Débats Sports

Trois hommes pour un titre.

Comme chaque année, c’est à New York que le quatrième et dernier majeur de la saison se déroulera, du 31 août au 13 septembre. Cette 135ème édition devrait réserver, en toute logique, moins de surprises que la 134ème. L’an dernier, Marin Cilic avait déjoué tous les pronostics en terrassant Kei Nishikori en finale, après avoir réalisé trois derniers matchs sensationnels. Cette saison, les Masters 1000 de Montréal et de Cincinnati ont accouché d’une hiérarchie relativement précise. Du moins, ces tournois ont montré que trois hommes semblaient au dessus de la mêlée. Mais les surprises sont légion chaque année à Flushing Meadows, et certains hommes pourraient peut être jouer les troubles-fêtes. Petit tour du propriétaire.

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Novak Djokovic, finaliste à Montréal et à Cincinnati.

Paradoxalement, le favori à New York est celui des trois qui n’a remporté aucun des deux principaux tournois de préparation à l’US Open. Mais si Novak Djokovic est extrêmement dur à battre au meilleur des trois manches, la mission s’avère quasi impossible lorsque les matchs se déroulent au meilleur des cinq sets. Sur les vingt derniers majeurs, le serbe s’est retrouvé vingt fois en demi-finale mais surtout quinze fois en finale.

Seul, dans l’ère Open, Roger Federer a réalisé une performance supérieure avec dix-huit finales en vingt Grand Chelem entre Wimbledon 2004 et Roland Garros 2010. Comme le Suisse en son temps, le Serbe ne connait aucun trou d’air. Pour le battre, il faut soit jouer le match de sa vie, comme Wawrinka a pu le faire à Melbourne l’an dernier ou à Roland Garros au mois de juin, soit profiter d’une légère baisse de régime de Nole tout en jouant un tennis fantastique.

Sur ses vingt derniers tournois du Grand Chelem, il présente un bilan ahurissant de 121 victoires pour douze défaites. De plus, le dur extérieur est le terrain de jeu favori du serbe, là où son tennis s’exprime le mieux, et là où il a réalisé son chef d’oeuvre, contre Nadal en finale de l’US Open 2011.

Une dernière statistique, prouvant cette fois-ci que le béton est la surface préférée du natif de Belgrade : depuis le début de sa fantastique saison 2011, jusqu’à l’orée de cet US Open, sur les 29 Masters 1000 et Grand Chelem se déroulant sur dur extérieur, il en a remporté quatorze, soit presque un sur deux. Tout simplement phénoménal.

Physiquement et mentalement, battre Djokovic au meilleur des cinq manches est désormais l’épreuve ultime du tennisman. Bien qu’on l’ait vu moins tranchant en préparation, il a su puiser dans ses ressources pour ne pas s’incliner prématurément, sauvant des balles de match contre Gulbis à Montréal, et revenant de presque nulle part contre Goffin dans l’Ohio. Tennistiquement, Djokovic n’est jamais meilleur que lorsqu’il est dos au mur. On l’a vu, malgré un niveau de jeu pas forcément optimal, atteindre par moment une facilité incroyable dans son tennis, qui rappelle, dans un autre style, Roger Federer. Lorsqu’elle est réglée, la machine serbe est impossible à freiner, et les fautes directes par set peuvent se compter sur les doigts d’une main. S’il n’a soulevé qu’une seule fois le trophée sur le court Arthur Ashe, il est abonné au dernier carré depuis 8 ans. Vous en voulez encore ?

Finaliste des trois premiers Grand Chelem de la saison, Novak Djokovic paraît en mesure de réaliser le deuxième petit chelem de sa carrière.

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