Débats Sports

Renault fanfaronne.

Sebastian Vettel n’est pas le seul triple champion du monde en titre. Le sacre de l’allemand coïncide avec le troisième titre consécutif de Renault en tant que motoriste. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la marque ne se prive pas pour communiquer autour de son succès. La dernière campagne de pub « Red is Dead » qui rappellera quelques souvenirs aux inconditionnels de la Cité de la Peur, vise directement le rival historique, la mythique Scuderia Ferrari. Renault s’y targuant d’avoir battu les rouges.

Sur le plan comptable difficile de ne pas reconnaître l’excellente saison du motoriste français. Moteur le plus utilisé du plateau (Red Bull Racing, Lotus, Williams et Caterham étaient équipées par le moteur Renault), le RS27 fut aussi le plus victorieux. Sebastian Vettel (5), Mark Webber (2), Pastor Maldonado (1) et Kimi Raïkkönen (1) ont obtenu 9 victoires pour le moteur Renault. Deux de plus que celui de Mercedes (Hamilton, Button, Rosberg 1). Ferrari devant se contenter des trois victoires décrochées par Fernando Alonso. En terme de points, Renault (839 points) devance également Mercedes (629) et Ferrari (552) au jeu de la concurrence entre motoristes. Le succès n’est toutefois pas total pour le motoriste français qui a vécu son 500ème GP au Brésil dimanche dernier.

Là où le bas blesse c’est que le moteur Renault est précisément ce qui a failli couter le titre à Sebastian Vettel sur fond de problèmes persistants avec l’alternateur du motoriste français. Dans une saison qui aura vu une fiabilité assez sidérante des monoplaces, les Red Bull auront été les victimes les plus récurrentes d’abandons en raison de problèmes moteurs à égalité avec les Williams, elles aussi équipées du moteur RS27. Le moteur Renault aura causé 8 abandons à ses pilotes, Sebastian Vettel à deux reprises pour un problème d’alternateur, Mark Webber pour le même problème. Un mal qui a aussi atteint à deux reprises, le français Romain Grosjean qui termine la saison avec le titre du pilote ayant réalisé le moins de tours en piste (803 contre 1191 pour son coéquipier). Pastor Maldonado aura été contraint à l’abandon à deux reprises pour des problèmes de surchauffe alors que Bruno Senna a été pénalisé par le même souci lors du premier Grand Prix de la saison en Australie.

Et pendant ce temps-là les Ferrari n’ont subi aucun abandon sur problème mécanique. Les deux Sauber n’ont rencontré aucun souci lié au moteur italien, pas plus que les Toro Rosso. Renault a obtenu son troisième titre de champion du monde avec Red Bull. Mais ce titre, elle le doit avant tout à Adrian Newey et au pilotage de Sebastian Vettel. Les 25 points perdus à Valence alors que l’allemand était largement en tête aurait pu changer la donne, tout comme les 8 points abandonnés à Monza. Par chance, « Baby Schumi » a fait le boulot en fin de saison en remportant 4 courses consécutivement. Sans quoi Renault aurait bien été mal à l’aise au moment des bilans. A trois points près, Renault s’offre donc le luxe de fanfaronner.

Définitivement. Red is Dead, Thanks Sebastian and Adrian, aurait été un slogan nettement plus approprié.