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Ils ont déjà réussi leur Draft – Les Cleveland Cavaliers

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A l’issue d’une draft peu lisible, Débats Sports livre ses premiers bilans. Qu’elles aient cherché des apports immédiats ou suivi des logiques à long terme, les franchises ont plus ou moins réussi leur draft ». Premier volet d’une série dont notre draftologue a le secret avec les franchises qui ont dès à présent réussi leur cérémonie du 27 juin.

Premier acte de la rubrique sur les franchises ayant déjà réussi leur draft :

Les Cleveland Cavaliers

 

A tout seigneur, tout honneur, le bilan de la Draft commence, une semaine jour pour jour après la cérémonie, par les détenteurs du Graal : le premier choix.

Les Cleveland Cavaliers se sont immédiatement distingués, déjouant tous les pronostics, en faisant l’acquisition de l’ailier-fort canadien Anthony Bennett, dont les agents prévoyaient la chute, possiblement jusqu’au choix n°8 à 10.

Doit-on leur reprocher de ne pas avoir choisi de franchise players,  ces basketteurs qui incarnent l’équipe, l’organisation voire la ville pour lesquelles il évolue ?

Evidemment non !

Au sein d’une Draft 2013, dont il semble plus ardu que jamais de déterminer laquelle de ses têtes d’affiche s’imposera véritablement dans la ligue, la faute revenant aux nombreux doutes entourant même les meilleurs universitaires, la direction de l’Ohio a élu celui qui présente probablement le plus de talent pur de l’ensemble de la promotion.

Grâce à son éthique de travail, son intensité sur le parquet et ses grandes ambitions, individuelles et collectives, le Canadien a les armes pour effacer les réserves émises par les observateurs et s’affirmer, peut-être, comme un joueur majeur de la NBA.

Quant à la question du franchise player, elle a de toute façon été réglée il y a deux ans, lors de la venue en ville de Kyrie Irving, All-Star dès la saison écoulée.

Mais, surtout, son arrivée offre de nouvelles perspectives sur le plan tactique à l’entraineur Mike Brown.

En effet, Bennett sera en concurrence avec son compatriote Tristan Thompson, qui possède un tout autre profil que le premier choix.

L’ancien étudiant d’UNLV aime s’écarter pour tirer et déborder ses adversaires par sa vitesse en courant vers le cercle, dans le but d’annuler son déficit de taille.

 Son coéquipier, en revanche, est un adepte des cols-bleus, des bagarreurs des raquettes qui reste solidement ancré sur le parquet sous les panneaux et pratique défense et rebonds avant tout, même si son arsenal offensif a progressé depuis son arrivée dans la ligue.

L’équipe peut donc s’ajuster en fonction du visage arboré par l’équipe rivale.

Si la victoire requiert de laisser de l’espace dans la raquette adverse, alors le nouveau venu sera privilégié tandis qu’un secteur intérieur faible de l’ennemi appellera plus naturellement la présence du bélier Thompson pour enfoncer ses défenses sous le cercle.

Enfin, la capacité des deux hommes à courir rapidement sur de longues périodes permet de les aligner ensemble par séquence en pratiquant un jeu small-ball, notamment pour enrayer ces cinq de petite taille de plus en plus en vogue dans la NBA actuelle.

Seule ombre au tableau idyllique : la cohabitation entre les jeunes loups aux dents longues. Très soucieux d’intégrer l’élite de la NBA, comme la plupart des jeunes, les cadres Dion Waiters et donc Anthony Bennett nourrissent de grandes ambitions sur le plan personnel qui ne devront pas entraver les buts du groupe.

La gestion des égos de la part Mike Brown devra donc faire l’objet d’une grande partie de son évaluation, en marge du travail tactique.

Dans un second temps, les Cavaliers ont usé de leur choix n°19 pour s’attacher les services du Russe Sergei Karasev.

Une de leurs cibles de longue date, l’intéressé brille par son adresse longue distance, son sens du collectif, et plus généralement du jeu.

En bon exemple du basket européen, Karasev fait preuve en chaque instant d’un QI basket supérieur à la moyenne, se faisant un rouage de la circulation de la balle via l’extra-pass ou son dernier maillon en prenant ses responsabilités derrière l’arc, selon le modèle du Vieux Continent, présent tout de même en NBA, à travers les San Antonio Spurs par exemple.

L’esthète frêle apportera de la matière grise à l’effectif et complètera merveilleusement l’athlète bodybuildé Alonzo Gee au même poste.
De plus, l’équipe qui vise les joutes d’après-saison l’an prochain se réjouira de compter dans ses rangs un jeune prospect qui a déjà prouvé sa valeur dans le monde professionnel, au sein d’une grosse écurie du championnat russe.

Seule l’acclimatation au pays et à la culture états-unienne pourrait ainsi l’empêcher d’être prêt à contribuer aux bons résultats de l’équipe dès le premier jour.

Enfin, les Cavaliers ont choisi au second tour Allen Crabbe et Felix Carrick.

En se séparant du premier nommé, contre de futurs avantages, l’organisation a de nouveau habilement manœuvré.

Le jeu de Crabbe, bien plus côté que son homologue, se caractérise par un tir à 3 points létal et par des capacités défensives qui le sont tout autant… pour sa propre formation.

Or, la direction dispose déjà en Dion Waiters de son scoreur au poste 2 et devait donc, pour compléter son effectif à cette position, prendre un joueur avant tout défensif, chargé de ralentir les meilleurs basketteurs adverses sur les lignes adverses.

En d’autres termes, les Cavaliers qui détenaient déjà leur James Harden devait se mettre en quête de leur Thabo Sefolosha, pour l’équilibre entre attaque et défense des cinq alignés sur les parquets.

Carrick Felix constitue donc le basketteur formé dans ce moule qui tiendra le rôle de stoppeur au poste d’arrière, ce qui empêchera toute concurrence, et redondance, avec un Alonzo Gee au poste d’ailier shooteur.

Il n’est pas inimaginable qu’à terme, le coach opte pour une entrée du jeune Carrick dans les titulaires afin de laisser Kyrie Irving et Anthony Bennett assurer la marque.

Le plan d’attaque des Cavaliers serait alors de faire rentrer en jeu, quand les deux pré-cités seront au repos sur le banc, Dion Waiters et Tristan Thompson et d’avoir ainsi un avantage important sur le banc rival, ce qui pourrait tout à fait rapporter des victoires aux résidents de l’Ohio.

En résumé, les Cleveland Cavaliers ont déjà réussi leur Draft.

Avec l’objectif annoncé de viser les playoffs l’an prochain, la formation sort grandement renforcée de la cérémonie et peut véritablement envisager de participer à la prochaine après-saison dans une conférence Est moins dense que l’Ouest.

Si leurs autres choix se caractérisent par une grande cohérence, le tour de force des décideurs réside bien dans leur premier choix.

Ne cédant pas, tel Ulysse, aux chants des sirènes, ils ont décidé de se renforcer à la position, lacunaire, de pivot, via le marché des agents-libres plutôt que de se hâter de mettre la main sur Nerlens Noel ou Alex Len à la Draft.

Ce poste 5 exige en effet, une certaine expérience, ou temps de développement, étrangère à un rookie, afin de s’assurer d’un rendement conséquent.

Un délai d’attente incompatible avec des ambitions d’après-saison affichées.

Les capacités de shoot d’Anthony Bennett offrent ainsi plus de garanties immédiates tandis son talent laisse entrevoir une belle marge de progression.

La conduite de l’édition 2013 de l’événement par les Cavaliers se démarque donc par l’intelligence de ses choix, intelligents sous tout rapport.

A la charge de l’organisation à présent de déployer des trésors d’ingéniosité pour convaincre un bon pivot de rejoindre l’équipe.

Une tâche plus compliquée que la Draft ?