Débats Sports

Un mercato mortifère pour la Ligue 1 ?

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Le mercato hivernal est enfin clos. Les effectifs ne bougeront plus d’ici à la fin de la saison[1], le terrain reprend donc ses droits. Si ces 31 jours de marché nous apprennent davantage sur le traitement médiatique de l’actualité footbalistique, ils nous donnent quelques indications sur les projets de développement et les politiques sportives de certains clubs français. Loin des constats alarmistes des cassandres sur une dépréciation de la Ligue 1 subséquente à une fuite des talents incontrôlée, ce marché hivernal a été dans l’ensemble plus que correctement mobilisé par les clubs français.

Convenons tout de suite, que les indignations sur l’exode d’une pléiade de jeunes talents vers des contrées diverses sont désormais totalement éclipsées par l’arrivée de David Beckham au PSG. Les mêmes commentateurs, sans que l’on sache s’il s’agit d’une composante de leur fond de commerce ou le produit de leur mode de pensée, sur-interprétent la signification sportive et économique des arrivées et des départs.

Ainsi, la Ligue 1 pillée de ses joyaux redeviendrait attractive sous l’effet de la signature pour 5 mois de David Beckham au Paris Saint Germain. Autre motif de réjouissance collective, l’arrivée imminente du Fair Play Financier devrait renforcer le pouvoir de négociation des clubs hexagonaux.

Au delà de la déception de voir quitter la Ligue 1 des joueurs auxquels les supporters avaient pu s’attacher voir s’identifier, qu’en est-il de la fuite des talents annoncées ? Ce mercato hivernal révèlerait-il des problèmes structurels nouveaux pour la L1 à même de justifier la morosité ambiante des discours ? Ou au contraire ne serait-il pas le résultat d’une gestion conjoncturelle cohérente ?

L’introduction du dossier de France Football consacré au bilan du marché hivernal, qui a le mérite d’être bouclé sans prendre en considération le dernier jour du marché (celui qui donne lieu au plus grand nombre de transactions) permet de prendre le pouls de l’ambiance générale : [colored_box color= »eg. blue, green, grey, red, yellow »]« C’est la tendance majeure et la plus inquiétante de ce marché d’hiver. En un mois, la Ligue 1 a perdu six internationaux en pleine force de l’âge. Avec Mathieu Debuchy, Loïc Rémy, Yann M’Vila, Moussa Sissoko, Guillaume Hoarau et enfin Mapou Yanga-M’Bwia, le championnat de France a vu s’évaporer en janvier soixante-six sélections[2] ».[/colored_box] Rajoutez le sous-titre « jamais la période hivernale de transferts n’avait vu autant de départ vers l’étranger » et vous avez le tableau dramatique d’une Ligue 1 en proie à une fuite incontrôlée des talents. Ce même championnat, qui suite, à l’arrivée de David Beckham au PSG s’apprêterait à entrer dans une nouvelle dimension dixit Frédéric Thiriez.

Au delà du fatalisme de Frane Football suivi par une large part des observateurs autorisés, ce mercato qui a une nouvelle fois largement excédé son rôle de marché d’ajustement, n’est pas l’expression de maux nouveaux, mais au contraire le produit des erreurs passées. En ce sens, il n’est nul besoin de s’alarmer sur l’issue de ce mercato puisqu’il a été mobilisé essentiellement comme un remède.

27 joueurs ont quitté la Ligue 1 pour rejoindre un autre championnat.  Ces départs ont généré pas moins de 43 millions de recettes. Dans le même temps, 21 joueurs ont fait le sens inverse et ont rejoint la Ligue 1. Pour la plupart il s’agit de jeunes joueurs ou de joueurs méconnus du grand public, comme l’étaient les Monzon, Bastos, Gil, Helder, André-Luiz et autres Nênê avant d’arriver en Ligue 1. Le différentiel de réputation entre les arrivants et les partants justifie les cris d’orfraie.

L’ensemble de ces départs peuvent être organisés en trois catégories pas nécessairement étanches. Certains sont motivés par la volonté de monétiser des transferts de joueurs arrivant en fin de contrats, d’autres correspondent à des départs programmés que les enjeux sportifs et une capacité de négociation renforcée ont permis de retenir quelques mois supplémentaires. Enfin, de nombreux départs sont des correctifs des erreurs passées et/ou visent à réduire une masse salariale par le départ de joueurs secondaires.

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  • Arborer sur son maillot le sponsor Virgin MONEY ça a au moins le mérite de la transparence. Ce qui vaut à Debuchy la une de cet article.