Débats Sports

La nouvelle pépite des Knicks

On peut reprocher un paquet de choses aux dirigeants des Knicks, mais s’il y a bien un domaine que les autres franchises peuvent leur envier, c’est la qualité des choix de draft.
Cette année encore, armé d’un 24ème choix de draft, New York décide de récupérer Tim Hardaway Jr. Choix contesté puisqu’il semblait plus logique de drafter un intérieur de taille. L’équipe a donc préféré prendre le meilleur joueur disponible que de combler un poste dont le besoin était devenu urgent.
Le fils du quintuple All Star, tout droit arrivé de Michigan, dépose alors ses valises à Gotham et certains (nous les premiers) le voient déjà se contenter des quelques minutes laissées par Iman Shumpert, JR Smith, Carmelo Anthony voir Raymond Felton lorsque le coach joue avec deux meneurs.
Mais il n’en fût rien. JR Smith est suspendu les 5 premiers matchs de la saison pour une histoire de drogue. Le rookie va alors montrer au coach et à la NBA qu’il ne se contentera pas de simples minutes par-ci par-là. On comprend rapidement qu’il est au-dessus de pas mal de jeunes joueurs de draftés avant lui dans sa gestion du jeu. Bien sûr, il fait des erreurs de rookie, mais rien de grave.
Arriver dans une franchise réputée, avec une médiatisation importante et composée de joueurs qui traînent depuis un moment dans La Grande Ligue, n’était pas chose aisée. Mais avoir un père ancien joueur NBA, comme guide n’est pas donné à tout le monde.
On sent dès le début une maturité chez ce joueur de 21 ans. Aux côtés de joueurs ayant une sacré gonfle, il ne se laisse pas faire et tente. Son shoot qu’il a travaillé cet été, passant d’un 42-34-72 en moyenne à Michigan contre un 47-41-83 désormais, n’a plus qu’à faire le reste.
Il a également un statut « d’energizer ». Dès qu’il rentre sur le terrain, l’attaque semble de suite plus fluide lorsqu’il touche le ballon. Parce que oui, bien souvent il est laissé par le coach dans un corner. Mais dès qu’il s’agit de jeu en transition, il répond toujours présent et connaît une belle finition en 1 contre 1. Doté de jambes composées de dynamites, il est également capable de réveiller l’équipe et le Madison sur un énorme dunk ou alley oop !
dunk-Tim-Hardaway
Lorsqu’il dirige l’équipe dans le garbage time, il nous montre d’autres de ses points forts. La capacité à shooter de loin ou se créer un accès au panier, son premier pas rapide, son adresse sur catch and shoot ou encore calmer le jeu lorsqu’il le faut.
Rien à dire, offensivement, il est présent et ses 9,3 points de moyenne (4ème chez les rookies) le montrent.
« La défense est l’élément clé de mon jeu, je vais essayer d’être meilleur dans ce domaine. »
Voici ce qu’il a déclaré aux médias en début de saison. Aujourd’hui, on remarque encore beaucoup de lacunes chez ce joueur défensivement. Il ne fait pas toujours preuve d’envie dans ce secteur et est parfois inattentif par rapport à son attaquant qui ne fait pas la fine bouche pour quelques points supplémentaires.
Ses appuis latéraux sont encore lents et il se fait régulièrement dépasser dès le premier pas de l’adversaire. Heureusement, il est solide athlétiquement et parvient à atténuer ses erreurs.
Mais ne faisons pas les alarmistes, il est loin d’être un rookie horrible dans ce domaine. Il se contente juste du minimum et quand on voit le potentiel du joueur on en veut toujours plus.
Rapidement, Tim Hardaway Jr s’est donc fait sa place dans l’effectif des Knicks et le coach semble lui donner de plus en plus de crédit. Par exemple dès le second match de la saison, face aux Chicago Bulls et bien aidé par une contre-performance d’Andrea Bargnani, il a disputé la quasi-totalité du 4ème quart-temps dont le money time. Il obtiendra même le match suivant le statut de 6ème homme puis une place de titulaire pour son 18ème match en carrière.
Les attentes du club, envers celui qui vient d’être sélectionné pour le Rising Stars Challenge, sont aujourd’hui largement dépassées et même revues à la hausse. Mike Woodson semble le préférer en tant que leader du banc et il n’a pas forcément tord. On le voit pour l’instant comme un 6ème homme en devenir, plutôt qu’en titulaire. Mais il n’est qu’au commencement de sa carrière prometteuse et accompagné d’un père le surveillant et le guidant correctement, nous n’attendons qu’une chose de sa part, qu’il nous surprenne encore.

  • AnthonyDubourg

    Je partage l’enthousiasme de l’article concernant ce joueur que je n’attendais pas à pareille fête, dans une équipe supposé viser le titre de surcroît.

    Je vois deux bémols, cependant, à ajouter:

    1) D’abord, je ne suis pas sûr que les Knicks soient jalousés pour leur gestion de la Draft. Ils ne sont pas les plus mauvais certes mais ils font régulièrement des erreurs, comme toutes les franchises (sauf les Spurs ^^), y compris dans un historique récent.
    Le cas Jordan Hill me revient notamment…

    2) Ensuite, j’ai peur que Tim Jr ne vienne rejoindre la collection de « feux de paille ».
    J’entends par là des débutants dont on a fait grand cas le temps d’une saison avant qu’ils ne rentrent dans le rang (ou, plutôt, que les jugements portés sur eux redeviennent raisonnables).
    Jeremy Lin est le nom le plus évident.
    Mais ce qui guette Hardaway est bien plus une trajectoire de type Landry Fields, rookie évoluant au même poste, dans une cuvée peu dense, auteur lui aussi d’une première campagne correcte.

    Depuis, il est resté le joueur correct qu’il était.

    Que l’on avait surestimé car New York est New York.

    J’ai lu à plusieurs reprises également que Shumpert n’atteignait pas (encore?) le niveau que beaucoup attendait de lui.

    Si on quitte le champ des draftés, le même phénomène s’était produit à l’arrivée d’un Stoudemire de calibre MVP (cas à part car dû aux blessures) conjuguée à celle de Raymond Felton (propulsé alors parmi les meilleurs meneurs).
    Le soufflet est là encore retombé.

    La franchise ne me semble toujours pas remise de ses années 2000 et se trouve vraiment à la croisée des chemins.
    Cette recherche permanente de nouveaux héros, qui se révèlent, la magie passée, de simples bons joueurs, dévoile le manque de stabilité de New York, dont l’effectif apparait désormais plutôt moribond.
    Avec des picks de Draft distribués à l’encan, et un Melo dans le doute et en fin de contrat à l’été 2014, la franchise n’a aucune visibilité à moyen et long terme.
    Les chances de titre pour cette année sont minces, alors que les Playoffs ne sont pas acquises.
    Les fans de la Grosse Pomme peuvent trembler…

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