Débats Sports

Présentation de David Blatt

Maintenant que David Blatt a été nommé coach des Cavaliers, on peut se demander ce qu’il apportera à l’équipe et comment il peut la faire passer au niveau supérieur. Dan Gilbert s’attend à ce que la franchise retrouve les Playoffs dès la saison prochaine, et l’effectif mis à la disposition de Blatt pourrait très bien y arriver. Il faudrait bien sûr pour cela arriver à exploiter pleinement le talent des joueurs, chose que Mike Brown n’a pas su faire.

Sous les ordres de Mikey, on sentait les joueurs perdus sur le terrain, sans réel plan d’attaque. Trop souvent avons-nous vu un joueur dribbler pendant une quinzaine de secondes avant de passer le ballon à son coéquipier, sans aucun mouvement autour. Avec des joueurs comme Kyrie Irving, Dion Waiters, ou Luol Deng plus tard dans la saison, il y avait sûrement mieux à faire. C’est probablement ce qui a coûté le poste de ce cher M. Brown.

Avec Blatt, tout cela pourrait très bien changer. Qualifié de génie offensif, d’amoureux du jeu, de passionné et d’analyste acharné par beaucoup, on sait que l’ancien entraîneur du Maccabi Tel Aviv a tenté d’innombrables combinaisons offensives figurant aujourd’hui dans son playbook. Des systèmes simples tels un démarquage en sortie d’écran, une passe au poste haut pour un joueur coupant du côté opposé… Plusieurs actions fondamentales, qui n’en sont pas moins essentielles, sont exploitées dans le système du Blatt-man.

Observons d’abord un système très simple de démarquage grâce à un enchaînement d’écrans.

On voit ici le meneur qui apporte le ballon à la hauteur de la ligne des trois points, tandis que son shooteur feinte le démarquage d’un côté pour finalement redescendre à sa hauteur et se retrouver libre. Deux écrans sont mis en place. Un sous le panier, l’autre juste au dessus de la ligne des lancers, pour permettre au shooteur d’être ouvert.

On peut observer une variante de ce système à partir d’une minute dans la vidéo. Lorsque le défenseur revient sur son joueur, sa vitesse ne lui permet pas de contenir une pénétration. De ce fait, les rotations forcées déstabilisent la défense et permettent à un des attaquants d’être ouvert. Le shooteur peut également jouer un simple pick and roll sur le côté après avoir reçu la passe, toujours après la rotation tardive de la défense.

Si l’on tente de transposer ce système au jeu des Cavaliers, on peut imaginer Irving ou C.J. Miles bénéficier d’écran pour être ouvert à trois points, ou bien simplement bouger le ballon jusqu’à ce qu’une ouverture ce produise. Il ne s’agit pas d’un système complexe à mettre en place et peut servir de dernier recours en cas de possession mal engagée. Deux écrans successifs pour un shooteur, cela peut être appliqué en cinq secondes.

Maintenant, observons le jeu du poste haut vers l’intérieur.

Le système commence une nouvelle fois à hauteur de la ligne des trois points. Le ballon est dans les mains de l’ailier, qui attend que l’intérieur établisse une bonne position dans la raquette. Une fois qu’il est installé, le ballon arrive dans ses mains au poste bas, un mouvement rapide et le tir part. Pour bien exécuter ce système, il faut des shooteurs afin d’étirer la défense. Comme on le voit dans la vidéo, les défenseurs hésitent à venir aider leur coéquipier pour museler Sofoklis Schortsanitis (l’immense pivot grec) car il lui suffirait alors de ressortir le ballon pour servir un coéquipier derrière l’arc.

C’est d’ailleurs ce qui se produit à 1’30 » : la défense vient aider mais une seule passe suffit à trouver un shooteur. Ce système offre deux options, une intérieure et une extérieure avec un kick-out, et se met en place relativement facilement, à condition de bénéficier d’une présence forte au poste.

A Cleveland, on aurait pu imaginer Joel Embiid dans ce rôle d’intérieur recevant les passes du poste haut. Malheureusement, les blessures l’ont éloigné du premier choix, et donc des Cavaliers. On peut imaginer Anthony Bennett dans ce rôle, bien qu’il semble préférer s’écarter de la raquette. Tyler Zeller a montré quelques mouvements intéressants au poste mais rien on ne peut être certain qu’il puisse établir une bonne position dans la raquette sans se faire bousculer.

Regardons maintenant d’un peu plus près le jeu en pick and roll. Comme on le sait, c’est le point fort de Kyrie Irving, et l’origine du jeu de créateur d’un meneur.

Il s’agit d’un simple écran et d’un démarquage de l’intérieur vers le panier, alors que le meneur observe les options qui se présentent à lui. Si le défenseur ne revient pas assez vite, il attaque. S’il voit l’espace pour son intérieur, il lui offre le ballon entre les deux défenseurs.

Une grande partie de ce système dépend de la réaction de l’intérieur qui défend. Il doit couvrir pour son coéquipier mais ne peut pas trop s’engager. S’il le fait, l’attaquant n’a qu’à passer devant lui et profiter de sa vitesse. Il peut aussi tenter d’envoyer son coéquipier au alley oop. Si l’intérieur qui défend ne remonte pas assez après l’écran, il laisse le meneur ouvert à mi-distance ou à trois points.

Kyrie est connu pour ses dribbles précis et rapides, capables de couper une défense en deux. Sur le jeu en pick and roll, il pourra parfaitement trouver l’ouverture et conclure une action d’une manière dont seul lui a le secret.

Et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est un système que l’on a que très rarement vu la saison dernière avec Mike Brown.

D’autres arrières pourraient très bien bénéficier de ce système, comme Jarrett Jack ou Dion Waiters (s’ils font encore partie de l’effectif en octobre) mais encore Sergey Karasev, qui pourrait jouer un grand rôle dans ces systèmes.

En effet, David Blatt connait le jeune ailier russe particulièrement bien puisqu’il l’a entraîné lors des Jeux Olympiques de 2012 à Londres, alors qu’il n’avait que 18 ans. Sa capacité à tirer à trois points en fait déjà l’un des meilleurs de l’effectif dans ce domaine mais ce n’est pas tout. Karasev est également capable de créer pour ses coéquipiers et possède une bonne vision du jeu. Ce sont des atouts qui pourraient lui faire gagner des minutes la saison prochaine. Selon Blatt, il peut jouer sur trois postes : meneur, arrière et ailier. Voilà qui sera intéressant à suivre.

Pour en revenir au coach et à ses accomplissements, voici son palmarès :

– 5 x champion du championnat Israélien.
– 6 x vainqueur de la coupe d’Israël
– 1 x champion d’Italie
– 1 x vainqueur de la Supercoupe d’Italie

– 1 x vainqueur de la FIBA Eurocup
– 1 x vainqueur de l’Euroligue

Lors de sa saison 2014 au Maccabi Tel Aviv, son effectif a compté pas moins de 11 joueurs à six points de moyenne ou plus, sur une saison de plus de 60 matchs. Autre caractéristique de David Blatt : il est réputé pour avoir des liens forts avec ses joueurs, mais se montre également très exigeant et intraitable sur la discipline. Une petite anecdote entre lui et Alexey Shved, arrière des Wolves mais également joueur de l’équipe nationale russe : Blatt l’a menacé de l’écarter de l’équipe s’il ne coupait pas ses cheveux (photo). On peut craindre pour la coiffure de notre cher Anderson Varejao.

Il semble évident que David Blatt est un gagnant, et tout ce qu’on peut lire à son sujet ne fait que renforcer cette idée. Avec l’aide de Tyronn Lue, arrivé de Los Angeles en tant qu’assistant coach, on peut s’attendre à un tout nouveau conditionnement des joueurs et une approche du jeu bien différente. L’ancien assistant de Doc Rivers a travaillé avec des joueurs comme Rajon Rondo et Chris Paul mais a aussi eu pour tâche de lier les joueurs avec le staff. Il est connu pour être proche des joueurs et de les mettre dans les meilleures conditions possibles avant un match.

Une chose est certaine, on peut être enthousiaste à l’idée de voir les Cavaliers jouer l’an prochain, car ils sont entre de bonnes mains.

La compilation des systèmes a été réalisée par l’excellent How U, dont la chaîne Youtube se trouve ici : https://www.youtube.com/user/99nmrasdf

  • Mido

    S’il pouvait trouver le moyen d’intégrer Benett dans un système stable..

    NOUVELLE ÈRE.
    (bon article même si parfois trop deeeep pour mon cerveau, nah kidding im da boss)

    • Robert

      T’es pas tout seul dans ta tête toi

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