Débats Sports

Les Grizzlies doivent-ils trader Zach Randolph ?

On le sait, les dirigeants des Grizzlies ne font pas dans la dentelle. Et chez eux, il n’est pas question de payer de taxes. Rudy Gay en a fait les frais. Dès lors, et après un sweap humiliant face à San Antonio, Zach Randolph pourrait bien être obligés de faire ses valises dès cet été. Raisonnement en  4 points

  • Bien entendu, raison n°1 : ses playoffs décevants. Victorieux de son duel avec Blake Griffin au premier tour, il a éteint Ibaka en demi-finale. Mais dès que le niveau de l’adversaire a grimpé face à la raquette texane des Spurs, Z-Bo s’est éteint. Il termine la série face aux Spurs avec des moyennes désastreuses : 11 points à 30% avec certes 12 rebonds par match. Il a été dominé dans tous les compartiments du jeu par la triplette Duncan / Splitter / Diaw qui se sont relayés sur lui comme trois bucherons canadiens pour abattre un arbre centenaire à mains nues.

Mais c’est largement insuffisant lorsque l’on est l’option offensive n°1 de la franchise.

Déjà l’année passée dans le Game 7 du 1er tour face aux Clippers, Randolph a été visé comme le principal responsable de l’échec de Memphis. A domicile et alors que les Grizzlies viennent de revenir à égalité après une victoire au Staples Center, Randolph sort un match à 3/13, 6 points, 3 fautes, 3 pertes de balle et aucune faute provoquée. Les Grizzlies perdent d’un point et sont priés de partir en vacances.

Randolph est-il taillé pour mener une équipe vers le titre ou est-il simplement un lieutenant de calibre All-Star ?

  • Son contrat XXL. Randolph touchera l’année prochaine un salaire de 17.8 M$. Et l’année suivante, il aura la possibilité de déclencher une player option pour une dernière année de contrat à 16.5 M$. Vu son niveau de jeu actuel, honorable mais loin d’être hallucinant, il ne mérite pas ce genre de contrat. Et son agent ne devrait pas réfléchir longtemps à lui conseiller de ne pas tester le marché à l’été 2014, alors que d’autres gros poissons seront sur l’étalage.

L’année prochaine Randolph sera aux portes du top 10 des joueurs les mieux rémunérés de la ligue, mais cela reflète-t-il vraiment son niveau ? Surtout, Memphis termine la saison avec une masse salariale de 63.2 M$. L’année prochaine elle sera du même acabit mais sans les contrats de Tony Allen, Keyon Dooling, Jon Leuer et Austin Daye, free agents, et sans les rookies. Les trois derniers nommés pourront être resignés pour pas grand-chose ou même abandonnés dans le Tennessee, ils ne changent pas la face d’une équipe mais Tony Allen sera très courtisé et n’est pas restricted.

En le resignant, les Grizzlies ne devraient donc pas être loin de la barre fatidique des 70M$ de masse salariale synonyme de luxury tax. A moins qu’ils décident de ne pas se battre pour leur arrière, mais on n’en doute tellement ce joueur est important dans le dispositif de la meilleure défense de la ligue.

  • Son remplaçant est tout trouvé. En tradant Rudy Gay à Toronto avant la deadline de février, les Grizzlies ont récupéré Tayshaun Prince mais aussi et surtout Ed Davis. Le 13ème choix de la draft 2010 a explosé cette année et Memphis a eu le nez creux.

Car Davis était utilisé comme homme à tout faire au Canada. Tantôt sur le banc, tantôt dans le cinq. Tantôt pour 2 minutes, tantôt pour 30. Mais malgré cela il termine les trois premiers mois à Toronto avec des moyennes encourageantes : 9.7 pts et 6.7 rebonds avec une moyenne au shoot de 65% !

Débarqué à Memphis, il se trouve coincé derrière Randolph, joue peu mais tente d’apporter encore. Il mérite clairement mieux que de se retrouver bloquer derrière Z-Bo.

  • A 31 ans, Randolph est plus proche de la fin que du début, même si d’autres joueurs se plaisent à nous prouver le contraire. Il va entamer sa 13ème saison NBA et ses statistiques commencent à chuter doucement mais sûrement. Malgré le fait qu’il soit le leader du vestiaire des Grizzlies et le meneur d’hommes de la franchise, d’autres joueurs ont su imposer leurs qualités cette saison. De telle sorte que Randolph ne soit plus aussi important qu’il pouvait l’être il y a quelques mois. Conley, Gasol, Pondexter, ils ont su prendre leurs responsabilités durant ces playoffs, à l’inverse parfois de Randolph. Déjà l’année dernière, Randolph avait échappé à la sanction suite à l’élimination hâtive. Malgré les premières finales de conférence de la franchise, il doit rester un goût amer chez les dirigeants après le coup de balai infligé par les Spurs.

Randolph reste une monnaie d’échange importante et il ferait le bonheur de beaucoup de franchises de la ligue. De plus, Memphis n’a aucun choix du 1er tour pour la prochaine draft et pourrait être intéressé par récupérer un top pick malgré le niveau faible affiché par cette cuvée.

Le choix de Débats Sports :

Cleveland a clairement annoncé, tout comme Washington, qu’un trade incluant respectivement leurs premier et troisième choix n’était pas à exclure. Dès lors, Memphis doit se sentir concerné lorsque ces deux franchises annoncent vouloir rechercher un All Star en puissance. On voit mal Cleveland mettre Thompson sur la touche, mais les Wizards ont toujours du mal avec leurs intérieurs blessés (Néné, Okafor) ou jeunes (Séraphin, Booker) et ajouter un nouveau rookie à ce jeune effectif semble délicat. Alors voici :

Memphis >>> Zach Randolph + Choix n°41 + choix n°60 >>> Washington

Memphis <<< Choix n°3 + Emeka Okafor * <<< Washington

* : ou Néné si Okafor active sa ETO

  • Gajs

    Tu le démontres bien : sa finale de Conférence totalement manquée, son salaire exorbitant et un statut de leader de plus en plus partagée au sein du roster ne plaident pas en faveur de la poursuite de l’aventure commune entre les Grizzlies et Z-Bo.
    Par ailleurs, je ne serai pas surpris que son cas personnel ne soit pas étranger au sort réservé à Lionel Hollins (qui n’était pas favorable au transfert de Gay).
    La direction de la franchise a démontré avec le trade de Gay qu’elle était prête à se séparer des joueurs dont elle ne peut plus assumer les émoluments.
    S’ils veulent resigner à Tony Allen et procéder à quelques ajustements, sans payer la luxury, ils vont être plus ou moins contraints de se séparer de Z-Bo.

    A la première lecture, j’étais suis un peu moins convaincu par la destination.

    En effet, l’arrivée de Randolph serait à mon sens un peu précoce dans le processus de reconstruction de la franchise de la capitale. Si le trident Wall-Beal-Randolph constitue un big three plus que séduisant et devrait permettre aux Wizards de revenir en post-season, il ne leur permettra pas de jouer le titre à moins que Z-Bo nous fasse une fin de carrière à l’image de celle de Tim Duncan. Toutefois, les Wizards peuvent aussi espérer faire ce retour en PO en conservant leur troisième pick, et en procédant à un ou deux ajustements supplémentaires.

    Mais n’étant pas particulièrement convaincu par Otto Porter (un Evan Turner bis) sur qui ils peuvent difficilement faire l’impasse (Georgetown, poste 3), je me suis fait une raison. La présence de Z-Bo et le regain de compétitivité de la franchise pourra aussi permettre de s’assurer de la prolongation de contrat de Wall. A son contact, Séraphin et Booker peuvent progresser jusqu’à devenir des monnaies d’échanges plus conséquentes.

    Les Wizards disposeraient alors de 4 choix du second tour qui pourrait aussi servir de contreparties ou être utilisés pour sélectionner des prospects à développer (Goodwin, Abrines, etc…).

    Deal validé 😉

  • Pingback: Les Grizzlies doivent-ils trader Zach Randolph ? | Daily Sport()

  • Gregdu91

    Attention tout de même également aux Houston Rockets qui clamait clairement leur intérêt pour Randolph plus tôt dans la saison. Même si leur priorité reste de signer Dwight Howard ou Josh Smith en second choix, Daryl Morey, GM de la franchise texane, est un homme quelque peu impulsif et plein de surprise. Ça ne m’étonnerait pas de le voir tenter de s’aligner et je dois dire qu’en fervent fan de Houston depuis des années, l’arrivée d’un joueur tel que Randolph, même si celui ci est légèrement sur le déclin, ne me déplairait pas non plus 😉