Ils vont marquer 2014. Bilan du mois de Juillet.


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Pour la 1ère fois de sa carrière, et surement pas la dernière, Milos Raonic a disputé une demi-finale de Grand Chelem. Sur gazon, le première balle surpuissante du Canadien est dévastatrice. Et quand la deuxième balle est elle aussi impressionnante, alors le géant peut vite devenir injouable. Plus régulier, moins brouillon, Raonic a réalisé une superbe quinzaine londonienne, avec, il est vrai, un tableau relativement facile. Ebden, Sock puis Kubot, avant la 1ère tête de série, Nishikori, qui est tout sauf un joueur de gazon.

Mais sur cette surface, aucun match n’est facile, et le quart de finale contre Kyrgios l’a prouvé. Face à l’épouvantail du tournoi, le natif de Podgorica a su garder son sang froid face à un joueur en fusion, rentrant dans toutes les balles. Après avoir perdu le 1er set, Raonic a su faire parler son expérience pour l’emporter en 4 manches. En demi-finale, la marche était trop haute, et le métronome Federer l’a breaké une fois par set pour s’imposer 6/4 6/4 6/4. Comme d’autres dans ce top 10, il est ensuite parti dans la capitale des USA pour remporter brillamment le tournoi de Washington contre son coéquipier Pospisil en finale. 11ème à la Race, quelque chose nous dit qu’au sortir de l’US Open, le Canadien sera en position de jouer le Masters. Sur béton, il est assurément un des 5 meilleurs joueurs de la planète.

Le mois dernier, nous pointions 2 joueurs du doigt, susceptibles de faire un bon parcours à Wimbledon. Il y’avait Raonic, et Gregor Dimitrov. Pour notre plus grand plaisir, l’un comme l’autre sont allés en demi-finale du tournoi Londonnien. Mais si Raonic ne peut pas vraiment avoir de regrets, c’est tout le contraire pour Dimitrov. Après avoir sorti Dolgopolov au 3ème tour, alors que l’Ukrainien réalisait un début de tournoi sensationnel, il a écrasé Murray en quart de Finale. Et puis…Novak Djokovic.

Disons le tout de suite, le meilleur tennis n’a pas gagné ce jour là. L’expérience, la solidité mentale ont fait triompher un serbe bousculé comme jamais dans la quinzaine. Mais, à partir du 2ème set, le bulgare a marché sur l’eau, poussant un Nole dans ses derniers retranchements. Dans un match qui, finalement, ressemble à celui perdu à l’Open d’Australie contre Rafael Nadal. Des balles de sets perdues bêtement, des doubles fautes dans les moments chauds, des fautes évitables en fin de tie break, et une victoire envolée. Malgré tout, la saison de Dimitrov dépasse les attentes de tous les observateurs du tennis. Quelque soit la surface, Dimitrov est à l’aise, et il est sans doute le seul de la nouvelle génération dans ce cas. Sur dur, il sera un adversaire coriace, et risque de faire encore parler de lui au mois d’Aout. En 1 an, « Dim' » a évolué bien plus que l’on pouvait le penser. De la nouvelle génération, c’est bien lui qui semble, pour le moment, avoir l’étoffe d’un futur numéro 1 mondial.

Les génies ne meurent jamais. Le 8 août, il aura 33 ans. A cet âge là, sur le circuit ATP, quelque soit son passé et son palmares, on prend du plaisir, et de temps en temps, on se rappelle au souvenir des petits jeunes avec une ou deux victoires marquantes. Mais Roger Federer n’est pas comme les autres. Le suisse, que l’on annonce fini une fois par an, ne l’est toujours pas, merci pour lui. Le tennis qu’il a développé à Wimbledon nous ramène 10 ans en arrière, quand le balois survolait les débats. Lorenzi, Muller, Giraldo puis Robredo ont volé en éclat. Robredo, celui qui avait battu Federer en 3 sets à New York l’an dernier, enfonçant pour beaucoup le dernier clou du cercueil du Maestro. Mais en un an, les choses changent, et ce Federer là est oublié.

En quart, dans un des plus beau matchs de la quinzaine, Wawrinka a chuté en 4 sets. Contre Raonic, c’est une démonstration de solidité que Roger a livré avec un break par set. En finale, le Suisse a réussi l’exploit de pousser Djokovic en 5 sets. Un exploit, car le match aurait pu se terminer plus tôt, tant le serbe semblait au dessus. « Aux points », Nole aurait du gagner le 1er set, mais Federer a mieux gérer le tie break. Les 2 sets suivant sont revenus au serbe. Et puis, il y a ce 4ème set, sans aucun doute dans les 10 plus beaux sets de ce début de siècle. Un moment qui dépasse la réalité. Des breaks, un Djokovic qui sert pour le match, un Federer retrouvé au meilleur moment, qui sauve notament une balle de match sur un ace annoncé faux mais challengé. Et puis l’explosion quand le Center court sait qu’il goûtera à un 5ème set, à l’image d’une Kate Winslet sautillant en hurlant pour supporter l’homme aux 17 titres du Grand Chelem. Un break dans le 5ème set suffira à Djokovic pour s’imposer. Mais ce tournoi confirme que Federer est, encore une fois, de retour. Le tryptique Toronto-Cincinatti-US Open pourrait le voir, encore une fois, prouver qu’il est encore au top de sa forme. A 33 ans.