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Cette saison, un seul joueur hors top 10 a eu l’honneur d’être « Monsieur 5 étoiles ». C’était en février, et il avait remporté 2 tournois sur 3 et s’était incliné en finale lors du 3ème. Ce mois-ci, pour la 2ème fois nous retrouvons un « étranger » à 5 étoiles. Et comme en début de saison, il s’agit de Marin Cilic. En Février, c’est lors du seul mois de l’année sans Grand Chelem ou Masters 1000 que le Croate s’était distingué. Ce mois-ci, c’est tout simplement en remportant l’US Open qu’il a pu de nouveau obtenir cette récompense. L’an dernier, à la même époque, Cilic broyait du noir, éloigné du circuit pour dopage, après un contrôle positif à la nicéthamide après ce qui semble être une erreur de sa part. Ayant purgé sa peine (réduite à 4 mois au lieu de 9), Cilic déclare aborder sa 2ème carrière avec un plaisir tout nouveau.
En février, nous évoquions le fait de le revoir éventuellement dans le top 10. Le géant d’1m98 est désormais 8ème mondial, 5ème à la Race est en excellente posture pour rejoindre la Masters Cup. A New York, Cilic a connu 2 tournois. C’est lui-même qui le dit. Le 1er, banal pour un joueur de son niveau, avec des victoires sur Baghdatis, Marchenko et Anderson. Puis lors de ses 4 premiers sets contre Gilles Simon, qu’il n’avait jamais battu. C’est au début de ce 5ème set que son « tournoi de rêve » commence. L’élève de Goran Ivanisevic va gagner ses 10 derniers sets de la quinzaine. Après avoir fait plié Simon, Cilic a dominé coup sur coup Berdych, Federer puis Nishikori en 3 manches. Un exploit colossal, surtout pour un joueur qui n’avait connu qu’une seule demie de Grand Chelem dans le passé. Lors de ces 3 derniers matchs, Cilic a pratiqué un tennis simple et efficace, laissant sans solution le Tchèque, le Suisse puis le Japonais. S’appuyant sur un service fantastique (plus de 80% de points gagnés derrière sa 1ère balle sur la demie et la finale), et sur un jeu de fond de court ultra puissant, rappelant à certains moments la grande époque de Robin Soderling, Cilic a asphyxié ses adversaires. Forcément, les questions concernant la suite sont légion. Est ce une quinzaine de folie ? Verra-t-on Cilic rerentrer dans le rang ? Ou alors, au contraire, est-ce le début d’une immense carrière ponctuée de plusieurs titres en grand chelem ? Évidemment, on ne peut pas répondre à ces questions. Le voir devenir un joueur solide du top 10 semble quand même largement enviseagable. Cette fin de saison nous donnera forcément des indications. Et, pour l’ancien bani du circuit, ce qui est pris n’est plus à prendre. Remporter un Grand Chelem à l’heure du Big Four est un exploit incroyable, mais confirmer derrière semble encore plus compliqué. A Marin Cilic de nous prouver que ce n’était pas simplement « le tournoi de sa vie »