Débats Sports

Grand Prix d’Abu Dhabi où comment tout le monde gagne

Cette saison, le championnat du monde de Formule 1 aura ménagé le suspens jusqu’au bout de la saison et au sein de chaque Grand Prix. Après avoir vu 7 vainqueurs  lors des 7 premiers Grand Prix, le championnat du monde des pilotes a été dominé par un Fernando Alonso, plus régulier, au volant d’une monoplace loin d’être la plus efficace du plateau.  Puis la trêve est arrivée, et alors que l’on pensait les McLaren plus rapides que leurs concurrentes, ce sont bien les Red Bull, Sebastian Vettel en tête qui ont dominé les débats tout au long de la tournée asiatique. Le jeune pilote allemand, au volant de la meilleure monoplace du plateau était lancé pour remporter son troisième titre de champion du monde des pilotes consécutifs. Une performance que seuls Juan Manuel Fangio et Michael Schumacher ont réalisé par le passé. Fort d’une série de 4 victoires consécutives, Vettel faisait figure de favori à qui rien ne pouvait arriver. A trois Grand Prix du terme de la saison, le double champion du monde disposait de 13 points d’avance sur son seul adversaire, Fernando Alonso. A l’issue du Grand Prix d’Abu Dhabi, il en conserve 10, au prix d’une performance sensationnelle dans un GP à rebondissements. Retour sur un weekend qui marquera l’histoire de la saison.

Arrivées à Abu Dhabi, les Red Bulls ont étonnamment semblé en deçà du niveau démontré depuis deux mois. Lewis Hamilton a roulé tout le weekend près d’une seconde plus vite que l’ensemble du plateau. Le britannique a su utiliser cet avantage pour réaliser la pole position devant Mark Webber et Sebastian Vettel. En difficulté, avec une Ferrari rétive, Fernando Alonso ne put signer que le 7ème temps, derrière Maldonado, Raïkkönen et Button. Les mécaniciens et ingénieurs de la Scuderia avaient beau avoir travaillé toute la nuit sur l’auto, ils n’étaient pas parvenus à offrir au natif des Asturies un outil de travail à la hauteur de son talent. C’est en course que l’Espagnol devait essayer de défendre ses espoirs de rester au contact de Vettel dont l’écurie avait demandé d’immobiliser sa monoplace sitôt son dernier tour effectué. La manœuvre a surpris son monde. Quelques heures plus tard, on apprenait que la monoplace autrichienne ne pouvait pas répondre aux exigences de la FIA. La faute à un ¼ de litre d’essence en moins que la norme. Non conforme, la monoplace de l’allemand est donc disqualifiée et celui qui devait s’élancer depuis la troisième position se voir contraint d’occuper la dernière place de la grille. Une erreur aberrante que McLaren avait également commise lors du GP d’Espagne… Dès lors, Fernando Alonso se trouvait idéalement placé pour combler une partie de son retard.

Fins stratèges, Vettel et ses ingénieurs ont décidé de s’élancer depuis les stands afin de pouvoir procéder à quelques ajustements sur la monoplace. Changement des rapports de boîte, changements de gommes, les mécaniciens se sont activés afin d’offrir à leur leader une monoplace idoine pour dépasser bon nombre de ses adversaires dans les deux longues lignes droites où le DRS est autorisé sur le tracé de Yas Marina. En s’élançant depuis les stands, le pilote allemand s’est épargné le risque d’un carambolage lors du premier virage. Ce qui ne manqua pas de se produire. En pneus durs, l’allemand commença sa remontée fantastique jusqu’à ce qu’un contact avec Senna n’endommage une dérive sur sa monoplace. Pas de quoi perturber Vettel qui continua sa remontée. Au 9ème tour le leader du championnat du monde était 12ème.

Nico Rosberg percuta violemment la monoplace de Karthikeyan dont on se demande toujours quand il quittera définitivement les paddocks tant sa présence y est totalement inutile. Bénéficiant d’un premier passage de la voiture de sécurité, Vettel était déjà complètement relancé dans la course. C’est alors, que l’allemand se laissa surprendre par une manœuvre à laquelle il ne s’attendait pas de la part de Ricciardo. Pour éviter la Toro Rosso qui le devançait il du faire un écart, percutant un panneau d’affichage, endommageant cette fois-ci sérieusement son aileron. Retour au fin fond du classement pour l’allemand. Il est 21ème lorsque la voiture de sécurité quitte la piste au 14ème tour. En pneus tendres, l’allemand se lance de nouveau à l’assaut de ses adversaires. 11 tours plus tard, il est huitième. Le moment choisi pour Mark Webber de faire le ménage. D’abord accroché par un Pastor Maldonado en délicatesse avec ses gommes, l’australien se frotte à Felipe Massa. Le brésilien part en tête à queue et est dépassé par Vettel qui profite de la rentrée au stand de son coéquipier pour gagner une nouvelle place. L’allemand est troisième au trentième tour.

Lewis Hamilton qui avait jusque là dominé de la tête et des épaules la course est contraint à l’abandon au 19ème tour en raison d’un problème électrique…Comme à Singapour, Lewis Hamilton voit une victoire qui lui était promise lui échapper en raison de problèmes de fiabilité. Kimi Raïkkönen en profite pour prendre la tête. Le finlandais qui a terminé tous les grands prix dans les points (sauf en Chine) ne lâchera plus la première place. Il remporte sa première victoire depuis sa victoire à Spa en 2009. Grâce à sa régularité, Iceman est troisième au championnat. Avec 57 points de retard sur Sebastian Vettel, il n’est plus dans la course pour le titre de champion du monde. La faute à une remontée folle de l’allemand.

Bien aidé, par les carambolages en séries, Vettel a pu bénéficier d’un second passage de la voiture de sécurité. Après avoir occupé la seconde position, il ressort des stands après son second changement à la quatrième position. C’est alors que Sergio Pérez décide de se prendre pour plus fort qu’il ne l’est. Le mexicain commet une énième erreur depuis l’annonce de sa signature chez McLaren pour la saison prochaine. Grosjean, Webber sont éliminés par l’accrochage généré par un retour en piste non maîtrisé du protégé de Carlos Slim. Di Resta perd un temps précieux, tandis que le mexicain est pénalisé d’un pit and stop de 10 secondes. La voiture de sécurité, sortie. Raïkkönen s’échappe, Button tente de résister aux assauts de Vettel. L’allemand finit par se débarrasser du britannique, très (trop) sport sur la manœuvre. Fernando Alonso se déchaîne alors pour rattraper Raïkkönen, enchaînant les meilleurs tours en course. Iceman restera impassible et ne commettra aucune erreur. Alonso échoue à la deuxième place d’un GP commencé sur la 6ème place sur la grille. Encore une fois, il a obtenu le meilleur résultat possible compte tenu de sa monoplace. Vettel, lui, au volant de la meilleure auto du plateau, en remontant de 24ème place à la 3ème a démontré  qu’il était un pilote hors norme.

Il reste deux Grands Prix, 50 points à prendre, seulement 10 points séparent les deux double champions du monde en quête d’un troisième titre. Quel qu’il soit, le champion du monde 2012, son titre il le méritera. A en croire la photo officielle du podium de la course, Sebastian Vettel a de quoi être satisfait. Plus que les deux autres?

  • RoxtarNBA

    Pour moi Alonso est quand même plus méritant sur l'ensemble de la saison que Vettel, car Vettel, du temps ou la RBR n'était pas au top cravachait moins qu'Alonso en ce moment avec sa Ferrari à la traîne.

    • Je ne sais pas s'il en est un qui est plus méritant que l'autre. Ce qui est certain c'est que Fernando Alonso se bat avec une monoplace moins efficace. Lauda attendait de voir ce qu'allait faire Vettel en partant 24ème . Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il a convaincu. L'écart entre les deux monoplaces est au final certainement moins important que ce que l'on pense. Notre vision est quand même pas mal affectée par les piètres performances de la Ferrari en qualif, alors qu'en course, elle se comporte bien mieux (pour Alonso comme pour Massa). La Red Bull est au contraire tout aussi efficace le samedi que le dimanche. Dans tous les cas, on risque de vibrer lors du GP d'Amérique à Austin, circuit que personne ne connaît.