Tennis : Kyrgios-Sabalenka, « un match totalement bidon qui a sali l’image du tennis »

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Nick Kyrgios

À Dubaï, Nick Kyrgios a dominé Aryna Sabalenka (6-3, 6-3) lors d’une « bataille des sexes » sans véritable intensité. Un show aux règles bricolées qui a fait bondir Benoît Maylin.

À la Coca-Cola Arena, l’affiche avait tout du blockbuster : la n°1 mondiale Aryna Sabalenka face à Nick Kyrgios, pour un remake contemporain de la « Battle of the Sexes ». Sur le court, pourtant, le vernis a rapidement craqué. Le format était retouché pour « équilibrer » le duel – une seule balle de service pour chacun, et un terrain… 9 % plus grand pour l’Australien – et la rencontre s’est bouclée en deux sets propres (6-3, 6-3), sans que Kyrgios n’ait besoin de forcer. Dans les tribunes, 17 000 spectateurs, des célébrités, et au final un sentiment négatif vis-à-vis de la rencontre.

« Enfin, ça y est, on en a fini avec cette farce »

Connu pour ses saillies sans filtre, le journaliste Benoît Maylin a livré un verdict implacable après le show de Dubaï. « Enfin, ça y est, on en a fini avec cette farce, ce pitoyable intermède bouffi de business, indigeste, totalement bidon, qui n’aura de performance que celle, lamentable, d’avoir sali le sport, le tennis, et la différence des sexes. Désolant. »

Ces mots, lâchés sur X (ex-Twitter), cristallisent le malaise d’une partie du milieu : à force de gadgets et de storytelling, l’événement a brouillé le message et froissé l’ADN du jeu qu’il prétendait célébrer. Difficile, en effet, de tirer autre chose qu’un signal marketing d’une opposition où les curseurs ont été trafiqués.

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Car la référence à 1973 (Billie Jean King-Bobby Riggs) ne tient pas : à l’époque, l’enjeu était sociétal. Ici, la mise en scène – règles aménagées, casting sous le même management, grand-messe sous les projecteurs – a vampirisé le tennis lui-même. Et quand l’interprétation sportive devient impossible, il ne reste qu’une impression de cirque.