Débats Sports

Gros plan sur la défense des Cavaliers

Dimanche dernier, les Cavaliers se sont inclinés 80-124 contre les Kings au terme d’une prestation déplorable de la part de l’ensemble de l’équipe. Au cours de ce match, Kyrie Irving a été inexistant, tout comme l’effort défensif de l’équipe. L’analyse qui suit ne s’applique pas seulement au match contre Sacramento, mais également aux prestations globales à l’extérieur.

Pourquoi à l’extérieur ? Car à domicile, les Cavaliers se comportent comme chaque équipe disciplinée et motivée devrait le faire. Avec un defensive rating (points pris par 100 possession) de 98.2 lors des matchs à la Quicken Loans Arena, les Cavs possèdent l’un des plus gros differenciel de la ligue sur cet aspect là du jeu on the road (defensive rating de 108.5). Logiquement, leur bilan lors des matchs à l’extérieur n’est pas glorieux : 3 victoires pour 16 défaites.

La défense de Mike Brown a coulé contre les Kings, en encaissant 124 points en 48 minutes. Commençons par analyser des actions basiques, sur pick and roll.

Kings screen and shot

Ici, on voit Isaiah Thomas des Kings profiter d’un écran de son pivot, DeMarcus Cousins pour se libérer. Kyrie Irving ne peut revenir à temps pour empêcher Thomas d’attaquer, Anderson Varejao doit s’interposer. Seulement, une fois l’attaque ralentie, le pivot brésilien doit retourner sur son joueur afin d’empêcher la passe. Irving, qui ne s’est pas battu pour se défaire de l’écran, arrive en retard. Résultat : le meneur des Kings se trouve grand ouvert.

Kings screen and shot 2

C’est un système couramment qualifié de « two man game » entre un meneur et son intérieur. Si la défense s’engage trop pour empêcher le shoot de Thomas, celui-ci peut facilement servir Cousins pour un layup ou deux lancers en cas de faute.

Les Kings ont très souvent utilisé ce système pendant ce match. Et pourquoi arrêter ? La défense des Cavaliers n’a jamais réagi, ils trouveront forcément un tir ouvert.

Kings screen and shot 3

On voit sur cette séquence que Rudy Gay pose un écran sur Kyrie Irving pour libérer Isaiah Thomas. Luol Deng se positionne correctement mais n’arrêtera pas le dribble de l’adversaire. Irving, pendant ce temps, ne se bat toujours pas pour se libérer de l’écran. Résultat : Thomas se retrouve dans la raquette. Il ira aux lancers francs par la suite.

Kings screen and shot 4

Le but sur un pick and roll est de choisir de bloquer le layup. Forcer l’adversaire à tirer de loin est toujours préférable au layup. Sur cette action, Gay choisi d’aller au panier après son écran. Il aurait pu rester en retrait et être ouvert à mi-distance. Au final, les Cavaliers concèdent tout de même deux points. On remarque aussi que dans le fond de l’image,  Thornton sort d’un écran de Cousins et aurait également pu être servi par Thomas.

Quelques séquences plus tard, les Kings choisissent de frapper à l’intérieur. Thomas, derrière la ligne des trois points, attend que Jason Thompson soit libéré sur un écran de Rudy Gay pour le servir au poste. Seulement, C.J. Miles tente d’anticiper la passe pour Gay, qui pourrait être ouvert (ou se perd simplement).

Kings set play

Kings set play 2

Marcus Thornton, qui a bien lu la situation, va se placer dans le coin, à trois point. Son meneur le voit, le sert, et il frappe à longue distance.  Ce tir sera suivi par deux points chacuns pour Isaiah Thomas et DeMarcus Cousins et le début d’une série qui forcera un temps mort de Mike Brown.

Outre ces quelques erreurs défensives, les Cavaliers ont su tenir tête au jeu varié des Kings, bien aidés par les nombreuses armes offensives. On passe directement au second quart temps, et c’est là que les choses se compliquent pour les Cavs.

Le score est de 35-36, les Cavs sont dans un bon rythme. Pourtant, les Kings vont leur marcher dessus pendant le reste du match. Le score sur ces 33 prochaines minutes : 88-45 en faveur des hommes de Mike Malone.

A la suite d’un shoot rapide de Jarrett Jack, Jimmer Fredette s’empresse de remonter le terrain et de se trouver un bon shoot. Il vient de rentrer dans le match et a besoin de se mettre en confiance. Il bénéficie d’un écran de Jason Thompson mais devrait logiquement rencontrer le défenseur adverse, en l’occurrence Tyler Zeller.

Kings screen and shot 5

Seulement le pivot de Cleveland n’a pas suivi le mouvement sur la contre attaque des Kings. Il se retrouve bien trop enfoncé dans la défense et en retard pour contester le shoot. Il n’est pas resté sur son joueur et n’a donc pas vu que les Kings jouaient rapidement le coup. Si Zeller était resté sur Thompson, il aurait sûrement pu mieux contester le shoot de Fredette.

Kings screen and shot 6

Après ce tir, Fredette en marquera deux autres, à trois points dont un avec la faute. Il finira le match avec 13 points à 5-9 au tir. La mi-temps se finira sur le score de 40 à 59 pour les Kings. Le match est déjà bien maîtrisé par Sacramento. La deuxième mi-temps contiendra beaucoup de systèmes du même genre et la même (non-)réaction des Cavaliers.

A l’issue de la rencontre, les Kings affichaient un pourcentage au tir de 51.9%. Sept de leur neuf joueurs ayant joué plus de 17 minutes ont fini à 8 points ou plus. Deux ont fini à plus de 20 points. Ils étaient également l’une des pires défense de la ligue, avec un defensive rating de 106.0.

Sur l’ensemble du match, les Cavs ne sont jamais restés concentrés plus de deux minutes. Leur organisation défensive fût déplorable et Mike Brown s’en est dit très surpris :

Je ne pensais pas revoir ça à nouveau. Mais connaissant mon équipe, ça pourrait arriver à nouveau. On espère que la leçon ait été retenue.

La seule chose qui importe est de savoir si nous avons réagi lorsque nous perdions. Nous sommes-nous battu ? Non. C’est décevant. Espérons que cela n’arrive plus. Mais on ne peut être sûr de rien avec cette équipe.

Brown s’est plusieurs fois plaint pendant la saison que ses joueurs arrêtaient de se donner lorsque leurs tirs ne rentraient pas. Une sorte de démotivation les envahissait et ils ne faisaient plus d’effort défensivement. C’est probablement ce qui s’est passé contre les Kings. C’est aussi probablement ce qui s’est passé contre les Spurs, plus tôt dans la saison.

Si l’équipe arrête de se battre après quelques tirs ratés, elle n’ira pas bien loin. Les Cavaliers doivent mûrir et apprendre à être constants dans leur effort. Cela passe par les leaders apparents de l’équipe, Kyrie, Tristan ou Dion mais aussi par les petites actions comme C.J. Miles qui laisse son joueur ouvert. Chaque détail compte et il faut prêter attention à chaque détail.

Pour finir, voici un commentaire de Luol Deng et ses impressions après son deuxième match en tant que Cavalier :

Il y aura des jours où rien ne va. En particulier lorsque l’on est dans cette ligue depuis un certain temps… J’ai demandé à chacun d’entre eux d’assurer les arrières de leurs coéquipiers. Si on dit quelque chose à un joueur sur le terrain, ça ne peut pas devenir une affaire personnelle. Nous sommes dans la même équipe, nous allons nous battre ensemble.

(photo : USA Today Sports)