Débats Sports

Wiggins Race – Quel rôle pour les rookies du Magic?

VictorOladipo

Premier épisode de la Wiggins Race avec un billet de Loïc de l’Orlando Magic Nation qui nous livre un focus sur les deux rookies draftés au soir du 27 juin dernier.

On y est presque. Quelques jours après avoir commencé la présaison par un match à Jacksonville, Orlando s’apprête à entamer le deuxième acte de sa reconstruction. A priori une saison qui s’annonce assez similaire à la précédente. Mais pas totalement. Déjà parce que les Young Magics comptent désormais une année d’expérience et de vécu collectif en NBA…ce qui n’est pas à négliger. Comme l’ossature reste globalement la même, l’équipe pourra profiter de ses acquis de la saison 2012-13. Car sans aucun doute, il y en a eu. Si Orlando a terminé dernier de la ligue la saison passée, au nombre de victoires, il aurait peut-être mérité un meilleur bilan. Auteur d’un début de saison qu’on attendait bien pire (12 victoires et 13 défaites pour débuter, des victoires intéressantes, notamment le double succès face aux Warriors, une forte implication défensive), les hommes de Jacque Vaughn s’étaient mis sur les bons rails. La suite s’est progressivement compliquée malheureusement. Les limites de l’effectif ainsi que des blessures récurrentes ont rattrapé le Magic. Dans un premier temps, l’équipe a bien tenté de résister, avec une série de défaites in extremis, en prolongations ou de quelques points seulement. Avant de finalement terminer en roue libre, tirant pour de bon une croix sur les victoires, et préférant donner un temps de jeu accru à certains prospects.

La différence majeure entre l’intersaison 2012 et celle de 2013 se résume peut-être en un nom : Victor Oladipo. Si la draft 2012 avait été une réussite pour Orlando (Andrew Nicholson, choix n°19, et Kyle O’Quinn, choix n°49), il faut bien reconnaître qu’aucun des 2 rookies n’avait à l’époque de leur sélection fait beaucoup de bruit, ni créé de véritables attentes, même si on employait parfois le mot « steal » à propos du power forward canadien…Pour Oladipo, ce n’est plus vraiment la même chanson.

Déjà parce qu’on parle quand même d’un numéro 2 de draft. Il ya certes eu des busts à cette position dans les drafts passées, mais certains dauphins sont devenus d’excellents joueurs de la ligue (Aldridge, Kenny Anderson) voire carrément des megastars (Kidd, Durant, Payton, Francis). Mais aussi (et surtout) parce que le passé récent du joueur d’origine nigériane en NCAA parle en sa faveur. L’ex Hoosier évoluait dans l’ombre de Cody Zeller, mais c’est finalement Oladipo qui a crevé l’écran la saison passée du côté d’Indiana. Et comme Zeller avait quand même fait une belle saison, vous aurez compris que Oladipo a mis la barre plutôt haut.

Pressenti pour sélectionner Ben McLemore, Rob Hennigan a donc jeté son dévolu sur Victor Oladipo, qui le soir de la draft était accompagné du Dream Hakeem Olajuwon himself. Cette sélection du joueur en provenance d’Indiana n’a au final pas si surpris les fans du Magic, tant il représentait bien plus qu’une seconde option. Le joueur avait en effet un profil plus défensif et plus athlétique que l’ancien Jayhawk. Oladipo semblait aussi à l’époque animé d’une réelle motivation pour progresser. Et d’une certaine confiance, que McLemore semblait moins posséder en lui. Seul l’avenir dira avec précision si le choix du GM floridien était le bon…mais Hennigan commet peu d’erreurs. Oladipo semble détendu à l’idée d’évoluer en NBA. Son intégration à Orlando sera d’après lui facilitée par la présence dans le roster d’ E’Twaun Moore, qu’il a souvent croisé lors des confrontations entre Indiana et Purdue, 2 équipes de la Big Ten Conférence. Il prononce même le mot « mentor » à l’évocation de l’ancien Celtic. Même à seulement 21 ans, Oladipo apportera un talent certain, en défense bien entendu, mais aussi dans l’impact offensif, même si sa vision du jeu et sa capacité à tenir le ballon sont encore largement perfectibles. Le second choix de la draft 2013 va aussi retirer de la pression à des Harris ou Harkless par exemple, ce qui est un très bon point aussi. Tobias Harris, qui se dit prêt à prendre davantage de responsabilités cette saison, au point d’évoquer l’envie de devenir un All-Star, pourra quand même être épaulé par Oladipo.

Les « débuts » de Oladipo avec son équipe lors de la Summer League locale n’ont en tout cas pas été hésitants : évoluant en meneur, il a compilé, sous les ordres de James Borrego (l’adjoint de Vaughn en NBA), des moyennes de 19 points, 5 passes, 4.3 rebonds et 3 interceptions (en 32 minutes tout de même). L’opposition était relativement faible, mais ça vous donne une petite idée. Seule ombre à son tableau estival : Oladipo a flirté avec le seuil des 5 pertes de balles par rencontre. Plus tard le joueur a volontiers reconnu qu’il devait en finir rapidement avec tous ces ballons perdus s’il voulait éviter les sobriquets du style « Victurnover » ou « Victor Olajlaiplu ». Les ligues d’été sont malgré tout un peu « lights » pour se faire un réel avis sur son niveau NBA et ses lacunes actuelles. La présaison nous éclairera déjà un peu plus quant à son potentiel.

Parlons aussi un peu du second rookie du Magic : Romero Osby. Pour un non-initié au basket universitaire, ce joueur est l’exemple du parfait inconnu. Mais inconnu ne signifie pas pour autant qu’il n’a pas sa place en NBA. A propos de place justement, celle de l’ancien Sooner (Oklahoma) au sein de l’effectif d’Orlando est aujourd’hui encore incertaine. Pour une raison simple : à son poste, Orlando compte déjà sur Glen Davis, Andrew Nicholson et même Tobias Harris, bien que ce dernier évoluera vraisemblablement en « petit » ailier cette saison. Sauf que l’éventualité de voir Glen Davis, actuellement convalescent, être échangé ces prochaines semaines existe. Ce qui permettrait à Osby d’avoir sa chance de figurer parmi les 15 au coup d’envoi de la saison régulière. Si Big Baby parvient à démontrer qu’il est bien rétabli de sa fracture du pied, il intéressera surement quelques équipes. Pour en revenir à Osby, il semble que le joueur ait plu à l’encadrement du Magic. Sa ligue d’été fut en tout cas correcte : en 21 minutes de moyenne sur 5 rencontres, il a inscrit 11 points (à 50% de réusiite) et pris 4.4 rebonds. Et son 15/16 aux lancers-francs a montré qu’il était en confiance.

Quoiqu’il en soit, on a le sentiment que la reconstruction de la franchise aurait pu connaître des débuts bien plus instables. On est encore loin de l’objectif final pour en jauger précisément, mais les fondations semblent très solides pour l’instant. Et les jeunes pourront compter sur l’appui des vétérans : Jameer Nelson, le capitaine, va progressivement s’effacer mais n’a pas dit son dernier mot sur le terrain, et son leadership est incontestable depuis de longues saisons à Orlando. Glen Davis, qui n’en est qu’à sa troisième saison au Magic, possède l’aura d’un champion NBA. Et désormais Jason Maxiell, l’ancien joueur des Pistons signé cet été, qui n’a pas caché que sa venue était essentiellement liée à rassurer les Nicholson, Vucevic ou O’Quinn…Même Afflalo qui, mine de rien, a déjà 28 ans et 6 saisons NBA au compteur, saura encadrer les jeunes.

Pour la saison à venir, une des particularités d’Orlando sera de voir certains de ses talents jouer à un poste différent de la saison dernière. Tobias Harris va a priori redevenir un petit ailier (de 103 kilos tout de même !), afin de faire retrouver à Andrew Nicholson sa place de titulaire en tant qu’ailier-fort. Moe Harkless jouera plus régulièrement en position de SG, et alternera avec Harris au poste 3 bien sur. Et Oladipo, un arrière de formation qui a même par intermittence joué ailier à la fac, évoluera beaucoup – la plupart du temps – à la mène. Pas facile d’y voir très clair pour le moment, mais on peut se poser une question quant au but de ces manoeuvres : est-ce une volonté sportive de tester les joueurs à différents postes, dans l’objectif de les faire progresser et de les rendre plus polyvalents, ou bien une stratégie (risquée) visant à brider la productivité des joueurs ? Il n’est pas certain qu’Orlando ait réellement « tanké » la saison passée. Alors pourquoi le faire cette saison ? Peut-être parce que la perspective de la prochaine draft est plus alléchante ? Et pourrait tout simplement permettre à la franchise d’ajouter une pièce (LA pièce ?) à son puzzle de reconquête…