elle a été bougée là, tout le monde savait. Et si nous, on nous avait demandé de libérer nos joueurs le 8, on l’aurait fait le 8. Et on fait partie des clubs qui n’ont mis aucune pression sur aucune fédération pour garder nos joueurs. »

Au-delà de l’aspect pratique, Beye pointe un symbole : l’idée que l’on pourrait “déplacer la CAN comme on veut”, alors que ce type d’ajustement ne se voit pas pour d’autres grandes compétitions internationales. Il dit comprendre l’intérêt des clubs – profiter de leurs cadres quelques jours de plus – mais refuse que cela se fasse au détriment de la préparation des équipes nationales.

Pour les sélections, le timing est critique : une semaine en moins, c’est des automatismes à peaufiner, des états de forme à ajuster et parfois des listes à réévaluer. La sortie de Beye traduit un ras-le-bol plus large au sein du foot africain, où l’on rappelle que la CAN n’est ni une parenthèse ni une gêne, mais un sommet continental aux exigences comparables à l’Euro ou à la Copa América.

Partager cet article