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Ils vont marquer 2014 : Bilan de l’année

TENNIS : Coupe Davis France vs Suisse - Lille - ATP - 23/11/2014

Et voilà, l’année se termine. Pendant onze mois, les dix membres de notre sélection auront écumé les tournois du monde entier, y remportant bon nombre de succès. Sur les dix joueurs sélectionnés, neuf ont participé a des finales ATP, et huit ont remporté au moins un tournoi. Sur les 64 tournois de la saison, les membres de ce top 10 en auront remportés 28. Beaucoup auront répondu aux attentes, d’autre les ont surpassées, alors que, malgré tout, certains ont déçu. Contrairement au reste de l’année, nous n’avons pas établi un système d’étoile, mais bien un classement allant de la 10ème à la 1ère place. Pour l’établir, nous ne nous sommes pas basés sur leur niveau de jeu, mais bien sur les réponses aux attentes que nous avions placées en eux il y’a douze mois. Tour d’horizon de nos combattants.

10) Federico Delbonis : 20 victoires, 27 défaites, 1 titre, 1 finale, 28 tournois disputés

Classement fin 2013 : 55ème. Classement fin 2014 : 60ème.

Pour sa première saison pleine sur le circuit ATP, les résultats de Federico Delbonis sont plus que mitigés. Commençons par le positif : à Sao Paulo, début Mars, l’Argentin est allé remporter le premier tournoi de sa carrière sur le grand circuit. Gagner un tournoi ATP est tout sauf une chose aisée. Bien que ses adversaires n’avaient rien de foudres de guerre (Volandri, Almagro, Montanes, Bellucci, Lorenzi), la prestation est remarquable. Juste avant Roland Garros, il a également atteint la finale à Nice, sortant notamment Isner et Simon, avant de s’incliner contre le futur demi-finaliste de Roland Garros, Ernest Gulbis. Et puis…plus rien.

Après le tournoi de Nice, il présente un bilan de cinq victoires pour quatorze défaites, avec dix éliminations au premier tour sur quatorze tournois disputés. Un bilan incroyablement faible pour un joueur qui possède un tennis de cette qualité. Au final, sur ces 28 tournois disputés, il se sera incliné 17 fois dès le premier match. Sans ses éclaircies au Brésil et en France, sa saison aurait été tout bonnement catastrophique.

Malgré tout,  lui qui n’avait disputé que huit tournois ATP en 2013, a connu une vraie saison sur le grand circuit, avec tout ce qui s’y prête, les déplacements, les entrainements et les enchainements de matchs. Malgré les défaites au premier tour, on peut tout de même douter du très (trop ?) grand nombre de tournois disputés. Après quelques défaites difficiles, il aurait pu paraitre plus judicieux de couper un mois pour recharger les batteries, physiquement et surtout mentalement. Cependant, le tennis solide d’un grand gaucher comme Delbonis ne s’est pas perdu en six mois. En 2015, il va devoir reprendre sa progression au classement ATP, ce qui passera par une plus grande régularité et des choix de tournoi revus. Le suivre en 2015 n’est pas un conseil, c’est une obligation.

9) Richard Gasquet : 31 victoires, 19 défaites, 2 finales, 19 tournois disputés

Classement fin 2013 : 9ème. Classement fin 2014 : 26ème

Qu’elle semble loin l’époque où Richard Gasquet s’invitait dans le dernier carré de l’US Open, et que quelques semaines après il jouait les troubles fêtes au Masters Londonien en poussant Del Potro ou Djokovic dans des matchs en trois sets. Pourtant, c’était il y a seulement un an. Gasquet sortait de la saison la plus accomplie de sa carrière, et les attentes pour 2014 étaient immenses. Il semblait enfin assumer son statut de co-leader du tennis français. Malheureusement, des pépins physiques ont eu raison de ses ambitions.

Gêné en début de saison, il n’a ensuite participé à aucun tournoi de préparation à Roland Garros, ou il n’a pu faire mieux qu’un troisième tour. Le troisième tour, c’est également ce qu’il a connu en Australie et à New York, s’arrêtant au deuxième à Londres, après avoir loupé neuf balles de match contre Kyrgios

Seulement trois petites victoires contre des top vingt cette saison, et une chute de dix-sept places au classement ATP. Au final, il n’aura accroché qu’un seul top dix à son tableau de chasse. En demi-finale de la Coupe Davis, dans une ambiance surchauffée sur le central de Roland-Garros, Gasquet a totalement massacré un Tomas Berdych incapable de gêner le bitterois, vainqueur en trois manches très, très sêches. Après ce match, « Ritchie » a déclaré avoir remporté « la plus belle victoire de sa carrière« . Malheureusement, en finale, il n’a pu rééditer l’exploit où, lancé dans le troisième simple, il a pris une leçon par Roger Federer. Il n’avait pas fait mieux, en double, la veille. Peu d’éclaircies dans une saison compliquée, si ce n’est deux finales, à Montpellier et à Eastbourne, et une demi-finale à Washington.

En 2015, Gasquet aura peu de points à défendre, et, même si il ne sera jamais le champion que la France voyait en lui, il devrait retrouver un niveau plus proche de son standing. En pleine possession de ses moyens, le Bitterois doit naviguer aux alentours du top 10. A lui de montrer qu’il a le mental et le physique pour.

8) Jiri Vesely : 16 victoires, 17 défaites, 17 tournois disputés

Classement fin 2013 : 85ème. Classement fin 2014 : 66ème

Couronné meilleur espoir du circuit en 2013, comme l’avaient été McEnroe ou Nadal avant lui, les espoirs pour la première « vraie » saison de Jiri Vesely sur le circuit ATP étaient réels. Le jeune tchèque n’a pas déçu. Evidemment, il a manqué de régularité, et connu de vrais trous d’air. Mais il a aussi montré qu’à seulement 21 ans (il les a eu en juillet dernier), il avait tout pour devenir une future star du tennis mondial. S’appuyant sur un jeu très solide, et un revers à deux mains tranchant, il a su gêner nombre de bons joueurs cette saison.

En Grand Chelem, il a atteint le deuxième tour à Roland Garros en sortant très solidement Rosol. A Wimbledon, il a fait mieux en atteignant le troisième tour, en sortant notamment Gaël Monfils, pour son premier match en cinq sets, en s’offrant sans aucun doute la plus belle victoire de sa carrière. Au tour suivant, c’est la révélation du tournoi, Nick Kyrgios, qui l’a fait tomber dans ce qui pourrait être un futur classique du circuit ATP. Bien que moins tranchant et « flashy » que l’Australien, Vesely semble avoir un tennis plus complet, plus compact, et qui pourrait s’avérer plus régulier. Mais il est vrai que les défauts sont encore nombreux.

Physiquement, il reste un peu lourd dans ses déplacements, il manque d’un coup droit qui « fait mal » et d’un service qui, vu sa taille, pourrait être meilleur. Cependant, sa main exceptionnelle et son sens inné du tennis sont des armes dévastatrices, surtout dans une époque où le jeu en cadence a pris le dessus, avec peu de joueurs pouvant varier le jeu. Malgré une fin de saison compliquée, avec aucune victoire sur le circuit ATP depuis début août et une seconde partie de saison compliquée aussi, il a su revenir avec succès sur le circuit Challenger, s’offrant un titre à Prostejov et une finale à Prague, avec notamment des victoires sur Kukushkin ou Stepanek. L’an prochain, désormais habitué au très haut niveau, avec une saison d’expérience sur le circuit, il devrait pouvoir continuer sa progression. C’est tout le mal que l’on lui souhaite.

7)Andy Murray : 59 victoires, 20 défaites, 3 titres. 21 tournois disputé

Classement fin 2013 : 4ème. Classement fin 2014 : 6ème.

Lorsque vous mettez fin à 77 ans de disette de victoires britanniques à Wimbledon, la pression devient automatiquement plus forte sur vos épaules. En 2014, Andy Murray n’a pas su totalement confirmer sa victoire londonienne. La faute, notamment, à un physique capricieux qui a tronqué sa saison. Gêné par de petits problèmes, l’Écossais n’a pas pu montrer la pleine mesure de son talent lors de la première partie de saison.

Au final, Murray aura vécu deux saisons en une. Tout d’abord, une première partie compliquée, avec des contre-performances, aucune finale en tournoi, et aucune victoire significative. Présent en quart à Melbourne, puis en demi-finale à Roland Garros, il a tout de même été régulier sans sortir de gros joueurs lors de ces tournois. A Wimbledon, c’est également en quart que Dimitrov a stoppé ses rêves de doublé. Entrainé par Amélie Mauresmo depuis Wimbledon, l’ancien élève d’Ivan Lendl a accéléré sur la fin pour s’inviter à la table des maîtres à l’O2 Arena de Londres.

Vainqueur à Shenzen, Vienne et Valence, il a montré en fin de saison qu’en pleine possession de ses moyens, il restait un des adversaires les plus redoutables et combatifs du circuit. Au niveau du jeu, c’est toujours la même recette avec un Murray pafois génial, parfois nonchalant. Mais avec des victoires en fin de saison sur Raonic, Dimitrov, Ferrer ou encore Cilic, il s’est rappelé au bon souvenir de ceux qui auraient pu l’enterrer. 2015 doit être l’année du retour au premier plan, avec des apparitions en finale de Grand Chelem.

Celui que nous vous présentions il y’a un an comme le seul pouvant rivaliser avec Nadal et Djokovic a, quoi qu’on en dise, déçu cette saison. Malgré tout, il parait encore le plus régulier et le plus talentueux pour être le troisième homme de la saison, voire le quatrième si Federer a décidé de bloquer son vieillissement. A 27 ans, « Muzz » doit connaitre, désormais, les 2-3 plus belles saisons de sa carrière.

6) Milos Raonic : 49 victoires, 20 défaites, 1 titre, 2 finales, 20 tournois disputés

Classement fin 2013 : 13ème. Classement fin 2014 : 8ème

Comme ses deux camarades de la « nouvelle génération », Dimitrov et Nishikori, Milos Raonic a lui aussi connu sa première demi-finale en Grand Chelem cette saison. C’était à Wimbledon, où, profitant d’un tableau relativement facile, le géant Canadien a rallié le dernier carré avant de buter sur le maître des lieux, Roger Federer.

Cette saison, on a vu un Raonic conforme aux attentes que l’on pouvait avoir en lui. En progression lente mais constante, Raonic est rentré dans le top huit mondial. Pas de réel contre-perfomances en Grand Chelem, puisque Dimitrov, Djokovic, Federer et Nishikori sont les quatre joueurs qui l’ont stoppé. Régulier en Masters 1000, le Canadien a montré qu’il était un joueur solide, difficile à battre lorsque son service surpuissant est réglé. Toujours un peu pataud dans le jeux, il progresse tout de même constamment et pourrait s’avérer être un des joueurs les plus forts de la planète sur dur dans les prochaines années. Attention toutefois, car si le service n’est pas au rendez-vous, Raonic devient un joueur bien plus banal, qui a peu d’arme secondaire, bien que sa mobilité et son tennis soient étonnants pour un joueur d’1 mètre 96.

En 2014, des joueurs comme Berankis ou Gojowczyk l’ont battu, montrant que le monténégrin d’origine peut connaitre de gros trous d’air. Des trois jeunes de ce top dix, le Canadien semble être celui qui a le moins de potentiel. Cela ne veut pas dire qu’il n’intégrera jamais le top quatre, ou qu’il ne gagnera jamais de Grand Chelem. Mais l’on imagine plus Nishikori ou Dimitrov en patron du tennis mondial, qui semble proposer un tennis d’une qualité générale supérieure. Pour 2015, Raonic sera tout de même à surveiller. La victoire de Wawrinka et de Cilic en Grand Chelem en 2014 vont surement décomplexer les outsiders. S’il prend confiance en première semaine et sort un gros en huitième ou en quart, Raonic peut vite monter sur un nuage ou, une fois installé, il sera difficile de déloger.

5) Grigor Dimitrov : 49 victoires, 18 défaites, 3 titres, 1 finale, 21 tournois disputés

Classement fin 2013 : 23ème. Classement fin 2014 : 11ème

La planète tennis commençait à s’impatienter. La fin de saison 2013 avait laissé entrevoir de belles promesses. Mais en 2014, Grigor Dimitrov a enfin montré une grande partie de son talent. En course pour le Masters jusqu’à la fin de saison, sa saison marathon l’a rattrapé dans une fin d’année compliquée. Mais « Baby Fed » a prouvé que ce surnom, bien que très lourd, n’était pas totalement usurpé.

Désormais très costaud physiquement, l’élève de Roger Rasheed a pris une nouvelle dimension. Et si, mentalement, le bulgare n’avait pas craqué dans quelques grands matchs, sa saison aurait pu être encore bien meilleure. A Wimbledon, le meilleur joueur du tournoi, c’était lui. Vainqueur du tenant du titre Andy Murray en quart, il a ensuite perdu pied contre Djokovic. Ce match contre Djokovic en demi-finale, il l’aurait gagné avec plus d’expérience, car il était bel et bien plus fort que le vainqueur du tournoi. Mais le Bulgare a mal géré les tie-breaks, commettant des grosses fautes aux pires moments. Une situation que Dimitrov avait connu en quart de finale de l’Open d’Australie où, là aussi, il a craqué sur des balles de deux sets à un qui auraient certainement fait douter très fortement Rafael Nadal. Là encore, Monsieur Sharapova paraissait plus fort que son adversaire, du moins dans le jeux.

Le mental, la pression dans les moments chauds font partie intégrante des caractéristiques d’un grand champion. Mais ces deux défaites vont être utiles à Dimitrov, lui apportant une expérience qu’il n’avait pas il y’a un an. Car dans les autres compartiments du jeu, le bulgare a désormais tout d’un futur membre du top dix, voire mieux. Tennistiquement, son jeu copié sur Federer est, en plus d’être sublime, désormais très efficace. A l’instar de Wawrinka, et contrairement au balois il n’est pas géné par de grands lifteurs comme Rafael Nadal. Et physiquement, il semble là aussi être devenu un joueur solide, reléguant aux oubliettes les crampes qu’il avait pu avoir dans le passé, notamment contre Gasquet à Roland Garros il y a quelques années. Eléguant et désormais « mature », Grigor Dimitrov devra confirmer sa belle saison dès l’an prochain. Herbe, béton, indoor, terre battue, le Federer Bulgare développe avec la même aisance son tennis sur toutes les surfaces. Désormais, c’est en régularité qu’il doit progresser. Le voir dans le top huit dans un an semble, sauf blessure, une quasi certitude.

4) Rafael Nadal : 48 victoires, 11 défaites, 4 titres, 3 finales, 15 tournois disputés

Classement fin 2013 : 1er. Classement fin 2014 : 3ème.

Une nouvelle fois, le physique de Rafael Nadal ne l’a pas laissé tranquille cette saison. A plusieurs reprises, des pépins sont venus le rattraper. Parfois, au moins bon des moments. En finale de l’US Open, par exemple, où Nadal s’est totalement écroulé, touché au dos, après la perte du premier set. A 100%, le match aurait été tout autre, mais le taureau de Manacor a quand même tenu à aller au bout de son combat, parvenant même à remporter un set. L’espagnol a ensuite vu sa deuxième partie de saison tronquée, avec notamment une absence lors de toute la tournée américaine sur béton, avec l’impossibilité de défendre son titre à New York.

Alors qu’il avait remporté dix tournois l’an dernier, participant à quatorze finales en six-sept tournois, il n’a, cette année, remporté « que » quatre tournois et participé à trois finales pour quinze tournois. Comme l’an dernier, il n’a donc pris part qu’à trois tournois du Grand Chelem, parvenant tout de même à rester le roi à Roland Garros, avec seulement deux sets laissés en cours de route dans son tournoi. Comme toujours, Nadal semble devenir un autre homme au contact de la terre battue parisienne. Pourtant battu deux semaines avant à Rome en finale, par Djokovic, et bousculé très sérieusement par Nishikori à Madrid la semaine précédente, il a déroulé Porte d’Auteuil pour s’offrir son neuvième Roland Garros. Pour le reste, la tornade Kyrgios l’a fait volé en éclat à Wimbledon, montrant que le jeu de Nadal n’était plus fait pour être performant sur herbe.

Après Roland Garros, l’espagnol, bien que largement diminué en fin de saison, a remporté sept victoires pour cinq défaites concédées, un ratio bien faible pour un joueur de sa trempe, avec des défaites notamment contre des joueurs comme Dustin Brown, Martin Klizan ou encore l’adolescent Borna Coric. Cette saison pourrait marquer un tournant dans la carrière de Nadal. Physiquement, il semble désormais toujours très près de la rupture. Son jeu très traumatisant le rattrape bien trop souvent. Toutefois, même lorsqu’il n’est pas à 100%, il parait indéboulonnable à Roland Garros. Pour les autres majeurs, il n’en va pas de même. Revoir Nadal regagner un jour Wimbledon semble totalement impossible, et même si sur surface dure il reste un des tout meilleurs du monde, la marge qu’il pouvait avoir sur 99,9% du reste du circuit s’amincit de plus en plus. Alors, quel Nadal en  2015 ? La question mérite d’être posée. A lui de nous faire mentir et de montrer qu’il est bel et bien le plus grand compétiteur de l’histoire du Tennis.

3) Kei Nishikori : 54 victoires, 14 défaites, 4 titres, 2 finales, 18 tournois disputés

Classement fin 2013 : 17ème. Classement fin 2014 : 5ème.

Il y a un an, nous vous annoncions que l’année 2014 serait une année charnière pour Kei Nishikori. Le Japonais a parfaitement rempli sa mission, réalisant une saison incroyable, passant de la dix-septième place mondiale au top cinq. Nishikori, que l’on connaissait accrocheur et régulier, a développé un jeu offensif en 2014 qui l’a vu prendre une toute autre dimension. Frappant la balle beaucoup plus tôt, bondissant littéralement dans le terrain en coupant les trajectoires le plus précocement possible, il a affiché un niveau de jeu frôlant parfois l’excellence.

Evidemment, c’est à l’US Open que le protégé de Michael Chang a définitivement changé de stature en devenant le premier Japonais à jouer une finale de Grand Chelem. Le Japonais, blessé au pied, n’était pas sur de s’aligner à New-York. Et pourtant, arrivé sans grande préparation, il n’a été stoppé que par un Marin Cilic surhumain en finale. Auparavant, Nishikori s’est offert sans aucun doute le « triptyque » de l’année, en sortant coup sur coup Raonic, Wawrinka puis Djokovic, jouant quatorze sets à un niveau incroyable dans trois matchs exceptionnels. Le pic, atteint contre un Wawrinka en grande forme, fait de ce match l’un des plus beaux de la saison.

Mais Nishikori c’est aussi quatre titres, et une finale à Madrid, où son physique l’a rattrapé à un set zéro contre Nadal, alors qu’il semblait en bonne position pour faire tomber l’Espagnol. A Roland Garros, il n’a pu défendre réellement ses chances, s’inclinant d’entrée contre Klizan. En pleine forme, les possibilités de Nishikori sont ahurissantes. Tennistiquement et surtout mentalement, le Nippon est de la race des très grands. Lorsque qu’il n’est pas blessé, il peut rivaliser avec n’importe qui. Voir en lui un futur numéro 1 mondial est tout sauf fou, tant son jeu complet excelle sur toutes les surfaces, même si l’herbe lui sied moins bien. L’an prochain, il devra confirmer et atteindre encore une fois les demi-finales d’un Grand Chelem, voire mieux. S’il arrive en forme à Roland Garros en mai, il pourrait être un challenger très sérieux pour Rafael Nadal. Le leader de la nouvelle génération, c’est lui. Le Japonais a tout pour devenir le meilleur joueur de la planète, car, rappelons le, il n’a encore que 25 ans.

2) Roger Federer : 73 victoires, 12 défaites, 5 titres, 6 finales, 17 tournois disputés

Classement fin 2013 : 6ème. Classement fin 2014 : 2ème.

Mais de quoi est-il fait ? Est ce que Roger Federer est un humain ? Après cette saison 2014, la question peut se poser. On l’avait laissé l’an dernier au fond du seau, après des défaites affreuses au cours de l’été. On semblait enfin pouvoir affirmer ce dont différents médias débattaient depuis 2007 : Roger Federer est terminé. Et en fin de saison passée, il avait expliqué qu’en 2014, il reviendrait. L’incroyable confiance en soi du Maestro n’arrivait pas, pour une fois, à convaincre la planète tennis, y compris ses plus grands fans.

Et pourtant, il l’a fait. A 33 ans, l’homme aux dix-sept grands chelems peut encore surprendre. Avec des problèmes de dos enfin au placard, et l’arrivée de Stefan Edberg comme coach, Federer a volé sur les courts du monde entier. Il est l’homme qui a le plus gagné cette saison. Il a disputé onze finales sur dix sept tournois disputés. Il a battu à lui seul trois fois Novak Djokovic. Il a remporté cinq tournois, dont deux Masters. Il a également remporté la Coupe Davis, qui manquait encore à son palmarès.

Affichant un tennis léché, lui qui nous avait promis, il y a un an, alors que tout le monde l’enterrait, de « jouer le meilleur tennis de sa carrière » a peut être (c’est difficile à juger) tenu sa promesse, que ce soit dans cette fin de quatrième set dantesque à Wimbledon, où, dos au mur, alors qu’il venait de passer trois heures sans breaker Djokovic, il l’a fait deux  fois consécutivement pour partir dans un set décisif. Ou lorsque que Andy Murray s’est assis à Londres à 6/0 5/0 contre lui lors du Masters, devant un récital incroyable du génie suisse.

Alors oui, l’hélvète n’a pas gagné de Grand Chelem. Pas encore au top (et surtout défait par Nadal) à Melbourne, sorti sans grande gloire par un très bon Gulbis à Paris, il est passé tout près à Londres. Et puis, dans le dernier Grand Chelem de la saison, il n’a rien pu faire contre Marin Cilic qui a pratiqué le tennis de sa vie pour s’offrir l’US Open. Mais, peut être plus important que ça, au terme d’une ultime partition en trois manches, le Bâlois a offert à la Suisse sa première Coupe Davis, le lendemain d’une victoire décisive en double avec Stan Wawrinka. Son palmarès légendaire continue de s’étendre. En 2015, il s’annonce peu probable de voir Federer évoluer sur toute la saison au même niveau, surtout après avoir joué 85 matchs en un an. Mais, nous allons arrêter de douter de Federer. Nous allons plutôt profiter des dernières chances que nous avons de pouvoir admirer le tennis artistique de l’élève de Stefan Edberg.

1) Novak Djokovic : 61 victoires, 8 défaites, 7 titres, 1 finale, 15 tournois disputés

Classement fin 2013 : 2eme. Classement fin 2014 : 1er.

Comme vous l’avez lu plus haut, cette saison, un bon nombre de choses ont changé. La jeune génération a enfin réellement explosé, un membre du big four est une nouvelle fois ressorti de ses cendres, les deux autres ont vécus une saison gâchée par les blessures. Mais, une chose n’a pas changé : Novak Djokovic est encore un des deux « extraterrestres » du tennis mondial. Cela dit, un petit changement tout de même, cette saison, il a laissé Nadal derrière lui et semble être devenu l’homme à abattre du circuit.

Comme l’an dernier, le serbe n’a gagné « qu’un seul » Grand Chelem, mais il l’a gagné au bout du plus grand match de l’année, une finale en cinq sets face au maître des lieux, Roger Federer. Il a également connu une finale à Roland Garros, mais ce n’est pas encore cette année que Nole fera tomber le roi Nadal sur la terre battue parisienne. Pour finir sur les Majeurs, un Wawrinka en fusion l’a fait tomber à Melbourne dès les quarts de finale, et un Nishikori non moins en fusion a eu raison de lui en demi-finale à New York. Pour le reste, on aura encore vu du très grand Djokovic, qui aura eu le temps de se marier et de devenir père entre ses nombreuses victoires.

Sur ses huit défaites, celles contre Robredo et Tsonga au mois d’Août sont à part, après son mariage et des vacances au mois de Juillet, ce qui laisse penser que le Serbe n’était pas forcément en pleine possession de son tennis. Pour le reste, c’est trois défaites contre Federer, une contre Nadal, une contre Wawrinka et une contre Nishikori. Autant dire que pour battre Djokovic cette saison, il fallait être très, très costaud.

Ce qui frappe avec Nole, c’est qu’exceptés Dubai et Pekin, il n’a participé qu’aux Masters 1000, en remportant quatre au passage, et aux Grand Chelem. Pour finir l’année en beauté, il a remporté pour la troisième année consécutive le Masters de Londres, en bénéficiant du forfait de Federer en finale. Que dire de plus sur le numéro un mondial ? Pas grand chose, son tennis de cyborg semble avoir une solution à n’importe quel jeu, à n’importe quel problème posé par l’adversaire. Il est le mélange parfait de la technique, du mental et du physique. Il peut aussi bien bombarder l’adversaire en revers ou en coup droit, que défendre pendant 25 échanges et finir par un passing en bout de course.

Bien sûr, il n’est pas imbattable. Il a craqué mentalement contre Wawrinka en Australie, avec un jeu cadeau pour donner le match au Suisse. Mais il faut être au moins aussi solide que lui dans la tête pour le bousculer dans ce domaine. Autant dire que ce n’est pas à la porté du premier venu. Avec un Federer qui va finir par vieillir, un Nadal de plus en plus en délicatesse avec son physique et un Murray inconstant, il est LE membre fort du Big Four historique.