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Grant Hill ou le modèle de la retraite en NBA

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Après une année à 29 matchs, tous débutés sur le banc pour 15 minutes de temps de jeu et un peu plus de deux points par match, Grant Hill raccroche le jersey et compte bien profiter d’une retraite amplement méritée. 40 ans et toutes ses dents, on voyait clairement mal Mr Nice Guy jouer une saison de plus alors qu’il est souvent blessé et loin de ses meilleures années.

Drafté en 1994 dès le 3ème choix par les Pistons, Hill n’a pas tardé à démontrer tout son potentiel. Un ailier tout en explosivité qui a embêté pendant plusieurs années les Bulls de Jordan et Pippen.

Grant Hill fera partie de la grande liste des joueurs majeurs du basket américain n’ayant jamais remporté de bagues. Des sélections au All Star Game et dans les équipes All NBA, voilà ce que Grant Hill pourra montrer à ses petits enfants dans plusieurs années. Car ses années à Detroit n’ont pas été roses pour l’ancien pensionnaire de Duke. Orlando, puis Atlanta par deux fois sortiront les Pistons dès le 1er tour.

Conscient qu’il mérite clairement mieux qu’une équipe en bois, Grant Hill décide d’aller voir ailleurs. Les Pistons, pas fous, décident de le trader avant sa dernière année de contrat à Orlando contre Chucky Atkins et Ben Wallace. La suite on la connait.

Hill avec Tracy McGrady enchaînera les blessures en Floride pendant que les Bad Boys de Detroit remporteront le titre quatre ans plus tard. Hill manquera en 4 saisons près de 85% des matchs du Magic. Il pèse sur les finances du club et manquera la totalité de la saison 2003-2004. Convaincu qu’il peut encore apporter (et surtout car personne n’en veut) le Magic choisit de garder Hill et de se séparer de McGrady, envoyé à Houston contre Steve Francis.

Le trio Francis – Hill et le rookie Dwight Howard n’arrivera cependant pas à empêcher le désastre et Orlando termine la saison 2005 à six matchs des playoffs. Idem l’année suivante. Et l’année d’après verra le retour en playoffs de Grant Hill pour un…nouveau sweap.

Grant Hill passe à l’Ouest lors de sa première free agency en 2007. Il décide de rejoindre les Suns qui viennent de se faire sortir en demi-finale de conférence par les Spurs, futurs champions. L’équipe de Phoenix est taillée pour le titre avec Nash, Marion, Stoudemire, Bell et un banc composé de Barbosa, Diaw et Kurt Thomas. L’apport d’un vétéran (car Hill a déjà 35 ans) est la pièce manquante à l’effectif de Mike D’Antoni. Et l’apport de Grant Hill sera immédiat.

L’ancien Magic se fond dans le moule de Phoenix et début décembre, les Suns affichent un bilan de 19 victoires pour seulement 4 défaites et pointe en tête de la ligue. Phoenix craque sur la fin de saison et termine 6ème de la conférence avec un écart minuscule de 2 victoires sur les Lakers, leaders de la conférence. Le blockbuster trade de février qui a vu Shaquille O’Neal débarquer en Arizona contre Marion et Bell n’a pas eu l’effet escompté. Les Suns sont de nouveau opposés aux Spurs et comme l’année précédente, ils sont éliminés en six matchs.

Grant Hill a 36 ans et n’a toujours pas passé une série de playoffs. Et ça ne sera pas pour la saison suivante puisque les Suns échouent à une marche de la post season. Alors qu’il approche de la quarantaine son corps les blessures le laissent enfin tranquille et Hill termine la saison 2009 avec plus de 80 matchs disputés, performance qu’il n’avait pas réalisée depuis la saison 97/98.

La saison 2009/2010 est le dernier espoir du Run & Gun pour le GM Steve Kerr qui a prôné ce mode de jeu qui tarde à démontrer son efficacité. Phoenix termine 3ème de la saison régulière à l’Ouest. Le run & gun est une réussite et Grant Hill participe activement à la réussite des schémas de jeu des Suns. Il ne manque qu’un seul match en saison régulière et les Suns abordent les playoffs en favoris avec les Lakers.

Après une série intense qui les aura vu perdre l’avantage du terrain dès le Game 1 face aux Blazers, les Suns se qualifient en six matchs. Grant Hill a enfin passé un tour de playoffs à l’âge de 37 ans. Ils retrouvent encore les Spurs sur leur chemin mais contrairement aux années précédentes, les Suns éliminent les texans en quatre manches. Les Suns se présentent face aux Lakers pour les finales à l’Ouest. Mais les Lakers prennent les Suns à leur propre jeu dans une série ultra-offensive. A chaque match, les deux équipes marqueront plus de 100 points. Les Lakers remportent les deux premiers matchs et si les Suns gagneront les deux suivants, ils craqueront dans le game 6 à domicile.

Ce fût la dernière campagne de Grant Hill en playoffs. Il ne joua qu’un seul match chez les Clippers, sa dernière équipe. En 19 ans de carrière, il n’aura disputé que 39 matchs en postseason.

Le titre est la ligne qui manque à son palmarès. Car il aura tout fait du triple double monstrueux à la médaille d’or aux JO d’Atlanta.

Désormais Hill est en lice pour devenir le nouveau GM des Suns. Nul doute qu’il y brillera de nouveau.

Avec de nouveau une équipe formée pour briller chez les Clippers, Hill a de nouveau été perturbé par des soucis de santé. Dès lors les choix été réduits pour lui. Alors qu’il lui reste une année de contrat à honorer, Hill préfère tirer un trait sur sa carrière plutôt que de prendre l’argent qui lui est garanti quitte à pénaliser l’équipe.

Et c’est chose rare en NBA. La plupart des joueurs décident de jouer jusqu’à la fin de leur contrat et d’attendre de voir leur côte chuter sur le marché des free agents pour annoncer solennellement qu’il est l’heure de tomber le rideau.

Rares sont les joueurs à quitter la NBA sur un succès ou au moins une dernière saison réussie. Dernier exemple cette année avec Rasheed Wallace, blessé la moitié de l’année mais qui n’avait pas de contrat pour la saison prochaine. Ball don’t lie.

Jordan, O’Neal, Pippen, même les plus grands ont eu une fin de carrière en eau de boudin. Prenant les contrats qu’on leur offrait en sachant bien qu’il ne risquait pas d’apporter beaucoup. Le dernier nommé est d’ailleurs significatif. A 37 ans, Scottie décide de boucler la boucle en signant pour deux ans chez les Bulls. 2 ans et un chèque 10M de dollars. Désastreux sur le terrain, il sera coupé au début de sa seconde saison, l’envoyant à la retraite forcée.

Désireux de jouer encore quelques saisons, cette triste fin pourrait bien aussi être celle des Nash, Pierce, Fisher, Stackhouse. Drafté juste devant lui en 1994, le co-rockie de l’année avec Hill Jason Kidd pourrait lui aussi dire adieu à la grande ligue après une saison triste et surtout des playoffs bien moroses. Et pendant ce temps-là, Tim Duncan rigole et profite. Il s’apprête à disputer sa cinquième finale NBA, 14 ans après la première.