Débats Sports

Et les Knicks refont les mêmes erreurs

Bargnani-New-York-Knicks

Quelle surprise ce fût de découvrir en ce beau matin que les Knicks venaient de récupérer un ancien premier choix de draft. Néanmoins, ce n’est pas Irving, ni Blake Griffin et encore moins Dwight Howard, mais Andrea Bargnani. Le premier choix de la draft 2006, sélectionné par les Toronto Raptors est donc envoyé dans la Grosse Pomme, tout seul comme un grand, contre trois choix de draft et deux joueurs en bois. Voici le détail :

  • @ New York : Andrea Bargnani (27 ans, pivot)
  • @ Toronto : Marcus Camby (39 ans, pivot), Steve Novak (ailier, 30 ans),

A première vue le trade peut sembler gagnant pour les Knicks. Ils se séparent de deux joueurs moyens, dont un est complétement inutile (Camby), non pas qu’il soit mauvais loin de là mais il n’a joué que 24 matchs cette saison, pour dix minutes de temps de jeu en moyenne. Et surtout il a 74 ans et ne semble pas particulièrement emballé par l’idée de rejoindre le Canada (la retraite semble proche). Idem pour Steve Novak, qui va donc découvrir sa septième franchise NBA en 8 saisons. L’ex shooteur new yorkais, intéressant en saison régulière, est passé totalement au travers de ses playoffs, en terminant avec trois points et neuf minutes sur l’ensemble de la série face aux Pacers. Ces deux joueurs ne manqueront donc pas à la franchise.

Cependant, le trade semble vraiment malvenu pour les Knicks.

L’italien, malgré des performances en dents de scie et nous sommes gentils, a encore deux ans de contrat et 22 millions de dollars à recevoir. 11 sur la prochaine et 11 sur la suivante. La dernière n’étant pas totalement certaine puisque le pivot peut faire joueur une clause d’Early Termination Option pour se retrouver sur le marché. Mais à 11 millions la saison, on doute qu’il puisse trouver mieux ailleurs. Ce qui bloquera donc toute marge de manœuvre pour les Knicks pour la prochaine free agency.

Avant le trade, les Knicks présentaient une masse salariale pour la saison à venir de 73.7 M de dollars. En enlevant les contrats des deux joueurs en partance pour le grand nord (3.75 M pour Novak et 4.38M pour Camby) et en y ajoutant le néo new-yorkais, les Knicks se retrouvent désormais à pointer à un total de 76.57M $. Plusieurs conséquences à cette montée du total salarial :

  • Les Knicks semblent avoir fait une croix sur la resignature de J.R. Smith ;
  • Les Knicks auront du mal à s’aligner sur les offres faites à Prigioni et Copeland, tout restricted free agents qu’ils sont.

Surtout, les Knicks n’ont, semble-t-il, pas retenu la leçon du contrat mirobolant offert à Stoudemire. Le troisième joueur le mieux payé de la ligue n’a disputé que 29 matchs la saison dernière et n’a participé qu’aux quatre premiers matchs de la série face à Indiana. Malgré cette mauvaise expérience, les Knicks vont donc s’encombrer du contrat à 22M sur deux ans de Bargnani alors que son corps lui fait également des misères. L’Italien a disputé 66 matchs… sur les deux dernières saisons des Raptors. Le pire c’est que ces blessures ne sont pas d’une extrême gravité. Le pivot joue, se blesse, revient, puis se blesse à nouveau.

Dernier point d’ombre, Bargnani est-il l’homme qu’il faut à New York ? L’année dernière, les Knicks étaient la 25ème équipe de la ligue au nombre de rebonds pris. L’arrivée d’un intérieur était donc une bonne idée, seulement ils ont pris le seul seven footer qui prend moins de 5 rebonds par match avec plus de 25 minutes sur les parquets.

Clairement, cette nouvelle équipe des Knicks semble tailler pour défier le Heat et ses snipers. Mais le front office semble oublier qu’ils sont tombés en demi-finale face aux Pacers et Roy Hibbert. Sans oublier les Bulls de Noah et Boozer et les nouveau Nets de la paire Lopez / Garnett.

Enfin dernier point noir, la draft. Malgré les années, les Knicks ne semblent toujours pas prêts à construire son équipe par la draft, malgré les prodigieux exemples du Thunder ou dans une moindre mesure des Cavaliers. Les détails du trade sont encore flous mais on partirait sur trois choix de draft, deux du 1er tour et deux du 2nd tour, sans idée aucune sur le millésime.

Mais les possibilités sont minces. Pour 2014, le first round pick des Knicks est déjà envoyé à Denver et le second à Houston. Pour 2015, le first round pick est encore à New York mais pour combien de temps ? Et le second est envoyé à Houston. Pour 2016, le premier tour est déjà dans l’escarcelle de Denver alors que le second est à Portland.

En clair, sur les trois prochaines draft, New York ne dispose que de son first round pick de 2015 et de deux choix du 2nd tour de la prochaine draft provenant de Sacramento et d’Oklahoma City. Et si ce sont ces choix-là qui sont envoyés à Toronto, les Knicks n’auront aucun choix pour les trois prochaines saisons…