Draft NBA 2016: Un regard sur les Franchises à Choix Multiples

N°3: Denver Nuggets

Conformément aux prévisions, les Nuggets ont passé une soirée somme toute assez calme. Il était en effet attendu de Tim Connelly, le GM, qu’il se contente de ramasser les principaux prospects mis de côté par ses prédécesseurs, en premier lieu à la septième position, puis en quinze et, enfin, en dix-neuf.

Denver a ainsi préféré à Jamal Murray à Marquese Chriss tout en s’attachant les services de Juan Hernangomez et Malik Beasley successivement. A travers son modus operandi, la franchise du Colorado faisait d’une pierre deux coups puisqu’elle comblait dans le même temps une brèche de sa formation: le tir de loin sur les postes extérieurs.

Oui mais voilà, bientôt, les interrogations accompagnèrent ces choix à mesure que les commentateurs les remirent en question. En cause, l’embouteillage au poste d’arrière. Il ne serait ainsi pas judicieux d’avoir enregistré les deux arrivées de tireurs d’élite sous-dimensionnés à la seconde position du backcourt, le GM tombant dans l’excès de zèle.

Là encore, la critique est audible. Là encore, la défense prend la parole.

Il faut d’abord se tourner vers les besoins de l’équipe. En premier lieu, sa densité est notable. Remplie de bons joueurs, elle ne compte pas de stars. Plus de risques auraient pu être pris certes mais de Dejounte Murray à Skal Labissière, les candidats ne rassuraient pas toujours, pour des raisons diverses.

Nuggets

Sur le plan des postes ensuite, ajouter un pivot aurait été absurde avec les deux titulaires en puissance Nurkic et Jokic. Plus largement, à la fin de l’exercice 2016, les Nuggets comptaient cinq intérieurs de qualité pour deux positions. Aucun renfort nécessairement immédiat ne pouvait être considéré, raison pour laquelle les stashs de Juan Hernangomez et Petr Cornelie s’inscrivent dans une démarche cohérente. Le débat pourrait alors porter sur l’identité des internationaux choisis relativement à l’architecture sportive de la formation.

Ce préambule énoncé, le reproche d’un encombrement rencontre deux objections de biais opposés.

Premièrement, ce constat part d’une définition rigide des profils. Si l’on considère Will Barton comme un ailier shooteur aux côtés de Wilson Chandler et Danilo Gallinari, l’arrière-garde perd un soldat. Si l’on tente d’aligner le néo-drafté Jamal Murray derrière Emmanuel Mudiay en raison de sa taille, en dépit de ses défauts à la création, c’est une soustraction de plus à opérer qui laisse Malik Beasley seul avec Gary Harris.

Secondement, regretter la densité du poste 2 sans recourir au stash systématique consiste à déplorer l’absence d’aide à la mène ou à l’aile. Or, ici encore, il faut rappeler que les principaux prospects, aspirants stars de la prochaine cuvée, évoluent précisément à ces positions.

En faisant le plein d’arrières adroits de loin, de surcroît capables de progresser du fait de leurs caractères, Tim Connelly laisse à dessein des places pour jeunes vides afin de dégotter cette superstar qui lui manque tant. A l’instar des Suns, les Nuggets présenteront un effectif non dépourvu de talents à plusieurs postes mais qui risque de lutter face à des écuries plus cotés. A l’instar des Suns encore, les Nuggets aligneront sur le parquet une équipe séduisante à même de faire passer la pilule des défaites.

Quel sera son bilan sportif en février? Dans quelle mesure devra-t-elle recourir à un tanking éhonté le cas échéant pour maximiser ces chances à la loterie?

Voilà les questions qui se poseront vraisemblablement étant donné que la franchise du Colorado, comme certaines de ses soeurs à choix multiples lors de la Draft 2016, fonctionne sur un calendrier dont l’été 2017 est cerclé de rouge.