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Les carnets de scout de Débats Sports : Ben McLemore

Alors que la March Madness approche, le début de saison NCAA a permis aux aficionados de la NBA d’avoir des premiers éléments de réponse à leur question annuelle : Quel universitaire pourra s’imposer comme le visage de la franchise qui le choisira à la fin du mois de juin ?

Il est encore tôt pour affirmer l’identité des premiers appelés mais nous avons tout de même choisi de vous présenter quelques têtes d’affiche. Tout au long de la semaine, nous vous livrerons les carnets de scouts de notre draftologue au rythme d’un prospect par jour, avant d’envisager quelles pourraient être leurs franchises d’accueil.

Troisième épisode avec la présentation de Ben McLemore.

Ben McLemore

La carrière de l’étudiant de l’université de Kansas n’a pas été un long fleuve tranquille.

L’arrière a dû changer deux fois de lycées plus jeune. Son premier établissement avait en effet été fermé par l ‘Etat du Missouri tandis que le joueur s’était fait exclure du second pour avoir enfreint le règlement de l’équipe sportive.

McLemore a par la suite été arrêté sur le campus de Kansas pour ne pas s’être présenté à une audience, ayant été auparavant surpris une nuit par un agent en possession d’alcool alors qu’il était mineur (le seuil de la majorité est de 21 ans aux Etats-Unis ndlr).

Enfin, le Jayhawk a été déclaré inéligible par la NCAA pour sa première année à l’université en raison de ses résultats académiques, ce qui explique son âge avancé pour un freshman (première année ndlr).

Nul doute que son passé et son âge avancé pour un freshman seront remis sur le tapis quand la Draft viendra.

Autorisé cependant par la ligue à s’entrainer à partir du mois de Janvier, l’arrière a profité de sa saison blanche pour travailler son corps et son shoot et pour apprendre les systèmes de l’équipe que Thomas Robinson emmena jusqu’à la finale du tournoi NCAA avant de s’incliner face au Kentucky d’Anthony Davis.

Le prospect se présente avant tout comme un shooteur.

La première chose qui frappe chez le Jayhawk, c’est la pureté de sa mécanique de tir qui n’est pas sans rappeler celle de Ray Allen.

La vitesse du jeune homme lui permet de se démarquer de son adversaire direct pour récupérer la balle et enclencher son geste sans tarder.

Ses capacités athlétiques viennent par ailleurs combler un relatif déficit de taille, handicap rendant l’intéressé plus facilement contrable.

Une première limite au jeu de McLemore se situe ici.

Catch and shooteur de haute voltige, il n’en reste pas moins friable quand il doit se créer lui-même ses opportunités.

Ainsi, le pourcentage de tentatives transformées est bien plus important chez le futur joueur NBA quand ses pieds demeurent immobiles que quand il se voit forcé de tirer après un dribble.

Pourtant utile au niveau supérieur, la création du jeu de l’arrière ne se manifeste pas plus pour ses coéquipiers que pour lui-même.

La responsabilité en revient à nouveau à sa conduite de balle mal assuré, qui constitue sans doute la première aire dans laquelle il doit progresser.

Alors que le pick-and-roll constitue une tactique de base que tout poste 2 doit posséder dans son arsenal, le Jayhawk n’y trouve pas réellement sa zone de confort.

Ben McLemore est en revanche généralement plus à l’aise lorsqu’il s’agit de finir dans le jeu en transition, capable de ponctuer ses contre-attaques de floaters.

Si la vélocité, la détente, et plus généralement les qualités athlétiques déjà évoqués sont des atouts de premier plan dans ce domaine, l’arrière y connait pourtant des ratés.

Sont en cause avant tout les changements de tempo et de direction que le porteur de balle a alors du mal à opérer.

Intelligent sur le plan basketballistique, l’étudiant travaille probablement d’arrache-pied sur cette lacune de maitrise du ballon puisqu’au demeurant, le jeune Ben n’est pas particulièrement mauvais passeur.

Contrairement à d’autres au même âge, McLemore fait preuve non seulement de lucidité mais aussi d’un altruisme exemplaire, ce qui en fait un coéquipier apprécié sur le parquet.

On ne voit jamais en effet le prospect se risquer à forcer les choses sur des possessions risquées qui font s’arracher les cheveux les coaches du monde entier.

Enfin, une dernière limite de l’arsenal de l’étudiant de Kansas réside dans le peu de coups de sifflets qu’il provoque quand il décide d’attaquer le panier, mais un stage intensif avec certains NBAers, ou Rudy Fernandez, pour étoffer son jeu d’acteur, ainsi que le statut de haut drafté devraient déjà le faire progresser dans un premier temps.

Défensivement, l’arrière de Kansas garde toujours une attention importante pour son vis-à-vis qu’il limite efficacement à quelques rares exceptions.

La volonté de mettre le poste 2 adverse sous l’éteignoir suinte du jeune homme pour le plus grand plaisir des puristes de la balle orange et les longs bras du prospect font le reste pour faire baisser le pourcentage du rival d’un soir.

De plus, la vitesse latérale du prospect lui permet de couvrir aisément une grande partie du demi-terrain.

En conséquence, il n’hésite pas à apporter de l’aide à un coéquipier pour déstabiliser le porteur du ballon dans la mesure où il a la capacité de revenir en un clin d’œil sur l’attaquant dont il doit se charger.

Il s’agit là d’un autre élément qui fait gagner de la popularité dans le vestiaire.

L’arrière s’acharne également à se mêler à la bataille du rebond quand elle se déroule près de lui et il en tire parfois les marrons du feu.

Plus intéressant encore, le jeune Ben va se frotter aux géants adverses au rebond offensif et fait alors preuve d’une combativité sans faille.

Tandis qu’un bon stoppeur se définit en premier lieu par sa volonté, il n’est pas erroné d’affirmer qu’avec son shoot, le secteur défensif demeure la principale force de l’arrière.

En résumé, malgré les lacunes béantes dans le jeu du Jayhawk, Ben McLemore reste un basketteur extrêmement agréable à voir évoluer sur le parquet que ce soit par son jeu ‘smoothy’ ou par sa rage de vaincre de tous les instants, et il aura tout le loisir à l’avenir de progresser sur ses points faibles.

Jusqu’où peut aller l’arrière de Kansas alors ?

La réponse tient dans le nom de la ville qui lui souhaitera la bienvenue à la fin du prochain mois de juin.

Le jeune Ben peut se spécialiser dans un rôle de défenseur extérieur de premier plan qui attend dans le corner pour planter quelques banderilles longues distance quand le besoin s’en fait sentir, à l’image d’un Thabo Sefolosha ou du rôle dévolu à Nicolas Batum lors de ses premières années dans l’Oregon.

Cependant, s’il décroche l’honneur d’être sélectionné parmi les premiers lors de la cérémonie qui l’introduira dans le monde professionnel, gageons que l’équipe concernée aura à cœur de lui confier de plus grandes responsabilités et que son jeu se développera en conséquence.

Dans les deux cas, il y a fort à parier que le jeune Ben trouvera un moyen de se rendre précieux à la franchise qui lui donnera sa chance.

Stats : 16,1 points à 51%, dont 44,6% à 3 points, et 5,4 rebonds ainsi que 2 passes décisives en 30,9 minutes.

Demain vous avez rendez-vous avec Cody Zeller.