Alexander Dolgopolov
Saison 2014 : 27 victoires, 22 défaites, 22 tournois disputés, 1 finale, 23ème mondial en fin de saison.
Saison 2015 : 25 victoires, 26 défaites, 26 tournois disputés, 36ème mondial en fin de saison.
Tout comme Gaël Monfils, Alexandr Dolgopolov a réalisé une saison à l’image de sa carrière. Décevante. Dès le début, le ton était donné avec, à l’Open d’Australie, seulement neuf jeux inscrits au 1er tour contre…Paolo Lorenzi. En Grand Chelem, sa saison se résume à trois défaites au premier tour, et un deuxième tour, à Wimbledon. Un bilan évidemment bien trop faible pour un joueur possédant son tennis.
Alors, bien sûr, il y eu des coups d’éclat. Une demi-finale à Cincinnati, où, en quart de finale, il se permet de faire passer Tomas Berdych pour un joueur lambda, avant de livrer une vraie bataille contre Djokovic. Evidemment, sa victoire contre Nadal au Queens est aussi à noter, avec notamment un très gros 3ème set. Mais son bilan général est très faible. Beaucoup de tournois disputés, et un bilan négatif.
Imprévisible et irrégulier, il semble que, comme Monfils, l’Ukrainien se contente de coups d’éclat, sans jamais trouver la régularité et la consistance pour intégrer le top dix. En 22 Grand Chelem joués en carrière, il n’a passé que deux fois le troisième tour. A 27 ans, il arrive dans la force de l’âge. Espérons que son tennis « Santoresque » lui permette de jouer de sa magie aussi longtemps que Fabulous Fab.
Le match de sa saison : Huitième de finale à Miami, défaite contre Novak Djokovic 6/7 7/5 6/0
Là encore, un match peut presque résumer une carrière entière. On peut compter sur les doigts d’une main les joueurs capables de livrer la prestation de « Dolgo » ce jour là. Du moins pendant deux manches. L’Ukrainien va jouer, durant deux sets, une véritable partie de ping pong. Excepté Federer, aucun joueur n’est capable de jouer autant dans le court contre le numéro 1 mondial.
Agressif, il prend à la gorge le serbe, à coup de retours les deux pieds sur la ligne et de revers époustouflants. Le Serbe, en très grande forme, se frustre face à ce joueur qui n’a peur de rien. Dolgopolov va même jusqu’à mener 3/0, puis 4/2 dans la seconde manche. Et puis, il va se faire débreaker, et, à 5-5, il va reperdre son service. Le serbe va alors facilement terminer le travail, ne lâchant que trois points dans l’ultime manche.
Impressionnant de solidité pendant deux sets, Dolgopolov ne tient pas la cadence infernale proposée par le meilleur joueur du monde. Pourtant, il aura frustré son adversaire, qui explosera notamment une raquette dans le premier set, et qui se sera battu contre lui-même et contre le fantasque Ukrainien.
Ce dernier aura montré toutes les facettes de son tennis : Le génial, avec un talent hors norme, et une des meilleures mains du circuit, mais également des revers « coup de fusil », puis le pire, avec une désintégration mentale et physique. Mais il aura montré une chose : Il n’a peur de rien, ni de personne, et surtout, il ne laisse pas l’adversaire dicter son tennis. Tout le concept de mourir avec ses idées.