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Les Bulls sans Derrick Rose, qu’est ce que ça vaut ?

Chicago avait tout pour enfin retrouver les sommets, eux qui n’avaient pas vécu de finales depuis le départ (définitif) de Jordan en 1998. Alors qu’ils avaient atteint les play-offs dix fois sur dix entre 1988 et 1998, ils n’ont pu voir la post season que trois fois durant la décennie suivante. Mais 2008 sonna comme un renouveau avec la draft de Derrick Rose en première position et son titre de rookie de l’année la saison suivante.

S’en suivront deux éliminations au premier tour, puis une désillusion en finales de conférence en 2011 face au Miami Heat, malgré la présence du MVP dans leurs rangs. Alors que la saison suivante aurait du être celle de la confirmation et du retour en finales, les Bulls ont pris de plein fouet la blessure de Rose face aux 76ers. Pourtant les dirigeants avaient mis les bouchées doubles durant la pré-saison pour pallier la faiblesse du poste 2 et le recrutement de Rip Hamilton. Cette année sera dans la même veine, puisque les Bulls devront faire sans leur meneur all-star durant les trois quarts de la saison régulière. Pourront-ils limiter les dégâts ?

Heureusement pour eux, ils savent à quoi s’attendre. Déjà durant la saison régulière dernière, Chicago a du disputer 27 matchs sans son meneur. Et sur ces 27 matchs, les Bulls n’en ont perdu que seulement 9. Et face à des franchises d’un haut niveau (Miami, Houston, Portland, Denver, Thunder…). De là à dire que Rose n’est pas indispensable à la franchise, c’est à la limite de l’hérésie.

Durant l’absence du MVP en titre, le coach Thibodeau a mis en place un système collectif de haut niveau. Tout le monde a haussé son niveau de jeu. Que ce soit dans les titulaires (Noah, Deng) ou dans la rotation (Lucas, Gibson), les Bulls ont réussit à combler le vide laissé par l’ancien meneur de Memphis.

Néanmoins tout n’est pas rose (facile). Sans lui, les Bulls ont tout de même été éliminé par les 76ers. Vainqueurs de la saison régulière, les Bulls ont été sortis par la dernière équipe qualifiée pour les play-offs, imitant ainsi les Spurs, sortis par les Grizzlies l’année passée. Et de quelle manière ! Vainqueurs du premier match, avec un Derrick Rose meilleur scoreur du match, mais blessé à quelques minutes de la fin. S’en suivront trois défaites de rang, dont une à domicile, malgré le bilan de 26 victoires pour 7 défaites en saison régulière. Certes la blessure supplémentaire du pivot titulaire a fini d’enfoncer les Bulls, mais la différence de niveau était pourtant criante entre une équipe au top de sa forme et une équipe des 76ers en perte de vitesse au fil de la saison.

Alors que le retour de Rose est prévu pour le All Star Game, l’effectif actuel devra faire de son mieux pour placer les Bulls dans la meilleure situation avant la dernière ligne droite dans la course aux play-offs. Cependant, on peut douter de la capacité de l’équipe à relever la tête.

Déjà, la grande inconnue demeure dans l’état psychologique du roster. On les avait laissé anéanti à l’issue du premier tour, auront-ils digéré la désillusion et sauront-ils relever la tête pour faire honneur à leur meneur ?

Ensuite, il ne faut pas minorer l’impact du coach dans la réussite de la franchise. Thibodeau a réussi à s’imposer comme un des meilleurs coachs de la NBA, et pourtant le front office refuse toujours d’envisager une éventuelle prolongation de contrat. Et un contrat qui devra au minimum égaler l’offre faite au coach du Thunder, Scott Brooks, prolongé pour 18 millions de dollars sur quatre ans. Alors certes, les dirigeants veulent peut être attendre de voir la capacité du coach à assurer la qualification en play-offs sans Rose, mais n’a-t-il pas déjà prouvé qu’il était le meilleur à son poste ? A trop patienter, il n’est pas impossible que Thibodeau accepte un poste dans une autre franchise.

Enfin, l’intersaison des Bulls n’a pas été très efficace. Ils ont été très judicieux à la draft en sélectionnant un très bon meneur d’avenir, Marquis Teague, ancien de l’université de Kentucky, qui a tout de même sorti des meneurs comme John Wall et Rajon Rondo. Mais pour la suite, on peut rester prudent. Les Bulls n’ont pas perdu de titulaires, mais ont du dire adieu à des éléments solides de la rotation tels Omer Asik (Houston), Kyle Korver (Atlanta) ou Ronnie Brewer (Nets). Et s’agissant des signatures, les arrivées de Nate Robinson, Kirk Hinrich et Nazr Mohammed semblent précipitées. Hinrich n’a pas fait des merveilles à Atlanta même s’il connaît parfaitement la franchise. Robinson vogue de franchise en franchise sans s’imposer réellement et Mohammed, vice-champion avec le Thunder n’a pourtant joué aucune minute face à Miami et à 35 ans, sa condition physique est inconnue.

Pour corser l’addition, on peut aussi se poser des questions sur Luol Deng, tête de gondole de la sélection britannique aux jeux de Londres. A l’instar de Nowitzki, hors de forme après l’eurobasket en Lituanie, on espère que l’ailier all star des Bulls aura été sérieux dans sa préparation.

Néanmoins, malgré toutes ces inquiétudes, on est confiant sur la réussite des Bulls sans Rose. La conférence Est se renforce, mais derrière le Heat et les Celtics, le combat est équilibré entre les Pacers, Knicks, 76ers, Nets et Pacers. On espère juste que Chicago n’échouera pas à l’un des deux derniers strapontins pour affronter les ogres de la conférence dès le 1er tour.