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Les Cavaliers sans réponse face au Jazz (100-102)

C’est une deuxième défaite consécutive pour les Cavaliers. Après la petite correction à Portland, c’est le Jazz qui surprend les hommes de David Blatt en l’emportant au buzzer, 100 à 102. Ce n’est pas démérité pour le jeune groupe de Quin Snyder qui a joué le coup à fond, tout au long de la partie.

Menés par un Gordon Hayward auteur d’un très bon début de saison, et récemment prolongé sur plusieurs années pour $63 millions, le Jazz a renversé le peu de défense que les Cavaliers ont essayé de mettre en place. Leur jeu équilibré et puissant à l’intérieur a été déstabilisant tout au long du match. Derrick Favors, Enes Kanter et Trevor Booker ont été impériaux.

Dès le premier quart temps, les adversaires du soir creusent l’écart grâce à un apport du banc solide, mais aussi une défense fébrile et peu intéressée des Cavaliers. Les choses ne changeront pas de la soirée, si ce n’est pour les exploits individuels de certains Cavaliers.

1- Commençons par l’évident, le collectif. Six passes décisives sur 30 tirs marqués, c’est problématique. Cela ne s’était produit qu’à deux reprises dans l’histoire de la franchise. En 1970, pour ses débuts en NBA, puis en 2011, la saison durant laquelle l’équipe a enchaîné 26 défaites consécutives.

2- Les six passes viennent de LeBron James (4), Dion Waiters (1) et Kevin Love (1). Le jeu offensif a été pauvre tout au long de la rencontre, et on peut considérer le fait de marquer 100 points de cette manière comme un exploit. Pas de quoi s’en vanter, ceci dit. Isolation après isolation, après pick and roll entre deux joueurs… Le manque de mouvement et d’altruisme a coûté aux Cavaliers.

3- Kyrie Irving a fini la partie sans enregistrer la moindre passe décisive. La dernière, et seule autre, performance de ce genre remonte au 17 novembre 2012 en ce qui le concerne. Il ajoute à cela 34 points (12-23 au tir, 8-10 aux lancers) et deux interceptions. Il a été le meilleur scoreur de l’équipe, mais aussi celui qui a pris le plus de tirs. La saison passée, cela n’aurait posé aucun problème.

4- Néanmoins, cette année, Irving joue aux côtés de James et Love, avec qui il devra apprendre à cohabiter. Après la rencontre face aux Blazers, Blatt aurait désigné une hiérarchie en attaque spécifique. Selon une source provenant du Akron Beacon Journal, le coach a mis en place un ordre priorisant James et Love offensivement, et Irving dans le rôle du meneur traditionnel. Face au Jazz, nous n’avons rien vu de cela.

5- L’équipe s’est faite malmener durant la majeure partie de la rencontre et éprouvait des difficultés à trouver des solutions offensivement. Le rôle désigné pour Irving n’allait pas suffire dans une telle situation. Sans ses exploits, les Cavaliers affichaient simplement un pourcentage de 36.7 au tir. Sans lui et LeBron, on descend à 32.2%. Est-il raisonnable de dire que Kyrie Irving a pris la bonne décision en gardant son équipe dans le match ? Certaines mauvaises langues seraient capables de dire non. Sans lui, les Cavaliers s’écrasent à Utah et se prennent 20 points de différence dans la face.

6- Le problème en lui-même n’est pas le résultat de ce soir, mais la manière dont l’équipe se comporte et le jeu qu’elle propose. La répartition des shoots est encore bien trop déséquilibrée, le mouvement des joueurs, ainsi que du ballon, n’est pas fluide, ni intentionnel. David Blatt a encore beaucoup de boulot afin de faire respecter son approche du jeu.

7- Pour illustrer cette approche du jeu déséquilibrée, prenons Mike Miller. Il n’a tenté qu’un seul tir durant la rencontre d’hier. Sur l’ensemble de la saison, il n’en a tenté que trois. Il n’est pas impliqué dans le système actuel, tout comme Shawn Marion qui semble bouger sans réel but sur le terrain. LeBron a déjà fait remarquer qu’il souhaitait avoir Miller à ses côtés plus souvent, pour faciliter son adaptation sur le terrain. Les prochains matchs nous dirons s’il s’est fait entendre.

8- La rotation actuelle comporte huit joueurs, en ajoutant Tristan Thompson. Coach Blatt souhaitait débuter la rencontre avec une défense plus solide en titularisant Marion au poste 2, plaçant Dion Waiters sur le banc. Sa tactique n’a pas eu l’effet escompté, puisque le Jazz a terminé la rencontre à 50.6% au tir. L’inconvénient de cette initiative, c’est que Marion n’écarte pas le terrain comme Waiters ou Miller le font.

9- Kevin Love n’a pas eu de réel impact sur la rencontre. Il a terminé avec 14 points (2-10 au tir, 9-11 aux lancers) et 8 rebonds. Dans une attaque qui favorise le porteur de balle, il n’aura jamais l’opportunité de laisser sa trace sur un match. Les isolations se sont enchaînées au fil du match, Love s’est écarté, puis effacé. En défense, il a été correct, même si Derrick Favors a souvent réussi à se jouer de lui en un contre un.

10- LeBron James, en ce début de saison, ressemble à un joueur diminué physiquement, démuni de tout repère, ayant perdu toute volonté de s’impliquer. Sa défense a été affligeante jusqu’à présent. Ses pourcentage au tir, en particulier dans la raquette, son en nette baisse, et sa capacité à créer du jeu ne fait pas effet. Après seulement trois matchs, cela peut paraître normal, mais pas acceptable. Il faudra du temps pour que certains automatismes se mettent en place avec ses nouveaux coéquipiers.

11- Ses commentaires concernant la défense de Tristan sur le tir de Hayward ont semblé très sévère. De base, c’est James lui-même qui met en danger l’équipe en tentant un flop ou un trébuchant simplement après l’écran de Favors. Thompson fait de son mieux pour contester le shoot, et y parvient correctement. Malheureusement pour les Cavs, c’était simplement une meilleure action offensive que défensive. James devra revoir les bases du rôle de leader, puisque ses critiques incessantes envers les autres joueurs pourraient commencer à peser. Surtout en cas de nouvelle défaite.

Le prochain match se jouera contre Denver, qui s’est pris 130 points par Sacramento, privé de DeMarcus Cousins peu après le début de la seconde mi-temps. Rien n’est joué d’avance, mais une bonne performance offensive pourrait relancer le groupe.

Pour le moment, il n’y a aucune raison de paniquer (logique). David Blatt ajuste encore les rotations de son équipe, il n’y a encore aucune forme de stabilité au sein du groupe. Les automatismes viendront avec le temps. On pouvait s’attendre à une attaque ravageuse dès le début de saison, mais il faut savoir être réaliste. Ces choses là prennent du temps. Les joueurs sont toujours complémentaires, ils ne se sont pas transformés en Kobe Bryant en une nuit.

Boxscore

Cavs Jazz Boxscore

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