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Jason Terry à Houston : Syndrome de Stockholm en vue ?

Si vous êtes fans d’une équipe NBA, vous connaissez forcément ce genre de joueur, ce Role Player habituel qui, dès qu’il se retrouve opposé à votre équipe, semble se transformer immédiatement en un Michael Jordan bis. Le tout avant de retomber dans une médiocrité relative dès le match suivant. Houston connait son lot de « Rockets Killer », les fans ont maintenant appris à serrer les fesses et dire leurs prières dès qu’un Mareese Speights, Steve Blake ou James Anderson leurs sont opposés. Mais aucun joueur n’a jamais enragé les supporters Texans plus que le « Jet » Jason Terry.

Comme beaucoup de fanbase, celle des Rockets a la rancune facile, agression sur un joueur de Houston (Manu Ginobili, Donté Green, Kevin Love), tentative d’empoisonnement avant un match (Manu Ginobili), comportement généralement détestable (Mo Williams, Manu Ginobili) ou le simple fait d’avoir jouer pour le Jazz de Jerry Sloan (Andrei Kirilenko, Manu Gino… Ah nan pas cette fois. Mais sachez quand même qu’on aime pas Manu Ginobili) sont autant de raisons de se faire huer au Toyota Center. Et pourtant aucun des joueurs cités n’est autant détesté dans les travées de l’arène Texane que Jason Terry qui a pour seul défaut… D’avoir trop bien joué au basket à chaque fois qu’il affrontait l’équipe locale.

C’est principalement à Dallas que le « Jet » a obtenu sa réputation de « Rockets Killer », si en 35 matchs avec les Mavs il n’a pas spécialement scoré plus que de normal (17pts par matchs), c’est l’efficacité avec laquelle il « tuait » les Rockets qui est restée dans les annales : Plus de 51% aux shoots dont 45% à 3-pts (contre 45 et 38% en carrière), le tout en prenant quasi-systématiquement feu dans le dernier quart. « Contre Houston le dernier quart-temps est son quart-temps, c’est sa réputation et il en est fier » déclarait Dirk Nowitzki après un victoire en prolongation lors de la saison 2011-2012.

Pourtant Jason a toujours affirmé ne rien avoir contre les Rockets, à la question de savoir si il avait un surplus de motivation avant d’affronter les Rockets, il répondait

« La seule motivation supplémentaire vient du fait que [Houston] est ma toute première série de playoffs, on était revenu de nul part après avoir démarré à 0-2, j’ai très bien joué notamment dans le Game 4 et je ne l’oublierais jamais, c’était ma première expérience en playoffs et on a gagné en 7 matchs ».

Il est gentil le Jason, mais il n’a pas bien joué que dans le Game 4 cette année-là, lors de cette série, il scora en moyenne 18,3pts à 52% aux shoots et… 61% à trois points. Le « Rockets Killer » était alors né.

En signant à Houston, Terry était bien évidemment au courant de sa réputation dans les travées du Toyota Center, il en a alors profité pour exposer une autre théorie sur sa réussite face aux Rockets.

« Ça a toujours été spécial de jouer à Houston, je ne sais pas si c’est les fans, les sièges rouges ou l’histoire de la franchise -probablement un peu de tout- mais c’est un endroit spécial » « Il y a peut-être 6 ou 7 arènes dans la ligue ou, quand on rentre sur le terrain, on se dit qu’on veut faire un gros match, à chaque fois que j’affrontais Houston je voulais faire un gros match. Maintenant que j’ai rejoint les Rockets, j’espère pouvoir apporter aux fans la même énergie qu’ils ont affrontés pendant des années. »

 

De « Rockets Killer » à « Rockets Savior » ?

Il y a quelques jours, Jason Terry est donc devenu un Rockets, il a fait le trajet en compagnie de deux futurs second tours de drafts contre Scotty Hopson, Alonzo Gee et une Trade Exception. La question est donc bien sur de savoir ce qu’il peut apporter à ses anciens souffres douleurs, surtout après deux saisons ayant alternés entre le moyen et le mauvais. Lui affirme être de retour à 100% :

« La saison passée, je sortais d’une opération, je n’ai jamais été à 100%. Cette intersaison j’ai travaillé très dur chaque jour pour renforcer mon genou et le soigner totalement. Lors de mes entrainements j’ai pu jouer dur et je peux à nouveau tout faire, c’est quelque chose qui m’a limité la saison passée »

Si certains joueurs ont réussis à se trouver une seconde jeunesse la trentaine bien entamée, ce n’est pas s’avancer beaucoup que d’affirmer que les meilleurs saisons du Jet sont derrières lui. Un retour au Texas, terre des ses meilleurs années, fera-t-il du bien au deuxième meilleur scoreur à trois point encore en activité ? Il pourrait aider dans un rôle de sniper en sortie de banc mais il semble quand même peu probable que Terry ne soit plus qu’un Role Player dans l’effectif Texans.

C’est au niveau des vestiaires qu’il pourrait trouver son vrai rôle, même si l’effectif n’est plus aussi jeune que la saison passée, à 37 ans Terry sera bien le joueur le plus âgé du vestiaire qui ne compte que deux autres trentenaires (Garcia, 32 ans et Dorsey, 30 ans), l’équipe étant souvent apparue indisciplinée la saison passée il ne fait peu de doute qu’un vétéran de la trempe de l’ex-Net peut aider.

« Je vois ma situation similaire à celle de Jason Kidd lorsqu’il est arrivé à Dallas. Ce qu’il a fait pour moi sur et en dehors du terrain, m’apprendre à jouer proprement, à prendre soin de mon corps et a travailler dur […] ce sont des choses que j’ai appris et que je peux transmettre. Je serais là pour apporter ce genre de leadership »

On devra attendre le début de la saison pour se faire un avis définitif sur l’apport de Terry à Houston, en attendant on se rassurera en se disant que même si il est un « bust » complet, les deux futurs tours de drafts qui arrivent avec lui rendent de toute façon le trade intéressant.

Pronostic : Bout de rotation, une petite quinzaine de minutes par matchs pour 6pts de moyenne, essentiellement à 3 avec quelques « gros » matchs.

 

Citations empruntés au Houston Chronicle et à Clutchfans