Débats Sports

L’AS Monaco doit-elle renoncer à son régime fiscal dérogatoire pour évoluer dans le championnat de France?

Racheté en décembre dernier par un milliardaire russe, le club de la principauté caracole en tête de la Ligue 2. Et pour cause, cet été, l’AS Monaco a réalisé un mercato à faire pâlir de nombreuses écuries de Ligue 1. Si les dirigeants sont parvenus à renforcer substantiellement leur effectif avec des internationaux confirmés et des jeunes espoirs convoités, alors que Monaco évolue dans l’anti-chambre de la Ligue 1, ils le doivent à une situation fiscale de la principauté particulièrement avantageuse.

Occultée par l’arrivée de QSI au Paris Saint-Germain qui a accaparé toute l’attention médiatique, le changement de dimension du club du rocher, n’en est pas moins réel. Toujours à la recherche de sa première victoire cette saison, le PSG a déjà trouvé son concurrent pour les années à venir. Et le club de la capitale devrait s’activer pour accumuler les titres. L’ASM dispose de sérieux arguments et des ambitions pas moins élevées.

Un recrutement princier.

Alors mal en point en championnat, l’AS Monaco a été rachetée par la société MSI (Monaco Sports Investments) aux mains du milliardaire russe, Dimitri Rybolovlev. 100ème plus grande fortune mondiale, selon la dernière actualisation du magazine Forbes, Rybolovlev n’a pas lésiné sur les moyens depuis sa prise de contrôle du club. Dès le mercato d’hiver la nouvelle direction du club s’est attachée à renforcer un effectif alors pas au niveau du nouveau standing qu’entendent donner au club les nouveaux actionnaires. Pas moins de 9 joueurs ont rejoint la principauté lors du mercato hivernal. Gary Kagelmacher en provenance d’Anvers (2,3 millions d’euros), Andreas Wolf  du Werder Brême (900 000 euros), Nacer Barazite (3M€, Ibrahima Touré, arraché pour la modique somme d’un million d’euros au Ajman Club, Danijel Subasic (Hajduk Split, 700 000€), le grec Alexandros Tziolis qui évoluait au Racing Santander (200 000€), Vladimir Koman (Sampdoria Gênes, 2M€), grigor Tzavellas (Eintracht Francfort, prêté) et Nabil Dirar contre un chèque de 7,5 millions d’euros aux dirigeants du FC Bruges. Un recrutement massif mais pas moins intelligent qui permettra au club de réaliser une excellente seconde moitié de championnat. Une particularité notable de ce recrutement réside dans l’absence du moindre joueur français.

Ce n’est pas un hasard mais le produit de la situation fiscale de la principauté. En effet, la signature en 1963 d’une convention fiscale entre la République Française et la Principauté de Monaco, les ressortissants français résidant à Monaco relèvent du régime fiscal français comme tous les autres contribuables. De ce fait, seuls les joueurs étrangers peuvent bénéficier du régime fiscal monégasque qui consiste tout simplement en une absence…d’imposition. Ce qui explique à la fois la nature du recrutement du club lors des deux derniers marchés et la proportion de joueurs étrangers à Monaco. En effet, au sein de l’effectif club monégasque, on note une surreprésentation des joueurs étrangers. Le recrutement estival renforce un peu plus cette dynamique. Décidé à remonter dès cette saison dans l’élite et à jouer le titre dans un futur proche, la direction sportive monégasque s’est attachée les services de l’entraîneur italien, Claudio Ranieri ainsi qu’une pléïade de nouveaux joueurs…parmi lesquels un Uruguayen (S. Ribas), deux italiens (A. Raggi et F. Roma), un congolais (D. Edinga), un suédois (E. Bajrami), un danois ‘(S. Poulsen) mais pas le moindre candidat au maillot bleu.

La fiscalité monégasque, un avantage décisif ?

En l’espace de six mois, l’AS Monaco s’est constitué un effectif digne de certains gros clubs de l’élite, et a confié sa destinée sportive à un des entraîneurs les plus côtés en Europe. Caractérisation d’un football apatride, l’AS Monaco peut-elle dominer le football hexagonal en raison d’une fiscalité avantageuse ?

Club professionnel depuis 1933, l’AS Monaco a remporté 7 titres de champion de France, 5 coupes de France et une coupe de la Ligue. Le club de la principauté n’a pas attendu la financiarisation du football pour glaner ses premiers titres. De fait, l’avantage fiscal de la principauté ne se formalise qu’au travers de l’arrêt Bosman qui reconnaît aux footballeurs la liberté d’exercer leur activité dans n’importe quel Etat membre et l’lilégalité subséquente des quotas de joueurs nationaux alors en vigueur. Dès 1996, le club monégasque bénéficie d’un avantage comparatif déterminant dans le recrutement de joueurs étrangers que les clubs européens peuvent accueillir sans limites de nombre.

Le club a su mettre en place des filières de recrutements particulièrement efficaces. On songe ici aux filières africaines, scandinaves et sud-américaines qui ont marqué l’histoire récente du club et que les nouveaux dirigeants semblent poursuivre avec les signatures du sénégalais Ibrahima Touré déjà meilleur buteur de la Ligue 2, qui reste sur deux doublés consécutifs, de l’international suédois Emir Bajrami, ou de la pépite argentine recrutée à prix d’or à River Plate, Ocampos. La mise en place de ces filières a bien entendu bénéficié de l’argument fiscal.

Il en va de même en ce qui concerne le centre de formation de l’ASM qui figure parmi les meilleurs de notre pays. Ainsi, selon le classement des centres de formation établi par la Fédération Française de Football, le centre du club du rocher se classe au 4ème rang. Une aubaine pour le club monégasque.

Si le club est dans la capacité de dépenser des sommes astronomiques pour renforcer un effectif déjà bien plus talentueux que ceux de ses concurrents, il le doit aux économies réalisées en matière de cotisations patronales et salariales. Un avantage si décisif ? Depuis 2000, où la question n’avait pas manquée d’être soulevée alors que le club dominait le championnat de France devant le futur hégémon du football hexagonal, l’Olympique Lyonnais, Monaco n’a plus remporté le moindre titre de champion de France. Pire le club a été relégué en deuxième division.

Nous persistons à penser qu’il s’agit d’un privilège exorbitant pour reprendre une formulation gaullienne (le général De Gaulle est à l’origine de la signature de la convention fiscale entre les deux pays, qu’il a plus imposé que négocié avec la principauté). Contrairement à la majeure partie des clubs français, la masse salariale de l’ASM ne constitue pas un fardeau pour la survie économique d’un club destiné à vivre du mécénat.

L’AS Monaco, une incongruité à l’heure d’une nouvelle économie footballistique.

La concurrence de l’AS Monaco est d’autant plus déloyale que l’économie du football semble se diriger vers un nouveau paradigme autour du « grand stade » multifonction, véritable écrin économique des clubs. Le stade Louis II reste désespérément vide. Rares sont les occasions où les 18 523 places du stade sont occupées. Privé de recettes de billetterie et de merchandising, le club de la principauté constitue une anomalie dans le panorama général de l’économie du football professionnel.

Alors que le projet de QSI est de valoriser la marque PSG à l’échelle mondiale en s’appuyant sur le soutien de l’ensemble du bassin de population que constitue l’île de France, le projet monégasque interpelle. Sans bassin de population à même de garnir le Stade Louis II, concurrencée dans son voisinage proche par l’OGC Nice et sa future Allianz Riviera, au sud est de la métropole par l’Olympique de Marseille et le récent champion de France, Montpellier, l’AS Monaco ne peut prétendre à une restructuration économique pérenne.

Le club du rocher est voué à se livrer aux desideratas d’un actionnaire majoritaire dont les volontés à moyen et long termes demeurent obscures. L’attrait de la fiscalité monégasque devrait toutefois proscrire un scénario à la « Malaga » où l’actionnaire principal, le cheik Abdullah Bien Nasser Al-Thani, a changé de lubie deux ans seulement après avoir mis la main sur le club. Mieux, le club monégasque pourrait, une nouvelle fois, tirer profit d’éléments législatifs pour initier une ère d’hégémonie.

Ainsi, l’avantage que représente pour le club monégasque sa fiscalité dérogatoire à celle à laquelle répondent les clubs français, devrait prendre une autre ampleur sous l’influence de trois facteurs :

–       La fin du DIC

Face à l’absence de compétitivité économique des clubs français, le législateur avait introduit le Droit à l’Image Collectif (DIC) afin d’alléger les cotisations patronales et salariales des clubs français. Le dispositif permettait aux clubs de payer un maximum 30% du salaire d’un joueur au titre du DIC. Or le DIC n’étant pas un salaire, il était exonéré de cotisations. Ce système avait été mis en place, en 2004 après que les présidents marseillais, Christophe Bouchet et lyonnais, Jean Michel Aulas, se soient emportés contre l’exception monégasque. En tant que dispositif d’allégement des cotisations salariales, que ne paient pas le club monégasque, ce mécanisme permettait aux clubs français de réduire le poids de leur masse salariale et d’atténuer le privilège monégasque. Le DIC a toutefois été supprimé en 2009, accentuant de nouveau l’écart entre Monaco et les autres clubs.

–       L’arrivée d’un nouveau propriétaire.

Avec l’arrivée de la 100ème à la tête du club, l’AS Monaco a, à l’instar du PSG, clairement changé de dimension économique. Si la volonté de Dimitri Rbolovlev de s’implanter à long terme dans la principauté se confirmer, la conjonction de capitaux illimités et d’une fiscalité inexistante assurerait un pouvoir économique sans commune mesure dans l’hexagone, PSG version QSI compris.

–       L’éventuelle adoption d’une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu à 75% au delà du premier million d’euro qui devrait affecter de nombreux footballeurs évoluant dans l’hexagone.

Si le gouvernement tient les engagements pris par le président François Hollande au cours de sa campagne présidentielle, l’ASM jouirait non seulement d’un avantage comparatif sur ses concurrents mais d’un privilège absolu. Là où pour payer un salaire annuel de 14 millions d’euros net à Zlatan Ibrahimovic, les actionnaires du PSG devraient débourser pas moins de 56 millions, l’AS Monaco se contenterait de verser 14 millions. L’AS Monaco pourrait alors librement recruter les meilleurs joueurs enclins à évoluer dans le championnat de France ou contraindre les qataris à renflouer les caisses de l’Etat.

Reste donc à s’interroger quant à la légitimité d’une entité sportive à figurer dans un championnat alors qu’elle n’est pas soumise aux mêmes règles que ses concurrents. Poser la question revient à y répondre de manière limpide. Evidemment, l’exception monégasque est dramatique en termes de l’égalité des participants à la compétition qu’est le championnat de France de Football. Néanmoins, la situation est insoluble.

L’AS Monaco est assujettie aux mêmes règlementations que les autres clubs français. Affiliée à la Fédération Française de Football depuis 1924, l’AS Monaco est soumise à l’ensemble des réglementations concernant les clubs de football français, qu’elles émanent de la FFF, de la Ligue Professionnel de Football ou même de la DNCG. Monaco défend les intérêts du championnat de France lorsqu’il concoure à des compétitions européennes. Bref, l’AS Monaco est un club du championnat de France à part entière. Les supputations sur une éventuelle intégration de Monaco à la Série A, ne répondent pas à la logique diplomatique de l’Etat monégasque, ni à la réalité empirique internationale. Alors que le G20 n’est pas parvenu à contraindre la principauté à lever les doutes sur son respect de la transparence financière et fiscale, il est peut probable de voir la principauté modifier son régime fiscal au profit de l’égalité d’un championnat sportif qui reste un intérêt mineur pour la principauté comme en atteste son retrait du club.

La domination de Monaco qui semble inéluctable tant que Ribolovlev restera à la tête du club ne manquera pas de soulever le questionnement de la légitimité de sa présence dans le championnat de France. Le questionnement restera vain, les futurs questeurs le savent dès à présent mais au travers de l’exception monégasque ils chercheront à dénoncer les prélèvements obligatoires français qu’ils jugent trop lourds. De là à obtenir l’abandon d’une promesse de campagne électorale…

  • goud

    Ca parle trop d'argent dans cet article. La réponse à la question est incontestablement oui. Il y a le palmarès, la formation, la récente finale de Ligue des Champions. Certes il n'y a pas de public mais je pense que l'AS Monaco a une certaine cote de sympathie en France. Tant d'internationaux sont passés par là. Vivement que ce club historique remonte avec Auxerre et Nantes !

    • Salut Goudroune.
      L'objet de l'article est précisément de traiter la question de l'organisation économique du club monégasque. De ce fait on parle un peu d'argent. Sur le plan sportif il est indubitable que Monaco fait partie des grands clubs évoluant dans le championnat de France de Football.

  • bouba

    Cela fait 10 ans que je n avais plus entendu parler de cette histoire de fiscalité, normal Monaco n allait pas bien et ne dérangé personne . La , le club est repris par un milliardaire , Monaco gagne 4 matchs, devient leader de ligue 2 et tout le monde se reveille,Tout cet article n est que jalousie, Monaco n a pas ou peu de merchandising et je ne parle pas de la billeterie, alors laissons le se rattrapper au moin sur ca .

    • C'est précisément ce que l'on dit dans cet article. Le débat sur les avantages fiscaux dont bénéficient l'ASM ne manquera pas de s'imposer sur la place publique lorsque Monaco reviendra dans l'élite. Aucune jalousie de notre part. On se contente de rappeler les éléments de débats, l'absence de fiscalité sur les salaires des joueurs étrangers évoluant dans le club, au regard d'éléments de rupture à savoir l'arrivée d'un nouvel actionnaire (le désengagement de la principauté), la future réforme fiscale promise par le nouveau président de la République Française.
      Par ailleurs, ce n'est pas parce que Monaco ne parvient pas à se constituer un capital supporter qu'il devient légitime de compenser cet état de fait par une dérogation aux règles auxquelles sont soumis les autres clubs français.
      Enfin nous pointons l'opportunisme des autres dirigeants de clubs qui au travers de la "dénonciation" des avantages fiscaux dont bénéficie l'ASM, cherchent en réalité non pas l'égalité des participants à une même compétition mais l'allégement de leur propre masse salariale au détriment de l'Etat.

  • sephi

    Monaco n'est pas la France, mais ils ont acquit le droit de jouer dans le championnat Français, mais bon la France veut toujours donner des leçons mais ce n'est pas à eux de régir la principauté. Elle a son propre régime fiscale et puis c'est tout. Comme si un club Espagnol entrait par miracle dans le championnat de France, la France irait elle gueuler en Espagne pour dire à son club de faire payer les impôts des joueur à tel pourcentage? l'Espagne les enverrait gentiment se faire voir ailleurs. Bref les choses sont ainsi faites, Monaco c'est Monaco, la France c'est la France, la LFP et la République Française en ont choisi ainsi, on ne refait pas le monde.

    • On ne dit pas autre chose dans l'article. Rien ne contraindra la principauté à revoir son régime fiscal sur le fondement d'un secteur si mineur que le football professionnel. Toutefois, la France a déjà contraint la principauté à revoir son régime fiscal portant sur les français résidant à Monaco.

  • Herve Benard

    puff vraiment m'importe quoi tou cela! Monaco a toujour ete comme cela et ce nait pour cela que quil on deja survoler la ligue comme lyon la fait! tous sa nait que jalousie maitenant que l'ASM a le porte feuille, au pire il devrai se rejouire de cela car sa va faire un bien fout aux championat francais! ce pas pour dire met si cet pour voire des equipe comme momptelier inconu sur la seine europeèine en LDC et ce faire sortir au premier tour sa fera que chuter l'indisse de france au classement! ah les francais le jour ou il seront de quelque chose!

    • La question des avantages fiscaux de l'ASM prend une dimension nouvelle sous l'effet de plusieurs facteurs comme indiqué dans l'article que vous commenté.
      Par ailleurs, à l'instar de ce qui se passe à Paris, l'arrivée de nouveaux investisseurs à Monaco va avant tout faire un bien fou à Monaco.
      La fin du message, je n'ai pas compris.

  • Calo

    Le debat a lieu d'etre. Cependant, Monaco ayant ete admis dans le championnat de France depuis sa creation en 1924 (je crois), il parait incongru de vouloir l'en exclure lorsqu'il truste les premieres places. Nous sommes , pour ainsi dire, englue dans notre perception franchouillarde du probleme. Nous sommes sans doute le peuple le plus feru d'egalite sur la planete. Ce qui explique notre histoire, les droits de l'homme, l'etat providence….Consequence sur le plan economique: on adore jalouser notre voisin quand il a plus que nous ce qui n'est pas une specificite francaise, je l'admets. En revanche, les raisons de "l'echec" incombent toujours aux autres (ca c'est tres francais en revanche).
    Vous obtenez un championnat homogene passionant pour certains, ennuyeux pour d'autres. Une certitude demeure. Nous restons des losers sur la scene europeene. Meme le Portugal et son championnat "minable" nous donne la lecon.
    Mais le francais n'en est pas a un paradoxe pres. Il s'exstasie devant les cadors europeens qui ne doivent leur domination qu'a tout ce que ce meme francais detesterait si ca se produisait dans son propre championnat: dettes abyssales, repartition des droits TV ultra inegalitaires…
    L'argent du PSG et de Monaco beneficiera a TOUT le championnat. En le rendant plus attractif, les droits tele augmenteront. En montant ainsi en gamme la France attirera des joueurs qui jusqu'ici, n'avaient jamais envisage d'y mettre les pieds. L'execrable sante financiere des clubs des grands championnat achevera de rendre la France attractive.

    En definitive quels sont les problemes?

    -Une jalousie bien franchouillarde
    -Que l'investisseur soit a Monaco et pas a Marseille. Qui pourrait generer beaucoup plus d'argent que Monaco et ainsi faire" bien" vivre plus de monde (medias, equipmentiers, emplois locaux…)

    • Merci pour ton commentaire très intéressant Calo. En effet l'ASM a été rattachée à la FFF dès 1924. Le club est devenu professionnel 9 ans plus tard.
      Quelques remarques toutefois:
      – Monaco ne domine pas le championnat pour le moment. Il est seulement en tête de la Ligue 2. Nous pensons que le club est amené à dominer dans les années à venir la Ligue 1 au détriment du PSG grâce à la fiscalité de la principauté.
      – La question que pose l'article n'est pas celui de l'argent dont dispose les actionnaires de Monaco mais la légitimité de la présence d'un club qui n'est pas soumis aux mêmes contraintes que les autres. Au surplus face à l'éventualité de la mise en place d'u nouveau taux d'imposition à 75% au delà du premier million.
      – A l'instar de ce que j'écris sur le PSG, l'arrivée d'actionnaires disposant de moyens incommensurables à Monaco bénéficiera avant tout à Monaco pas aux autres clubs. Partout, la présence de clubs hégémoniques a conduit à une distribution "inégalitaire" des droits TV. Quand Lyon a dominé le championnat sans disposer des moyens du PSG et de Monaco, l'égalité devant les droits TV a vacillé.
      – C'est précisément cette remise en cause que sous-tend la présence de Monaco. Les autres "gros clubs" entendus comme les clubs riches, ne vont pas manquer de se plaindre de cette concurrence déloyale et obtenir des compensations (à l'image de ce qui s'est passé avec le DIC).
      – Enfin, je ne sais pas si c'est de la jalousie mais quitte à voir des milliardaires en peine d'une utilité sociale à leurs milliards, les dépenser dans le football français, je préfère qu'une grosse partie passe dans les caisses de l'Etat et non dans les poches de nouveaux millionnaires.

  • Calo

    Il fallait se poser la question de la legitimite avant d'integrer Monaco au championnat de France. La voila votre reponse. Heureusement que l'argent investi par le proprio profitera a Monaco. Que voudriez-vous? Qu'il en verse un pourcentage aux clubs francais?
    Quand on en arrive a taxer des revenus a 75% et que l'on trouve ca normal, il faut avoir le courage d'aller au bout de sa petite pensee: Il faut changer de systeme les amis. Mais c'est un autre debat.
    Tous les championnats europeens que les francais envient et admirent, possedent 2, 3 ou 4 locomotives. Les autres equipes etant reduites au rang de simples sparring partners. Ils semblerait que ca soit la recette pour gagner une coupe d'europe. Que veut-on? Faire mumuse entre nous dans notre gentil championnat ou gagner des titres continentaux? On en revient a la jalousie et l'egalite. Quel systeme fait consensus en France?
    Concernant l'argent des milliardaires. Ils font evidemment ce qu'ils entendent de leur pognon. Rybolovlev devrait l'investir dans son propre pays. Mais, la encore, c'est un autre debat.

    • Le nouveau taux d'imposition proposé par le candidat concerne les revenus générés au delà du premier million d'euro. Ce n'est pas le débat. Par ailleurs, il conviendrait d'arrêter de généraliser ma pensée à celle de la France…
      Une nouvelle fois, la question se pose dans des termes nouveaux à la lumière de plusieurs facteurs (cf- l'article) dont le plus intéressant concerne la structure économique du club. Alors que l'économie du football plonge dans un nouveau paradigme autour du grand stade et les revenus qu'il doit produire, l'AS Monaco ne peut fonder son organisation économique qu'au bénéfice d'une fiscalité dérogatoire.
      Enfin, il est intéressant de noter que tu abandonnes la thèse du "cela profitera à l'ensemble des clubs français".

  • Calo

    Ne soyez pas si definitif cher Monsieur. J'apporte simplement ma petite contribution a votre site. Je n'ai pas generalise votre pensee. Je faisais une petite remarque sur la politique de Hollande.

    Je n' abandonne pas la these du "cela profitera a l'ensemble des clubs francais". Ils auront de meilleurs joueurs car plus de droits TV grace a la meilleure exposition mediatique du championnat. Par consequent, ils proposeront un meilleur spectacle a leurs supporters. C'est ca le foot non?

    En quoi Monaco ne pourrait pas fonder son organisation economique sur un autre modele? c'est aberrant enfin!
    Si le proprio Russe a simplement juste envie de s'amuser un peu pendant 5 ou 10 ans et de retirer ses billes apres, soit, qu'il le fasse!

    • Comme je vous le signalait dans le message précédent, cela reste à démontrer que les droits TV vont augmenter. Déjà ils sont bloqués jusqu'à en 2016. Il vaudrait donc mieux que Rybolovlev ne retire pas ses billes dans 5 ans. Par ailleurs, et vous l'avez remarqué, la France redistribue de manière plus égalitaire que les autres pays le fruit de la vente de ses droits TV, mais cela n'est que le résultat d'un rapport de force favorable aux petits. Le PSG et Monaco nouvelle formule, alliés à l'OL et l'OM entre autres pourront renverser cet état de fait et donc mettre fin à une répartition égalitariste des droits TV. De fait, les mêmes clubs trusteront les premières places et les droits TV qui vont avec. Cela ne bénéficie pas aux autres clubs français bien au contraire.

      Monaco est libre de ne pas avoir de supporter dans son stade mais une grande équipe sur la pelouse. Le souci c'est que Monaco tire son avantage comparatif de son caractère "extra-national" et est le seul club à ne pas être soumis aux mêmes contraintes que les autres. D'où ce débat, et l'échange que nous tenons. C'est d'ailleurs avec plaisir que nous vous accueillons dans ces colonnes.

  • MarcFitt

    Bien sûr que l'AS Monaco risque d'être un très sérieux candidat au titre pour les prochaines années. La situation fiscale très avantageuse, l'argent dont dispose le club, le cadre de vie exceptionnel, et le projet sportif, ça fait beaucoup de critères qui sont capables d'attirer de très bons joueurs.

    Mais en plus, le club recrute intelligent et recrute jeune ! La remontée en L1 ne fait aucun doute, mais le titre ce n'est pas pour tout de suite, selon moi. Je pense que les dirigeants devraient d'abord se concentrer sur le fait d'accrocher une place européenne.

    • La vraie trouvaille de Monaco l'hivers dernier c'est Ibrahima Touré. Il a un sens du but assez incroyable. Sur le long terme, admettons que Monaco et Paris se dispute un joueur, pour lui proposer un salaire de 14 millions d'euros net le PSG devra débourser 56 millions (hors cotisations patronales et salariales) contre seulement 14 millions pour Monaco (cotisations comprises) (si le président nouvellement élu applique ses promesses, bien entendu). Dès la remontée acquise, ils viseront une place en ligue des champions, pour réaliser l'année d'après un recrutement à l'image de celui réalisé par le PSG cet intersaison.

  • MarcFitt

    Ah oui, 56 millions ? :O
    En effet, y a un écart énorme ! Mais ce qui peut compenser l'écart entre les deux est le fait que le PSG ait un budget bien plus important que Monaco. (la fortune du président de Monaco n'est "que" 500M€ si mes souvenirs sont bons)

    Ce qui sera surtout intéressant de voir c'est si Lyon, Lille ou Marseille peuvent rivaliser à ces deux clubs qui sont annoncés comme futurs géants.

    • Oui si le taux d'imposition à 75% au delà du premier million passe, voilà en substance ce que devrait payer un club français (sauf Monaco) pour payer annuellement le salaire net de Zlatan.
      Par ailleur, Dimitri Rybolovlev est bien plus riche que cela. Il est à la tête d'une fortune estimée à 9 milliards de dollars (soit un peu moins de 7 milliards d'euros) par le magazine Forbes. Largement de quoi investir quelques centaines de millions d'euros dans un club de foot. D'ailleurs, l'ASM n'était pas sa première cible, il avait auparavant tenté d'acheter, sans succès, le Dynamo Minsk.

      Lyon, Marseille, et Lille ne pourront rivaliser même avec leurs nouveaux stades. Il leur faudra renégocier les droits TV de manière moins équitable. C'est à mon sens tout l'enjeu du débat autour de la fiscalité monégasque.

  • MarcFitt

    Alors ce devait être la somme qu'il voulait investir dans le club (500M€)…
    Dans ce cas, il aura sûrement de quoi faire de Monaco est un grand club. Au moins un grand club français qui se défend sur la scène européenne parce que pour titiller les géants du foot, il lui faudra encore quelques années.

    Lyon, je pense que c'est l'équipe capable de tenir tête à ces deux clubs lors des prochaines saisons. Notamment grâce à la qualité de la formation. Alors que pour Marseille et Lille, ça s'annonce plus compliqué si l'actionnaire ne donne pas plus d'argent…

    • Il a annoncé vouloir investir 200 millions d'euros mais sans préciser quand, comment, pourquoi…

      Sur la seconde partie de ton commentaire, cela pourrait faire l'objet d'un article. Je pense qu'à terme Lille est tout aussi bien placé que Lyon, voire mieux.

  • Yann

    La question de la fiscalité des revenus supérieurs à 1 millions est un débat d'idéologie politiques sur les actions à mener pour retrouver la croissance. De l'aveu du président, il ne touchera pas les sportifs si tant est que cette nouvelle loi passe.
    Vous prenez l'exemple, d'une concurrence déloyale mais il me semble que la mondialisation des marchés n'est pas un phénomène nouveau. Pourquoi dans ce cas ne pas empêcher les entreprises étrangères de vendre des produits (de toute sorte) sur le marché français étant donné que les entreprises françaises ont des coûts de production plus élevés (salariale et autres…) que les producteurs étrangers.
    Monaco est considéré comme un club français depuis des décennies. Il a apporté à l’équipe nationale de très nombreux joueurs issus de son centre de formation. Vous dites également que cette manne financière ne profitera pas forcement aux autres club français. Demander donc au responsables auxerrois si la vente de N'dinga ne leur a pas permis de sauver leur club d'une relégation en National (ceci pour un exemple récent).
    Pour finir, je pense que des clubs comme Paris ou Monaco peuvent également tiré le championnat vers le haut sur le plan médiatique et sur sa renommée internationale. Car dans la situation actuelle, nous sommes plus près de perdre des points (et donc des places qualificatives pour les compétitions européennes) au classement FIFA que l'inverse.
    Le régime fiscal n'est pas dérogatoire. Il n'y a aucune trace de dérogation accordée à l'As Monaco pour pouvoir jouer dans le championnat. On parle plutôt de fiscalité d’État. Le cas particulier pour les ressortissant francais qui eux payent leur impôts et du fait d'un accord entre la principauté et le Général de Gaulle et pas d'une condition à jouer dans le championnat.

    • Pour être précis sur la question des "75%", François Hollande a indiqué qu'il envisagerait un rééchelonnement de le l'imposition en fonction du nombre d'années de carrière. Bref une usine à gaz.

      En ce qui concerne le cas N'Dinga, encore heureux que l'AS Monaco donne de l'argent au club auquel appartient le joueur que l'ASM achète. Par ailleurs, Monaco va certainement terminer devant Auxerre dans le championnat de Ligue, occupant une des trois places pour la montée. Je peine toujours à voir en quoi dominer ses adversaires peut en réalité leur bénéficier.

      Après je partage ta remarque sur le rôle que sont amenés à jouer le PSG et Monaco sur l'échelle européenne et donc l'effet bénéfique sur l'indice UEFA de la France que Monaco représente.

      Après, au risque de me répéter, la situation avantageuse que tire Monaco de sa fiscalité différente de celle à laquelle sont soumis l'ensemble des autres clubs français, prend une nouvelle dimension. Ainsi, les conditions qui ont conduit à l'invitation adressée à l'ASM d'évoluer dans le championnat de France, ont radicalement changées…de là à reconsidérer la présence de l'ASM dans le championnat…Dans cet article nous faisons seulement le pari que ce débat s'imposera à moyen terme dans les plus hautes instances du football hexagonal.

  • MarcFitt

    Pour l'histoire de l'imposition, la loi a du mal à passer et serait revue : elle ne concernerait plus les sportifs !

  • rudboy

    la question se pose effectivement,apres qu'est ce qui est reproché à monaco?d'avoir les moyens de ses ambitions.monaco est certes un etat independant mais il est indissociable de la france et y est lié comme aucun autre pays.j'ai presque envie de dire que monaco ressemble presque à une sorte de region autonome comme en espagne.en réalité monaco reste une principauté car cela represente un avantage considerable pour la france.pourquoi?l'attrait de monaco permet d'attirer bon nombre de grosses fortunes mondiales et ainsi d'irriguer l'ensemble de la cote d'azur et du sud-est de la manne financiere des ces milliardaires.de plus monaco genere enormement d'emplois pour la region car la majorité des salariés sont français.monaco est un interet strategique majeure pour la france de par son regime fiscal justement.la principauté joue un role d'aimant pour tout le sud est de la france.les milliardaires n'investissent pas qu'à monaco au contraire mais sur toute la cote car monaco on a vite fait le tour.et comme récisé dans l'article l'asm n'a aucune recette de billeterie et de merchandising.ça compense grandement l'avantage de la fiscalité.avantage tellement peu evident que l'asm meme à son apogée n'a jamais pu dominer le championnat de france,et s'est meme effondrée apres campora car justement le club ne peut pas etre independant financierement…..CQFD