Les conséquences de la blessure de Kevin Love

debats sports image par defaut
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Au cours d’une bataille pour un rebond, Kelly Olynyk a (intentionnellement ou non) coincé le bras de Kevin Love sous le sien tout en continuant de poursuivre le ballon. Résultat : luxation de l’épaule pour l’intérieur de Cleveland.

« C’était un coup bas. Il ne fait aucun doute pour moi que c’était intentionnel.

J’espère que la ligue y jettera un oeil et prendra les mesures nécessaires. »



Malgré cette grosse frayeur, Kevin Love a déclaré se sentir mieux après le match. Il suivra une série d’examens à Cleveland aujourd’hui, mais il espère pouvoir jouer au second tour face au gagnant de la série Chicago-Milwaukee.

« Heureusement » pour l’équipe, c’est l’épaule gauche de Love qui est touchée. Ce n’est donc pas son côté dominant qui est affecté. Des joueurs comme DeMarcus Cousins ou Glen Davis ont déjà été dans cette situation l’an dernier et n’ont manqué aucun match. Le point positif, c’est qu’il s’agirait de la même blessure.

Malheureusement pour l’équipe, si les examens dévoilent une déchirure dans l’épaule de Love, il se pourrait que l’opération soit impérative. Dans ce cas là, sa période d’indisponibilité pourrait être évaluée à plusieurs semaines. Avery Bradley, des Celtics justement, a connu cette blessure auparavant et avait manqué 10 matchs de saison régulière après son opération. Sa saison était cependant déjà terminée. Il lui aura fallu quatre mois de rééducation pour reprendre la compétition.

Ceci dit, ce n’était pas la seule action regrettable de la soirée. Peu après la blessure de Love, Kendrick Perkins n’a pas manqué de « venger » son coéquipier en posant un gros écran sur Jae Crowder. N’ayant pas apprécié ce geste, l’ailier des Celtics s’est empressé de se relever pour confronter Perkins. Kyrie Irving est intervenu mais cela n’a pas suffit à empêcher une sorte de mêlée générale entre joueurs frustrés. Le pivot des Cavaliers s’en sortira avec une simple faute technique.

Au retour des vestiaires, le ton n’aura toujours pas baissé entre les deux équipes et J.R. Smith ne manquera pas de lâcher un coup au visage de Jae Crowder (encore lui). Sur cette même action, le numéro 99 de Boston se blessera au genou, le rendant indisponible pour le reste de la rencontre. Smith, quant à lui, sera immédiatement expulsé avec des conséquences potentielles plus graves.

J.R. s’est par la suite excusé de son geste, mais on doute que la ligue prenne ses déclarations en compte au moment de le sanctionner.

Je suis très nerveux à l’idée de me faire suspendre. Je ne voulais pas que ça arrive, je compte prendre de ses nouvelles (Crowder).

J’ai déjà été dans cette situation avec la ligue, et ça ne me plait pas du tout. Malheureusement, c’est mon équipe qui va en payer le prix.

La suite du match sera relativement plus calme, tout en conservant la même tension entre les deux équipes. Au final, ce sera une victoire pour Cleveland, et donc un sweep face à Boston. Cependant, on peut regretter que les arbitres n’aient jamais vraiment eu le contrôle du jeu dans cette série. En plus de leurs erreurs communes (et humaines, on ne peut pas leur reprocher de ne pas être parfaits), il faut y ajouter un mauvais rythme instauré au fil des matchs.

Il serait bien trop exigeant mentalement de lister chaque faute excessive sifflée (ou non) au cours de cette série, et surtout impossible même avec les données à portée de main. Cela dit, on remarque que le nombre de fautes personnelles sifflées au cours de chaque match a été anormalement irrégulier : 52, 44, 41 et 53.

Exemple de l’arbitrage inattentif avec cette faute de Isaiah Thomas à la fin du Game 4. Selon les règles, aucun joueur n’a le droit d’entrer en contact avec celui qui remet le ballon en jeu. Pourtant, juste devant l’arbitre, Thomas pousse (ou touche légèrement) LeBron James avant qu’il ne déclenche sa passe. Cela conduira à une perte de balle des Cavaliers et rallongera le match bien plus longtemps que nécessaire.

Si cette faute n’a pas eu de grande incidence sur l’issue du match, d’autres de ce type ont peut-être influencé les futures décisions des arbitres, ou même laissé penser aux joueurs qu’ils pouvaient s’en tirer avec des contacts illégaux.

Depuis le Game 1, les arbitres n’ont jamais su répondre de manière appropriée aux poussettes dans le dos, aux fautes pour les rebonds et autres petits coups habituels entre joueurs. Progressivement, ces petits coups se sont transformés en fautes dures, sans que les arbitres ne réagissent. Cela étant devenu une habitude pour eux, les joueurs ont donc logiquement été désorienté lorsqu’un autre groupe d’arbitres sifflait différemment.

Doucement mais sûrement, la tension et la frustration est montée entre les joueurs. « Comment se fait-il que les poussettes habituelles sont sifflées au Game 3 mais pas au Game 1 ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas donner une raison aux arbitres de vraiment siffler avec une faute dure ? »

Vous voyez le chemin qu’on prend ? Petit à petit, l’intensité augmente, les mauvais coups se multiplient et nous conduisent aux incidents du Game 4. Résultat : une blessure à l’épaule pour Kevin Love, un accrochage provoqué par Kendrick Perkins, une blessure au genou pour Jae Crowder, une suspension potentielle pour J.R. Smith et des rencontres bien plus physiques que nécessaire.

Pour David Blatt, les arbitres ont joué un rôle crucial dans les événements de cette série. Lorsqu’on lui demande si les arbitres sont en partie responsables pour ce qui s’est passé durant le Game 4, il répond :

« Bien sûr que oui. Si vous ne contrôlez pas le déroulement du match de bout en bout, ce genre de chose va forcément se produire à un moment donné », au sujet de l’écran de Perkins sur Crowder.

Au sujet de l’action de Smith, Blatt n’y voit qu’une réaction à un précédent contact, mais avoue ne pas avoir regardé le replay. Il espère que la ligue ne sera pas trop sévère avec J.R.

On ne doute pas du fait que la ligue publiera un rapport expliquant en détail les fautes manquées en fin de match, comme ils ont pris l’habitude de le faire. Le problème est plus important et ces derniers matchs de Playoffs n’ont fait que l’exposer. Le problème concerne les arbitres étant irréguliers et inconstants dans leurs prises de décision. Ce n’est pas une première, cela ne date pas d’hier, mais ça influence tout de même l’attitude des joueurs sur le terrain (nous incitant donc à parler et à les pointer du doigt, pour faire dans l’originalité).

Quelles options pour Cleveland ?

Cette série étant péniblement terminée, les Cavaliers pourront se regrouper à Cleveland. Néanmoins, la potentielle perte de Kevin Love pour les prochains matchs va grandement les affecter. Avec sa présence sur le terrain en Playoffs, les Cavs affichent un offensive rating de 120.5. Sans lui, ils chutent à un piètre 97.2. Statistiquement, l’intérieur n’offrait pas moins de 18 points et 9 rebonds, à 47.4% de loin.

Du fait de sa blessure, Love sera soit diminué, soit indisponible pour les premiers matchs de la série suivante. Cela forcera sûrement David Blatt à aligner James Jones au poste quatre, soit Mike Miller au poste trois, faisant passer LeBron à l’intérieur. Les deux scénarios forceront le coach à faire appel à des vétérans peu productifs récemment. L’option de faire débuter Tristan Thompson condamnerait toute production venant du banc au néant.

Jusqu’à présent, Jones ne rentre que 18.2% de ses tentatives à trois points en Playoffs. Pour un spécialiste dont la principale production est le tir extérieur, c’est loin d’être idéal. Miller, quant à lui, n’a joué que huit minutes par match de moyenne depuis les modifications au sein de l’effectif. Il n’a pas encore joué en Playoffs cette année, mais pourrait s’avérer être précieux s’il retrouve une forme physique correcte d’ici le second tour.

La situation est donc loin d’être idéale pour l’équipe, en prenant en compte la probable suspension de J.R. Smith. En ce qui concerne les Celtics et la série qui vient de se terminer, ils n’auront pas été simples à jouer. Le sweep ne veut pas dire que le groupe de Blatt n’a pas été testé. Au contraire, leur défense physique aura été compliquée à affronter.

Désormais débarrassés de leur premier test et malgré les événements regrettables, les Cavaliers voudront enchaîner. La mission reste la même et le programme pour la semaine à venir est simple : préparation et repos en attendant le second tour.