Débats Sports

Ils ont déjà réussi leur draft – Les Pelicans

Jrue-Holiday-Pelicans

A l’issue d’une draft peu lisible, Débats Sports livre ses premiers bilans. Qu’elles aient cherché des apports immédiats ou suivi des logiques à long terme, les franchises ont plus ou moins réussi leur draft ». Premier volet d’une série dont notre draftologue a le secret avec les franchises qui ont dès à présent réussi leur cérémonie du 27 juin.

Quatrième franchise a avoir dès à présent réussi sa cérémonie, les Pelicans de la Nouvelle-Orleans.

NOLA Pelicans

Les Hornets sont morts, vive les Pelicans !

Après la loterie, les Pelicans de la Nouvelle-Orléans ont fait irruption sur la scène NBA pour la seconde fois lors de la Draft du 27 Juin dernier.

Les modifications de nom des franchises NBA, ou simplement de tuniques et logos, obéissent généralement à des logiques de marketing visant à mettre sur le marché de nouveaux maillots et autres produits dérivés, dynamisant ainsi les ventes générées par la marque que constitue l’équipe intéressée.

L’observateur cynique serait donc tenté de voir dans la fin des Hornets en Louisiane une basse manœuvre commerciale.

Honi soit qui mal y pense. L’ancienne franchise de Chris Paul a ainsi étalé ses ambitions aux yeux de tous et démontré que le changement opéré sur le plan de l’héraldique n’était pas strictement esthétique.

L’équipe de Louisiane ambitionnait peut-être déjà à la même époque l’an passé de frapper un grand coup lors de la saison à venir.

Avec un duo détonnant, sur le papier, composé d’Anthony Davis et d’Eric Gordon, les Hornets pouvaient en effet espérer sortir des bas-fonds de la ligue, bien que l’incroyable densité de la conférence Ouest rendait assurément tout espoir de joutes d’après saison illusoire.

Cependant, l’exercice 2012-2013 s’est rapidement imposé comme un faux-départ.

Entre les blessures chroniques de l’intérieur et la démotivation croissante de l’ancien Clipper, perdu dans ses envies d’Arizona, la campagne achevée n’a pas véritablement tenu toutes ses promesses.

Avant de reprendre les armes, la saison prochaine, l’organisation ne pouvait pas éluder plus longtemps les questions qui entouraient son meilleur joueur à l’heure actuelle.

Arrivé à la Nouvelle-Orléans comme pièce fondamentale de l’échange qui envoya Chris Paul à Los Angeles,  l’arrière semblait alors porter tous les malheurs du monde sur ses frêles épaules.

Après une première année du basketteur sous ses nouvelles couleurs grandement écourtée par des genoux fragiles, à moins qu’elles n’aient été parfois blessures diplomatiques, Gordon pouvait se réjouir à l’été 2012 d’accueillir un numéro 1 de la Draft avec l’arrivée d’Anthony Davis, ainsi que d’un Austin Rivers décrit comme particulièrement prometteur.

Mais de réjouissance, il ne fut pas question. Le jeune homme ne démordait pas de son désamour et signait l’offre de contrat maximum soumise par les Suns de Phoenix.

Décidé à ne pas laisser filer un tel talent sans contrepartie, le General Managel Dell Demps ne tarda pas à s’aligner sur l’offre et conserver sa star.

Pas fou le frelon !

Dès lors, si Anthony Davis s’était avéré incapable de convaincre Eric Gordon, comment consolider cette intersaison la présence de l’intéressé au sein de la franchise et lui redonner la passion du jeu ?

Telle était la question qui habitait les consciences des dirigeants des frelons juste après leur mue en pélicans au moment d’entrer dans le grand chapiteau de la Draft 2013.

La réponse ne se fit pas attendre. En effet, le premier transfert de la soirée, et certainement le plus retentissant, était ainsi à mettre, sans contestation possible, au crédit des New Orleans Pelicans (en collaboration avec les Philadelphia 76ers).

En se séparant du néo-drafté Nerlens Noël à la 6ème position et d’un choix protégé Top 5 au premier tour de la Draft 2014 pour acquérir le meneur Jrue Holiday, la direction enclenchait une second étape de sa construction. Si son acte fondateur reste le départ de Chris Paul, elle s’était caractérisée dans un premier temps par la sélection de rookies (Anthony Davis, Austin Rivers), soit une construction par la jeunesse.

Trouvant une promotion 2013 d’universitaires pleine d’incertitudes, les Pelicans ont préféré céder leur sélection afin d’attirer dans leur filet une valeur sûre, estampillée All-Star l’année écoulée de surcroit.

La venue du meneur vient consolider le noyau central de la formation tout en tirant un trait sur la possibilité de finir de constituer ce dernier par le choix de l’an prochain.

Le transfert conclu, le Big Three de New Orleans était formé.

En dépit d’un secteur intérieur toujours lacunaire, la franchise pouvait appréhender la saison prochaine avec optimisme, et se contenter de réaliser des ajustements, importants si nécessaire, afin de viser le Graal à l’avenir.

Enfin, même si cet aspect du transfert reste plus marginal, les Pelicans ont également reçu une sélection au second tour de Philadelphie qu’ils ont employé pour inviter le meneur scoreur Pierre Jackson à les rejoindre, signifiant ainsi leur intention d’user la valeur marchande de Grevis Vasquez, resté sur une bonne saison au poste 1, afin d’attirer un nouveau joueur de valeur.

En résumé, les New Orleans Pelicans ont déjà réussi leur Draft.

L’arrivée de Jrue Holiday dans la ville a ainsi mis un coup d’accélérateur à un processus de reconstruction entamé il y a deux ans.

Le meneur sort tout d’abord d’une saison certifiée All-Star et sera en mesure de faire progresser l’équipe par son niveau de jeu et son exemplarité en termes d’éthique de travail.

Mais ce mouvement ne peut être pleinement apprécié si ses conséquences demeurent occultées.

Si l’agressivité du front-office pour récupérer Tyreke Evans doit être saluée, la présence de l’ancien meneur de la ville de l’amour fraternel a forcément été un argument de poids pour que l’ancien King consente à accepter un sign-and-trade l’emmenant en Louisiane, de même que la contrepartie Greivis Vasquez a facilité les négociations avec Sacramento.

Enfin, l’injection de deux talents dans l’effectif, sur les lignes arrières de surcroit, a permis à Eric Gordon de (re)trouver son envie de rester et de faire part son entrain, tant attendu, envers le projet sportif de son organisation.

Alors qu’il aurait pu se sentir écarté des plans de la franchise par les nouveaux venus, et chercher son bon de sortie, l’arrière a accueilli l’aide supplémentaire à bras ouverts et semble être passé du lymphatisme à l’esprit de compétition, envisageant même les playoffs pour la saison à venir.

Avec un Eric Gordon soucieux d’endosser finalement le leadership face à la concurrence interne des nouveaux arrivants, et tandis que Lakers et Mavericks ressortiront probablement affaiblis de l’été, l’objectif ne semble, cette fois, pas complètement hors de portée.

  • jagcrash

    La morale de la saison de Gordon c’est qu’il ne faut jamais s’aligner sur une offre contre la volonté du joueur. Les Hornets auraient du accepter un sign & trade surtout en connaissant l’état physique du joueur. Je ne crois pas que Gordon consente à rester à NOLA malgré les renforts.

    Et il ne faut pas oublier que l’intersaison l’année dernière avait également été saluée avec les arrivées de Robin Lopez, Ryan Anderson et Hakim Warrick, avec le bilan que nous connaissons.