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Les carnets de scout de Débats Sports : Anthony Bennett

Alors que la March Madness approche, le début de saison NCAA a permis aux aficionados de la NBA d’avoir des premiers éléments de réponse à leur question annuelle : Quel universitaire pourra s’imposer comme le visage de la franchise qui le choisira à la fin du mois de juin ?

Il est encore tôt pour affirmer l’identité des premiers appelés mais nous avons tout de même choisi de vous présenter quelques têtes d’affiche. Tout au long de la semaine, nous vous livrerons les carnets de scouts de notre draftologue au rythme d’un prospect par jour, avant d’envisager quelles pourraient être leurs franchises d’accueil.

Cinquième épisode avec Anthony Bennett.

Anthony Bennett

L’intérieur canadien d’UNLV (acronyme d’University of Nevada, Las Vegas) est un de ces joueurs qui font aimer le basket. Anthony Bennett suinte littéralement l’amour du jeu, exprimant sa passion après chaque shoot réussi. Lorsqu’on le voit jouer, une évidence s’impose : ce garçon est né pour marquer des paniers.

Le jeune homme dispose d’abord d’un shoot fiable, peu commun pour un intérieur de 20 ans, qui lui permet de s’écarter jusqu’à la ligne à trois points.

De plus, le prospect fait preuve d’une remarquable aisance balle en main.

Associée à sa grande rapidité, Bennett peut se frayer un chemin en dribblant vers le panier et en débordant son vis-à-vis à la manière d’un arrière, ce qui le rend presque innarêtable.

Très conscient de la force de son corps épais et de son explosivité, conscience acquise pendant ses campagnes avec l’équipe nationale junior, l’intérieur n’éprouve aucune difficulté à se défaire de son défenseur et n’hésite pas à ponctuer ses chevauchées fantastiques de dunks tonitruants .

En revanche, sa qualité intéressante de dribble, qui pourrait asseoir le jeune Anthony dans un rôle de point forward, est malheureusement pondérée par un manque d’altruisme du basketteur qui, fréquemment, ne voit  plus alors ses coéquipiers et tente de faire la différence seul.

Gare au syndrome Carlos Boozer !

Il montre une activité de tous les instants au rebond offensif,  en faisant nettement sentir sa présence et en récoltant régulièrement de précieuses munitions qu’il convertit souvent immédiatement par des claquettes.

En outre, il gagnerait à travailler son jeu dos au panier et ses hook shots, qui lui seront utiles dans la grande ligue.

Mais le gros problème de Bennett réside de l’autre côté du parquet. En effet, quand il s’agit de protéger son panier, l’étudiant du Nevada montre parfois autant de conviction que Roger Hanin dans ses performances d’acteur.

Le freshman a tendance à ne pas se battre à la position, et donc à laisser à son adversaire direct un chemin sans trop d’obstacles vers le panier. Bennett manifeste aussi par périodes un manque de concentration dans le domaine du rebond défensif.

Pourtant doté d’atouts – qualités athlétiques, bras longs, bonnes mains – capables de noircir la feuille de stats, l’intérieur ne prend pas autant de rebonds qu’il en est capable. Mais la nonchalance, défaut de jeunesse (sauf dans le cas d’un certain Andrea B.), dans ce secteur du jeu du prospect peut être facilement corrigé sous les ordres d’un formateur compétent.

En résumé, l’on pourrait dire, si Bernard Henri-Lévy n’avait pas rayé cette expression du vocabulaire pour l’éternité, que c’est le jour et la nuit entre l ‘application offensive et défensive du jeune poulain.

Un obstacle plus difficilement surmontable est inscrit dans l’ADN du joueur puisqu’il souffre d’un mal qui touche des joueurs de toutes générations : c’est un tweener.

Le beau bébé qui joue ailier fort ne dépasse pas les 6 pieds 7 inches, ce qui en fait un basketteur plus petit que Lebron James à titre de comparaison. Le standard  pour le poste 4 en NBA se situe plutôt aux alentours des 6 pieds 9 inches même si des ailiers forts un peu moins grands, comme Paul Millsap, sont parvenus à compenser ce déficit.

Le pauvre pensionnaire de l’université de Las Vegas devra donc mettre les bouchées doubles tant la taille est un frein difficilement surmontable pour tout intérieur qui veut atteindre l’élite de sa position, en particulier pour un attaquant qui privilégie le jeu face au panier.

Espérons pour le sympathique canadien qu’une histoire de centimètres ne vienne entamer ses rêves de star.

Stats : 18 points à 55,1% dont 41,5% à 3 points, 8,4 rebonds dont 2,8 offensifs en 28,3 minutes.

Rendez-vous demain avec Alex Len pour l’avant-dernier prospect.

  • Intéressant ces articles sur la NCAA !

    Petite question : tu dis qu’il s’applique peu à défendre mais dans sa ligne de stats il est à plus de 5,5 rebonds défensifs par match, ce qui est quand même une belle performance !

    • Anthony Dubourg

      Tu as raison. J’entendais par son manque d’implication plutôt la tendance à ne pas chercher à stopper son adversaire direct, au poste notamment.

      Il peut donc très bien protèger l’arceau en prenant la position préférentielle au rebond mais dans l’affrontement homme à homme, il ne se donne pas vraiment