Débats Sports

Cela se passera à Austin.

 La saison de Formule 1 touche à sa fin. A deux Grand Prix du terme de la saison 2012, les titres pilotes et constructeurs ne sont pas encore attribués. Le second est en revanche promis à Red Bull Racing, qui pourrait bien empocher dès dimanche son troisième titre de champion du monde des constructeurs consécutifs. Suivi par leur pilote, Sebastian Vettel ?

La lutte pour le titre de champion du monde des pilotes.

Après être parvenu à remonter 21 positions lors du Grand Prix d’Abu Dhabi où il s’est élancé depuis les stands, Sebastian Vettel dispose de 10 points d’avance sur son seul rival, Fernando Alonso. Le jeune pilote allemand peut devenir le troisième pilote à remporter trois championnats du monde consécutifs après (Fangio et Schumacher) dès ce dimanche. Les données sont simples, Sebastian Vettel sera champion du monde si :

  • Il remporte la course et Alonso ne termine pas mieux que cinquième
  • Il termine second et Alonso ne termine pas mieux que neuvième
  • Il termine troisième et Alonso ne peut terminer dans les points

Tous les autres cas de figure repousseraient au GP d’Interlagos l’attribution du titre de champion du monde 2013. Eu égard aux dynamiques sportives, à la régulière, Sebastian Vettel devrait creuser un peu plus son avance sur l’espagnol mais il ne remportera pas le titre de champion du monde à Austin. En revanche il pourrait bien être titré avec son écurie Red Bull Racing.

La lutte pour le titre de champion du monde des constructeurs

En effet, au championnat du monde des constructeurs, Red Bull Racing dispose d’une confortable avance sur la Scuderia Ferrari. Avec 82 points de plus que la Scuderia Ferrari, il faudrait que les Red Bull concèdent 40 points à leurs adversaires pour reporter leur sacre au Grand Prix suivant. Sauf cataclysme, Red Bull Racing sera sacrée pour la troisième fois consécutive championne du monde des constructeurs à l’issue du Grand Prix d’Austin.

L’attribution du titre des deux titres de champion du monde sera le fil conducteur et l’enjeu majeur du Grand Prix d’Austin, mais les 56 tours du tracé texan seront aussi le lieu de luttes moins médiatiques mais non moins déterminantes.

La lutte pour une victoire de prestige. 

Naturellement les deux candidats au titre de champion du monde des pilotes vont viser la victoire au Texas. Sebastian Vettel qui a remporté 4 des 5 dernières courses s’est fait une habitude ces dernières années d’inscrire son nom au palmarès des nouvelles épreuves (Abu Dhabi, Inde). S’il ne souhaite pas abandonner prématurément ses espoirs de sacre, Fernando Alonso devra également viser les 25 points réservés au vainqueur.

Ils ne seront pas les seuls à se battre pour cette victoire de prestige. Les pilotes McLaren auront à cœur de s’imposer aux Etats-Unis. Jenson Button qui sera le leader de l’écurie l’année prochaine n’a plus remporté de course depuis le GP de Belgique. Lewis Hamilton quittera l’écurie de Woking au terme du GP d’Interlagos. Il lui reste plus que deux opportunités pour gonfler son palmarès avant de rejoindre une écurie Mercedes actuellement en grande difficulté. Les McLaren auront aussi en tête le championnat du monde des constructeurs où ils sont troisièmes à 22 points de la Scuderia Ferrari. Beaucoup et peu à la fois si on considère que les britanniques pourront prendre davantage de risques que les protagonistes du championnat du monde des pilotes.

Dans cette lutte pour la victoire, il faudra aussi compter sur la Lotus de Kimi Raïkkönen. Vainqueur à Abu Dhabi, le finlandais n’a plus aucune chance mathématique de remporter le titre de champion du monde des pilotes. Un bon résultat du finlandais conjugué à des problèmes techniques récurrents sur les monoplaces britanniques pourrait replacer Lotus dans la lutte pour la troisième place du championnat constructeur. Il faudra alors que Romain Grosjean pense à terminer la course, pas seulement à perdre des positions au départ…

La lutte pour la survie financière. Oh salvatrice 12ème place.

Si tout au long de la saison, les fans de Formule 1 se passionnent avant tout pour le championnat du monde des pilotes, c’est bien le classement au championnat des constructeurs qui accapare l’attention des directeurs d’écuries et de biens des pilotes soucieux de poursuivre leur aventure dans l’élite du sport automobile. En effet, la répartition des droits TV entre les écuries s’opérant sur la base du classement des constructeurs c’est ce dernier qui détermine le montant alloué à chaque écurie. Et dans le fonds de grille, HRT et Caterham ont des vues sur la 10ème place actuellement détenue par Marussia au bénéfice d’une 12ème place obtenue par Timo Glock lors du Grand Prix de Singapour.

La lutte pour la 10ème place au championnat du monde des constructeurs prend un tout autre sens dans le contexte économique dans lequel évoluent les impétrants. L’écurie HRT est en vente et l’arrivée de quelques millions supplémentaires non prévus ferait le plus grand bien à la structure qui vient de procéder au licenciement de 40% de son personnel. Du côté de chez Caterham qui a budgétisé cette 10ème place, l’enjeu n’est pas celui de la survie financière mais celui du maintien des ambitions sportives. Si Heikki Kovalainen ne parvient pas à obtenir cette 12ème place tant désirée sur les deux prochains Grand Prix, il pourrait bien être contraint de faire ses valises. L’écurie se trouvant obligée de recruter un second pilote payant, ce que n’est pas le finlandais…Romain Grosjean pourrait filer un coup de main.

Des prestations individuelles qui pourraient bien être les dernières

Au milieu de ces luttes pour la victoire et pour la 12ème place, on retrouve pléthore de pilotes qui n’ont plus grand chose à jouer. Ceux qui ont vu leur contrat prolongé ou en passe de l’être et ceux qui connaissent déjà leur prochaine destination pourront découvrir sans pression le circuit des Amériques. De nombreux de leurs collègues, au contraire, joueront sur le tracé texan une partie de leur avenir. Il conviendra ainsi de prêter attention aux prestations de :

  • Bruno Senna au volant d’une Williams est en passe d’être éconduit au profit du pilote essayeur maison, Valterri Bottas. Il doit convaincre des écuries à la recherche d’un pilote payant de lui accorder leur confiance.
  • Komui Kobayashi, malgré un podium cette saison pourrait bien quitter la Formule 1 faute de sponsor soutenant sa carrière. Son baquet devrait être occupé par le jeune pilote mexicain Esteban Gutierrez. Le japonais peut-il encore convaincre un employeur de lui confier un volant ?

Enfin, l’unique septuple champion du monde de Formule 1 vit ses derniers instants dans un baquet. Michael Schumacher est à deux Grand Prix de prendre définitivement sa retraite. Au volant d’une Mercedes dont le développement a été abandonné, Schumi ne peut rien espérer d’autre que de se battre pour des miettes.

Sa chance tient quant au fait que dans le tumulte de la lutte pour les titres pilotes et constructeurs personne ne remarquera sa performance. Quoiqu’il advienne il passera le flambeau à un sacré champion.