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Wawrinka peut il le faire ?

Dimanche matin, à 9h30 heure française, Stanislas Wawrinka défiera Rafael Nadal en finale de l’Open d’Australie. C’est la neuvième fois que Nadal affronte un Suisse en finale de Grand Chelem. Pour la première fois, il ne s’agira pas de Roger Federer. L’ibère tentera d’aller égaler Pete Sampras en remportant son 14ème titre du Grand Chelem avec, comme adversaire, un Wawrinka qui jouera sa 1ère finale dans un Majeur. Et cette question : « Stanimal » peut il venger son compatriote, terrassé en 3 sets en demi-finale ?

Stanislas Wawrinka. Voici le tube à la mode en ce début de saison. Vainqueur à Chennai pour le premier tournoi de l’année, le Suisse est invaincu en 2014. Tout comme son adversaire de dimanche.

Wawrinka, c’est un mec qu’on peut difficilement ne pas apprécier. Il est en quelque sorte le joueur français qu’on reverrait d’avoir, mais que ni Gasquet, ni Monfils, ni Tsonga ne peuvent être. C’est l’histoire d’un bon joueur de Tennis devenu à force de travail un des meilleurs de la planète, d’un joueur sympa, parlant français, très proche de ses fans sur les réseaux sociaux, toujours prêt à répondre aux journalistes, ou à déconner avec son pote Benoit Paire. Mais, depuis un an, le Suisse, n’est plus un banal joueur du top 20 servant de souffre douleur au Big Four et pouvant perdre n’importe quel match.

Tennistiquement, Stan est un des joueurs les plus génial de sa génération. Mais un tennis pur ne suffit pas à titiller le haut du panier (n’est-ce pas, Richard…), et c’est physiquement, et encore plus mentalement, que Wawrinka a franchi un pas. On est obligé de lier cette évolution à Magnus Norman, son coach depuis avril dernier. L’ancien finaliste de Roland Garros, avait déjà transformé le fougeux Robin Soderling en machine froide et impitoyable, capable de renverser Nadal porte d’Auteuil, de gouter à deux finales à Paris et de rentrer dans le top 5 ATP. C’est également en avril que Wawrinka s’est fait tatouer cette phrase de Beckett « Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better« , résumant, selon ses dires « son métier et son envie de toujours essayer malgré les défaites« .

Wawrinka a connu une fin de saison exceptionnelle couronnée par sa une première demi-finale en Grand Chelem à New York (défaite en 5 sets contre Djokovic) puis une participation aux Masters. Le voilà en finale à Melbourne. Mais la question se pose obligatoirement. Peut il battre Nadal ?

Honnêtement, si Stanislas Wawrinka bat Rafael Nadal en finale de l’Open d’Australie, ça sera sans conteste un des plus grands exploits tennistiques de ces dernières années. Le Taureau de Manacor mène 12-0 contre le Suisse. Pire encore, ce dernier ne lui a jamais pris un set. Au 3ème millénaire, jamais un joueur n’a gagné un Grand Chelem en battant la tête de série numéro 1 et 2 durant la quinzaine.

Si l’on rajoute l’impression laissée par Nadal en demi-finale, le fait que Wawrinka jouera sa première finale en Grand Chelem, ce qui le crispera forcément, les motifs d’espoir semblent extrêmement ténus. Mais il en existe.

Pour commencer, l’helvète n’est plus le même joueur depuis sa dernière confrontation contre Nadal sur dur qui remonte à 2010. Depuis le début de la quinzaine, Wawrinka joue le tennis de sa vie. Il est clairement le meilleur joueur de la planète, derrière les deux cyborgs Djokovic et Nadal. C’est bien simple, à l’instar de ces deux-là, son jeu ne souffre d’aucun défaut.

Un des meilleurs services du circuit, un coup droit canon, le revers à une main le plus efficace du moment, avec une solidité incroyable qui peut lui permettre de jouer 15 revers de suite sans faire de fautes, une bonne couverture de terrain, et surtout, ce qu’il faut contre les deux premiers mondiaux : une résistance physique qui lui permet de battre Djokovic en 5 sets, et une solidité mentale qui lui fait retourner des montagnes. En demi, dans un match au couteau contre un énorme Berdych, Wawrinka a gagné deux tie-breaks, après parfois été malmené durant le troisième set. Mais il a su gérer ce match où il partait favori, sans se contenter de sa victoire en quart.

Il ne se satisfait pas d’être en finale, il veut gagner, pour sortir complètement de l’ombre de son glorieux compatriote. De plus, Nadal est géné par des ampoules à la main gauche, et ses douleurs au genou semblent se réveiller. Mais, soyons clairs, Rafael Nadal ne passera pas à côté de sa finale.

Après 2 matches compliqués contre Nishikori et Dimitrov, le roi de Roland Garros a littéralement écrasé Federer, comme bien (trop) souvent. Il ne faut pas compter sur l’Espagnol pour donner la finale à Wawrinka. Il devra aller la chercher lui-même.

La clé du match risque d’être la qualité du service des deux hommes, et la capacité du Suisse à agresser constamment l’Espagnol, surtout sur son revers, très perfectible sur la quinzaine. Le spectacle risque d’être présent, entre deux joueurs habitués aux long rallyes. Norman sait comment battre Nadal, puisqu’il c’est sous ses ordres que Soderling l’a évincé à Roland.

La pression est sur les épaules de Rafa, qui peut devenir le premier joueur de l’histoire à détenir deux couronnes dans chacun des Grand Chelem, et l’égal de Pete Sampras avec 14 Majeurs. Et puis, une victoire pourrait le lancer sur un hypothétique Grand Chelem, qui ferait de lui le tout meilleur de l’histoire. Toutefois, jamais Nadal n’a été annihilé par la pression. Il est sans doute le plus grand combattant que ce sport ait jamais connu, capable de jouer sur un genou et demi, de renverser un match même mené 2 sets à rien avec un break de retard dans le troisième set.

« Stanimal » doit se préparer à un combat colossal, aussi bien mental que physique. Et sortir vivant d’un match comme ça en finale de Grand Chelem contre Nadal, lorsqu’on est novice à ce stade de la compétition, relève du miracle. Wawrinka en est il capable ? Réponse dimanche.

Stanislas Wawrinka va t-il remporter l'Open d'Australie?

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