Neymar avait réussi presque tout sur le terrain avec Santos, mais sa sortie médiatique a totalement changé le récit de sa soirée. Décisif face à Remo, l’attaquant brésilien est désormais accusé d’avoir utilisé une expression à connotation sexiste, dans un contexte déjà très sensible au Brésil.
Non retenu par Carlo Ancelotti pour le rassemblement de mars, Neymar sait qu’il joue gros dans sa course vers la Coupe du monde 2026. Dans la nuit du 2 au 3 avril, le numéro 10 a pourtant marqué des points sportivement avec Santos, vainqueur de Remo (2-0), grâce à une passe décisive pour Thaciano et une implication sur le second but. Mais la fin de match a tout renversé. Après plusieurs interventions rugueuses, dont une charge de Diego Hernandez, l’ancien Parisien a contesté un avertissement reçu de l’arbitre Savio Pereira Sampaio. Et c’est surtout sa justification, lâchée à chaud, qui a mis le feu.
Le mot “Chico” au coeur d’un vrai malaise
Neymar a d’abord vidé son sac : « Ce carton est injuste. J'ai subi un tacle dangereux en fin de match, inutilement. Ce n'était pas le premier, mais le troisième ou le quatrième. Je suis allé protester et j'ai reçu un carton jaune. Savio est comme ça, il s'est réveillé comme Chico (...) il veut être la star du match, il manque cruellement de respect aux joueurs. »
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La polémique vient précisément de cette formule. Au Brésil, dire qu’une personne s’est réveillée “comme Chico” renvoie à quelqu’un de mauvaise humeur. Mais l’expression serait liée à “chiqueiro”, la porcherie, et à une vieille association des menstruations avec quelque chose de sale ou d’impur. C’est cette origine qui fait bondir une partie des observateurs et plusieurs journalistes brésiliens, qui y voient un héritage sexiste et discriminatoire. Neymar voulait dénoncer l’attitude de l’arbitre, mais son choix de mots a déplacé le débat sur le terrain du respect des femmes, bien au-delà du simple fait de jeu.
