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Pourquoi Jenson Button va t-il remporter le Grand Prix de Belgique ?

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Plus beau tracé du sport automobile, le circuit de Spa Francorchamps couronne les braves. L’édition 2012 ne dérogera pas à la règle. Après un vendredi dantesque où peu nombreux furent les pilotes qui osèrent sortir des stands, on a assisté à une séance de qualification qui a vu Jenson Button signer sa première pole position au volant d’une McLaren.

Le pilote britannique est connu pour son style de pilotage tout en souplesse qui lui permet d’économiser ses gommes en course. Cette façon de conduire est devenue son principal atout avec l’apparition des nouvelles gommes dont la dégradation est excessivement rapide. Toutefois, l’avantage dont dispose le britannique le dimanche s’avère être un boulet particulièrement lourd quand il s’agit de se confronter à l’exercice du chrono sur un tour des phases de qualification.

Jenson Button n’a jamais excellé le samedi.

La pôle position qu’il vient de signer sur le prestigieux tracé de Spa Francorchamps n’est que la 8ème de sa carrière. La première depuis le 24 mai 2009 et le Grand Prix de Monaco. Depuis il a arraché la bagatelle de 7 victoires en Grand Prix sans jamais s’élancer de la première place. Le champion du monde 2009 est nettement plus à l’aise dans l’exercice dominical, de telle sorte qu’il compte plus de victoires que de pôles positions, presque deux victoires pour une pôle.

Jenson Button a disputé 207 Grand Prix de Formule 1. Il a remporté 13 victoires et signé sa huitième pôle cet après-midi. Le pilote britannique présente un bilan comptable assez famélique en valeur absolue, pour un champion du monde. Il est encore moins glorieux quand on rapporte son nombre de pôle position au nombre de Grand Prix disputés.

Avec un taux de pole position de 3,38% avant le Grand Prix de Belgique, Jenson Button, est le moins performant des champions du monde présents cette saison. Il évolue à des années lumières des plus efficaces dans l’exercice. Jim Clark qui domine ce classement réalisait la pole position presque une fois sur deux (45,83%, 33/72). Plus significatif, son coéquipier lui est nettement supérieur. Lewis Hamilton présente un taux de conversion de 21,34% avec un intéressant 19/89.

Son taux de réussite en terme de victoire finale est plus conforme à son statut avec un score de 6,28% pourtant tiré à la baisse par ses années passées au volant d’une Bar Honda. Au volant d’une voiture compétitive le britannique remporte 16,4% des Grands Prix qu’il dispute.

Depuis qu’il a quitté l’écurie Honda, Jenson Button a remporté 12 Grands Prix (6 avec la Brawn GP en 2009, année où il remporta le titre de champion du monde et 6 avec la McLaren Mercèdes). Sur la même période il n’a réalisé que 4 pôles positions, sans compter celle obtenue hier. A chaque fois il est allé chercher la victoire.

Un as de la remontée.

Etre plus performant en course qu’en phase de qualification n’est pas nécessairement un mauvais, mais cela contraint Jenson Button à se battre dans le trafic et a réaliser d’épiques remontées. Pour un pilote que l’on considère comme trop respectueux de ses adversaires au moment de les dépasser en piste, Jenson Button dépose un grand nombre de concurrents.

L’analyse des seuls résultats obtenus cette saison (pour le moment très décevante pour le britannique à la peine avec les réglages d’une monoplace conçue pour Hamilton) confirme cette dynamique. Sauf problèmes mécaniques ou avaries sur sa monoplace, Button grappille des places sur la piste le dimanche.

En Australie, Jenson Button s’élance de la seconde position aux côtés de son coéquipier Lewis Hamilton. Il remporte la course.

En Malaise, la HRT de Kartkikeyan en errance sur une piste détrempée aura raison des espoirs de victoires d’un Button parti une nouvelle fois de la seconde place.

Parti en sixième position en Chine, il arrache la seconde place, derrière un Rosberg intouchable.

Il sera contraint à l’abandon à Bahrein.

Il gagne deux places en course en Espagne après être parti de la 11ème position, il obtient les deux points de la neuvième place.

Il est victime d’une crevaison à Monaco, avant de souffrir de multiples ennuis deux semaines plus tard au Canada.

Il remonte une place à Valence lors du GP d’Europe. Il réalise une course plus que solide à domicile, mais en s’élançant de la 18ème place, le britannique ne parvient qu’à obtenir la 10ème position après avoir remonté 8 places.

Lors du Grand Prix d’Allemagne, Jenson Button se distingue une nouvelle fois en remontant 5 places. Il échoue à quelques encablures de Fernando Alonso.

Fait notable en Hongrie, alors que son coéquipier signe la pole et remporte le GP, Button concède deux places par rapport à sa position sur la grille. Il termine la course sixième.

En s’élançant de la première position, Jenson Button a donc mis toutes les chances de son côté pour aller chercher la victoire. Après avoir rencontré de nombreux problèmes de réglages avec sa monoplace lors des séances d’essais libres, le pilote McLaren a outrageusement dominé la séance de qualification avec 3 dixièmes d’avance sur Kobayashi qui s’élancera à ses côtés sur la première ligne. C’est d’ailleurs dans l’identité de ses poursuivants directs que Button trouve ses principaux arguments pour la victoire. Alonso s’élancera depuis la cinquième place, Hamilton de la sixième, Vettel de la dixième. Il pourra compter sur le japonais pour contenir Kimi Raikkönen qui sera sans aucun doute son principal adversaire, le pilote finlandais ayant remporté 4 des 5 dernières éditions de ce GP auxquelles il a participé. Tandis qu’Alonso et Hamilton devront batailler avec Pérez et Maldonado. Mieux vaudra être devant pour aborder un premier virage qui s’annonce plus chaud que jamais.

Jenson Button a d’autant plus le champ libre, que la qualification décevante de Lewis Hamilton écarte toute perspective de consignes d’écuries auxquelles McLaren n’a pas coutume de recourir et qui sont rejetées par les deux pilotes de la marque.

« Je veux battre mes adversaires sur la piste, pas parce que quelqu’un m’a laissé passé. Ce n’est pas ma philosophie, comment je vois la course automobile et je ne demanderais jamais à mon écurie d’adopter de telles consignes. » Lewis Hamilton

« Le championnat serait pour le moins ennuyeux si 12 pilotes se battaient pour la victoire et les 12 autres les aidaient. Je me battrai pour le championnat aussi longtemps que j’aurai une chance mathématique de le décrocher. » Jenson Button

Une victoire de Button serait au final, un très bon résultat pour…Fernando Alonso qui verrait un des concurrents les plus distancés au classement du championnat du monde priver ses principaux rivaux des gros points de la victoire. Ils n’auront plus que huit occasions, et Alonso un matelas toujours plus confortable.

Bonus :

Réaction de Jenson Button après sa pôle : « Cela fait tellement longtemps depuis ma dernière pole position que j’ai l’impression d’avoir gagné une course ! En fait, c’est ma première pole depuis Monaco en 2009, une course que j’ai gagnée, et cela démontre que je sais très bien me qualifier. Je tiens à féliciter toute l’équipe : c’est mon 50e Grand Prix pour McLaren ce week-end, alors c’est le moment parfait pour décrocher la pole position pour tous les gens (à l’usine de) Woking, à Brixworth (l’usine du motoriste Mercedes) et bien sûr ici à Spa. Je suis surpris de constater que le nouvel aileron arrière fonctionne si bien. Les ingénieurs ont également fait un excellent boulot sur l’équilibre de la voiture. Et c’est d’autant plus encourageant que la constance a été bonne pendant chacune des trois périodes de la qualification. Toutefois, personne n’a encore complété de longs relais alors il faut attendre et voir comment les choses vont se dérouler demain. Est-ce que je peux encore remporter le titre des pilotes ? Oui. Il faut y aller une journée à la fois, mais j’espère marquer de bons points demain. »

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