Draft NBA 2016: Un regard sur les Franchises à Choix Multiples

N°4: Boston Celtics

Les Celtics se sont attirés un certain nombre de critiques pour leur gestion du principal évènement de l’été. En cause, une cérémonie sans flamboyance, bornée à des choix de jeunes pousses, loin, bien loin d’un transfert de grande envergure mobilisant multiples éléments.

Qu’il soit permis ici de défendre leur bilan de Draft 2016.

D’après les indiscrétions des journalistes du milieu, la maison verte aurait échoué à amener les talents de Jimmy Butler au Massachussetts et le joindre aux Boston Celtics. Or, l’offre proposée n’était l’émanation d’un pingre, et, en butte aux rumeurs propagées ici et là, les Bulls de Chicago n’apparaissent pas du tout vendeur. Difficile dans ce contexte d’en tenir rigueur aux dirigeants intéressés.

Toutefois, l’ire des observateurs aura été essentiellement provoquée par le refus courtois de Danny Ainge aux avances de Bryan Colangelo. Il faut dire que le fils de l’homme fort des Sixers s’était paré de ses plus beaux atouts en rendant disponibles Nerlens Noel, rim protector si recherché par la formation de Brad Stevens, mais également les choix 24 et 26.

L’offre posée, la contradiction des déçus, qui s’insurgent contre cette dépréciation du défenseur tout terrain, fait valoir son bien-fondé.

Néanmoins, le manque de recul sur l’évènement nous incite peut-être à occulter l’objectif premier du décisionnaire. A l’instar de ses rivaux, Danny Ainge a fait sienne la maxime selon laquelle on ne remporte pas de titre sans superstar. Le groupe valeureux a autant excité le public qu’il a fait oublier le but recherché par le front office. Si l’on admet qu’un bureau soit mu par la quête d’un basketteur de cette stature, alors le comportement des Celtics s’explique aisément. Décliner l’offre de Philadelphie produit du sens dans la mesure où le renfort d’un Nerlens Noel, tout méritant qu’il est par ailleurs, ne se solderait pas par l’arrivée du franchise player attendu par les Verts. Tout limité qu’il ait paru lors de son unique saison universitaire, le choix n°3 Jaylen Brown possède à tout le moins le pedigree d’une vedette de la ligue professionnelle. Qu’on doute d’elle ou non, les têtes pensantes de l’organisation se saisissent bien d’une chance d’accomplir leur objectif.

Pis encore, Nerlens Noel aborde sa dernière année de contrat tandis que la masse salariale de Boston est exemplaire à ce jour. Les pontes de la formation – Thomas, Crowder et cie – sont tous sous-payés au regard de leurs performances. Cette configuration permet à Danny Ainge de se positionner sur le marché des agents libres dès cet été, et, surtout au cours de l’intersaison 2017 dont la promotion en la matière devrait être réjouissante. L’avantage de poids du cap space imposant se couple de surcroît avec un droit de swap à la Draft 2017 que le décisionnaire des Celtics a eu la bonne idée de ne céder à aucun prix. Et pour cause! Les coeurs vaillants de Brad Stevens, candidats naturels aux playoffs, auront l’occasion d’échanger leur position à la cérémonie de juin 2017 avec les moribonds Nets. En d’autres termes, s’annonce d’ores et déjà une autre opportunité probable de sélectionner une star en germes et, ce faisant, de valoriser encore un peu plus son offre auprès des agents libres.

L’agent libre restreint Nerlens Noel recevra certainement des offres maximales pour un intérieur en sortie de contrat rookie, offres que Danny Ainge n’aurait pas été nécessairement enclin ou capable d’égaler dans sa course à la signature d’une ou plusieurs stars sur le marché. Il a donc logiquement pris le parti de garder ses billes pour plus tard plutôt que de sacrifier un pick n°3 qui aurait pu fort ressembler d’ici un an à deux sélections de fin de premier tour.

Outre la controverse du choix 3, les instances dirigeantes faisaient face à une soirée chargée de sept autres sélections. Conforme au plan précédemment exposé, la faveur celte s’est portée sur des internationaux au premier tour, synonyme de contrat garanti, à stasher de manière à suivre leur évolution sans qu’ils ne représentent une charge financière dans les comptes de la franchise. Les profils privilégiés de Guerschon Yabusele et Ante Zizic se distinguent par leur cohérence relative aux lacunes de l’effectif actuel.

image

Enfin, le second tour a été géré de main de maître. Deux choix hauts placés se sont transformés en un futur choix du premier tour des Los Angeles Clippers protégé sur la loterie. Une bonne affaire dans la mesure où les Celtics n’avaient de toute façon pas besoin d’autant de sélections. De plus, deux étudiants-athlètes ayant fait leur preuve pour leurs deux années sur leurs campus respectifs, Ben Bentil et Demetrius Jackson, ont échoué dans l’escarcelle de Boston. S’ils décrochent une place dans la mouture finale de l’équipe 2016-2017, ce sera alors une infusion de talent au prix de contrats peu conséquents et non garantis, partant non encombrants en vue de l’été prochain.

En définitive, la cérémonie de Danny Ainge a certainement manqué de clinquant, au surplus compte-tenu de l’historique du coéquipier de Larry Bird. Cela dit, à la lumière des progressions des européens draftés, de Jaylen Brown, et prioritairement des signatures à venir de gros poissons, le bilan de la Draft 2016 des Boston Celtics, décrié à la quasi-unanimité par les observateurs à ce jour, pourrait jouir d’une réévaluation rétrospective à l’échéance d’ici une à plusieurs dizaines de mois.