Ancien directeur sportif adjoint et recruteur historique du Paris Saint-Germain, Luis Ferrer raconte des scènes glaçantes : certains joueurs argentins vivaient avec la hantise de retourner au pays. Menaces ciblées, familles concernées, vigilance permanente.
Figure clé du recrutement parisien entre 2009 et 2020, Luis Ferrer a participé à l’arrivée de plusieurs Argentins au PSG. Invité à revenir sur les coulisses de ces années, l’ex-dirigeant a levé le voile sur une réalité rarement dite : la violence qui déborde du foot sud-américain jusque dans la vie des joueurs expatriés. Au-delà des terrains, c’est la sécurité personnelle – et celle des proches – qui entrait en ligne de compte au moment de planifier les voyages au pays.
« Un climat de menaces qui dépasse le football »
« Ce problème de sécurité et ce type de violence, je l’ai vu avec des joueurs du PSG. Et c’était avec des Argentins. Il y a pas eu énormément de joueurs argentins au PSG, mais je préfère rester dans le privé et ne pas citer de noms », confie Ferrer, refusant logiquement d’exposer quiconque.
L’ex-responsable décrit des retours au pays sous haute tension, où les vacances se préparent comme des opérations de sécurité. « Les menaces venaient d’une ville importante en Argentine. Donc il y avait de la peur de rentrer au pays avec ces menaces, qui concernaient aussi la famille. Tu dois partir en vacances dans ton pays, et tu dois faire attention à tout ! On se rend pas compte ici en Europe, la sécurité énorme que l’on a », insiste-t-il.
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Des mots qui résonnent avec les épisodes de violences autour de certains clubs et rappellent que la carrière européenne n’immunise pas contre les pressions extérieures. Ce témoignage pose aussi une question sportive et humaine : comment un club d’élite accompagne-t-il ses joueurs quand l’environnement extérieur devient hostile ? Une problématique loin d’être facile à régler facilement.
