Nick Kyrgios
Saison 2014 : 10 victoires, 9 défaites, 7 tournois disputés sur le circuit ATP.
15 victoires, 2 défaites, 5 tournois disputés, 3 titres sur le circuit Challenger, 50ème mondial en fin d’année.
Saison 2015 : 24 victoires, 19 défaites, 19 tournois disputés, 1 finale, 30ème mondial.
Dans cette nouvelle génération extrêmement talentueuse, c’est une litote de dire que Nick Kyrgios ressort particulièrement. Du moins, d’un point de vue médiatique. Showman, imprévisible, sale gosse, capable de balancer un huitième de finale dans le plus grand tournoi du monde, de faire des siestes au changement de côté ou d’insulter Wawrinka en plein match, il est, quoi qu’il en soit, déjà à part.
Mais, parlons tennis. Vingt places gagnées cette saison pour l’Australien, qui n’a joué « que » 18 tournois. Et un talent qui saute aux yeux. Encore deux présences en deuxième semaine pour lui, notamment à Melbourne où il a livré un énorme combat en huitième contre Andreas Seppi, pour se donner le droit de gagner les Quarts de finale contre Murray.
Son jeu explosif le classe à part dans une nouvelle génération qui se calque plus sur un style de contreur, très en vogue dans le tennis actuel. Ses accélérations de coup droit sont probablement les plus dévastatrices du circuit. Ce n’est pas toujours académique, mais c’est ça, le style Kyrgios.
Spécialiste des hot shot, l’Australien est, comme Monfils, un joueur que l’on a envie de voir jouer, car en plus d’un match de tennis, c’est un spectacle que l’on peut observer. Alors, sera-t-il, comme le français, limité par ce relatif manque de sérieux ? Difficile à dire. Il semble avoir au moins autant de talent. S’il canalise un peu son tennis, tout en gardant sa fougue, nous avons sans aucun doute un futur vainqueur de grand Chelem en la présence du nouvel enfant terrible du Tennis mondial.
Le match de sa saison : Deuxième tour à Madrid, victoire contre Roger Federer 6/7 7/6 7/6
Au regard de la saison de Nick Kyrgios, il y a 4 ou 5 matchs qui auraient pu être cités ici. Mais, un a particulièrement marqué notre esprit. Lorsqu’on a la chance de battre Roger Federer pour la première fois, c’est forcément un moment spécial, puisque vous battez le plus grand joueur de l’histoire. Alors quand vous le faites en presque trois heures et tie-break, après avoir sauvé des balles de match dans le tie break final, finalement remporté 14-12, la saveur est encore plus particulière.
Agressif, consistant, réfléchi, il a claqué 21 aces et 45 coup gagnants pour s’offrir Federer, un an après s’être offert Rafael Nadal. Il lui aura fallut six balles de match pour triompher et faire tomber le Suisse, vainqueur la semaine précédente, à Istanbul, de son premier titre sur terre depuis 2012. Un match qui caractérise la force de Kyrgios, cette impression que, dans un bon jour, personne n’est à l’abri de subir la foudre du quart de finaliste de l’Open d’Australie. Et ce, à seulement 20 ans.