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La domination grandissante des Cavaliers

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Depuis le 15 janvier 2015, les Cavaliers marchent sur la plupart de leurs adversaires. Pourquoi cette date ? Car il s’agit de la fameuse journée au bowling organisée par David Blatt. Depuis ce jour, les Cavaliers ont un bilan de 22 victoires et cinq défaites. En attaque comme en défense, ils dominent leurs adversaires.


Commençons par le plus évident : la force de frappe des Cavaliers est impressionnante. Depuis le 15 janvier, ils détiennent la meilleure attaque de la ligue, avec une moyenne de 111.8 points marqués sur 100 possessions (offensive rating). Ils rentrent également 46.8% de leurs tirs, là aussi le meilleur pourcentage de la ligue.

Le retour en forme de LeBron James n’y est évidemment pas pour rien. Le quadruple MVP affiche des moyennes toujours aussi impressionnantes, tournant à 26.6 points, 7.1 passes décisives et 6.3 rebonds par match, mais surtout en 34.5 minutes. Au cours de sa carrière, James a toujours fini ses saisons à plus de 37.5 minutes jouées par match. Cette saison, il est à 36.1 minutes de moyenne. Grâce à la profondeur de l’effectif, il n’a pas à être présent à tout moment sur le terrain. C’est un gros plus à l’approche des Playoffs.

Autour de lui, l’effectif tourne tout aussi bien. Toujours depuis le 15 janvier, Kyrie Irving marque en moyenne 22.5 points et délivre 5.2 passes par match. Il est également très efficace, avec un TS% de 61.3, deuxième meilleur pourcentage parmi les arrières derrière James Harden. Il s’est adapté au jeu sans ballon en profitant de l’attention portée sur LeBron James.

Kevin Love, lui, continue de s’adapter à son nouveau rôle. Il a retrouvé la forme depuis le All-Star Break et se montre bien plus présent autour du panier, ainsi qu’en défense sur le périmètre. Face à Dallas, par exemple, il a montré qu’il pouvait rester devant Monta Ellis en le faisant déjouer. Statistiquement, il produit 16.7 points et 9.5 rebonds à 45.0% et 42.1% à trois points.

Passons maintenant au « role players », et commençons par les New York Boys. Lorsque les Cavaliers ont obtenu Iman Shumpert et J.R. Smith en se séparant de Dion Waiters, il ne faisait aucun doute qu’ils réalisaient l’affaire de l’année. Plusieurs semaines après cet échange, on peut véritablement observer les résultats. Dans l’attitude, le profil et les capacités, il ne fait aucun doute que Shumpert est un bien meilleur joueur que Waiters.

Observons leur défense avec un simple fait : l’énergie entre les deux joueurs est différente. Si l’ancien numéro 3 des Cavaliers montrait des signes encourageant de ce côté du terrain, Shumpert, lui, est déjà un joueur accompli. Il a des bases solides et de l’expérience en tant que stoppeur. De plus, la taille entre les deux joueurs (1m93 et 1m96 respectivement) joue un rôle majeur lorsqu’il s’agit de contester des tirs, d’aller au rebond ou tenter de couper une ligne de passe pour une interception.

Cette saison, avec les Cavaliers (22 matchs), les adversaires directs de Iman Shumpert ne réussissent que 36.5% de leurs tirs, contre 43.6% habituellement. Pour Dion Waiters (32 matchs), ce chiffre est à 47.9% lorsqu’il défend. En se concentrant sur les tentatives à trois points adverses, là encore, la différence est frappante. Shumpert limite ses adversaires à 27.7% de loin. Waiters, 39.3%.

En ce qui concerne J.R. Smith, on a déjà analysé son apport ici. Il est plus efficace mais aussi plus impliqué. Défensivement, son énergie se fait sentir. Il sera décisif en Playoffs en apportant son expérience et cette même énergie.

Timofey Mozgov est lui aussi un facteur décisif lorsqu’il s’agit de la transformation des Cavaliers. Lorsqu’il est sur le terrain avec les autres titulaires (312 minutes ensemble depuis le 15 janvier), les Cavaliers affichent un offensive rating de 119.7, de loin le meilleur parmi les autres équipes, mais surtout un defensive rating de 92.3 ! Il s’agit là de la meilleure attaque et de la meilleur défense de la ligue avec une grosse marge sur les autres équipes.

Cela faisait bien longtemps que les Cavaliers n’avaient pas disposé d’un joueur de 2m18 capable de remonter le terrain avec son meneur pour marquer en transition. Mozgov est bien plus athlétique qu’on ne pouvait le penser. Il complémente parfaitement Kevin Love en pesant sur les raquettes adverses. Statistiquement, il produit 10.9 points, 7.3 rebonds et 1.7 contres de moyenne par match, à 60.1% au tir.

Puisque l’on a abordé le thème de la défense, évoquons les nouvelles améliorations en défense. Depuis le 15 janvier (encore et toujours), les Cavaliers tiennent leurs adversaires à 42.3% au tir (quatrième meilleur pourcentage de la ligue) et 32.5% à trois points (cinquième de la ligue). Depuis l’acquisition du pivot russe, David Blatt a modifié quelques trucs sur la façon de défendre le pick and roll.

Au cours des matchs, on peut entendre des consignes comme « Ice », voulant dire que les Cavaliers ont pour consigne de forcer le porteur de balle à ressortir le ballon vers son intérieur, toujours sur le périmètre. L’intérieur aura ensuite deux choix : prendre le tir extérieur ou faire tourner le ballon autour du périmètre. De cette manière, la défense fait déjouer son adversaire.

Par manque de matériel, compétences, temps, on utilisera des screens pour illustrer cette analyse. Face aux Raptors, les Cavaliers ont appliqué cette tactique, comme à leur habitude. Ici, nous avons James Johnson dans le rôle du porteur de balle. En sachant qu’il n’est pas le meilleur des dribbleurs, les Cavaliers vont l’enfermer.

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Johnson n’étant pas le meilleur des créateurs, il choisit de pénétrer plutôt que de ressortir le ballon son intérieur. Kevin Love est déjà ressorti sur lui, il se retrouve avec deux joueurs sur le dos, et aucun angle de passe.

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Les arrières de Cleveland se rapprochent, tout en restant à distance de leur joueur respectif, tandis que Mozgov se prépare à protéger le panier. Johnson se retrouve entouré, sans angle de passe.

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La seule option qui se présente est désormais la passe à son pivot. Jonas Valanciunas manquera ce tir à mi-distance.

Cette séquence n’est pas commune pour un porteur de balle, principalement parce que James Johnson n’est pas habitué à ce genre de responsabilité, mais aussi parce que l’écran a été posé à l’intérieur de l’arc, limitant l’espace autour de Johnson. Généralement, les Cavaliers font appel au « Ice » sur les côtés, pour forcer la passe à l’intérieur et ainsi provoquer un tir à faible pourcentage de réussite, comme celui pris par Valanciunas plus haut.*

Après cette tentative d’explication, on peut conclure en disant que les Cavaliers font un sacré effort pour mieux défendre. La progression de ce côté du terrain a été fabuleuse, tant pour les titulaires que pour les remplaçants.

En s’appuyant sur des stops défensifs plus réguliers, les joueurs ont eu la possibilité de lancer un plus grand nombre de contre attaques, et donc de choisir de meilleurs shoots. Depuis le 15 janvier, ils marquent 12.7 points de moyenne sur contre attaque mais surtout, près de 32% de leurs points marqués par matchs proviennent de tirs à trois points. Le mouvement du ballon après une perte de balle ou un stop défensif leur permet de déstabiliser la défense. Les Cavaliers disposent de tellement d’armes offensives que les défenses adversaires doivent faire des choix lorsqu’il s’agit de contester les tirs.

Dernier appel aux chiffres : l’équipe a été capable de marquer au moins 90 points ou plus en trois quart temps (ou moins) au cours de 10 rencontres cette saison. C’est assez impressionnant. En surfant sur cette bonne série, les Cavaliers ont montré un tout nouveau visage. Celui d’une équipe capable de défendre agressivement et de mettre les défenses adverses sous pression à n’importe quel moment.

(*Il ne s’agissait là que d’une séquence parmi tant d’autres, puisque logiquement, les actions ne se déroulent pas toujours ainsi. On espère cependant que les images ont rendu l’explication plus claire.)

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Ils vont marquer 2015. Bilan du mois de Février.

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