Débats Sports

Draft NBA 2016: Un regard sur les Franchises à Choix Multiples

N°1: Phoenix Suns

Enfin!

Alexandre McDonough a tranché le noeud gordien contracté il y a deux ans. Echouant à une victoire des joutes d’après-saison, les Suns s’érigeaient en révélation de la campagne 2013-2014 dans le rôle des jeunes loups aux dents longues. La franchise n’a cessé de balloter depuis deux saisons entre quête de playoffs et reconstruction à entamer pour obtenir un talent de premier plan capable de mener l’équipe. Il faut dire que la percée faisait suite à l’addition durant l’été précédent d’Alex Len, un pivot ukrainien blessé encore vert.

La course à la compétitivité immédiate n’a absolument rien de blâmable lorsqu’elle présente des garanties contre la liquidation des perspectives d’avenir. Or, ce fut très précisément le cas à l’occasion du transfert Brandon Knight-Isaiah Thomas.

Contraint de se séparer du dernier cité, empêtré dans un effectif trop plein à son poste, Ryan McDonough a accueilli le meneur des Bucks qui réalisait sa meilleure saison en carrière à l’issue de laquelle il devait renégocier ses émoluments. Le GM de Phoenix s’est comporté comme le trader le plus lamentable: il a vendu quand la valeur était au plus bas et acheté quand elle était au plus haut.

Résultats des courses? Knight fait figure aujourd’hui de caillou dans la chaussure Suns tandis que Thomas vient de décrocher sa première participation au All-Star Game. Plus grave encore, la franchise a compromis une partie de son futur. En sus d’un Tyler Ennis, invité à faire ses valises, l’organisation s’est séparé d’un pick des Lakers en passe de se transformer en choix de la loterie 2017, probablement une des plus relevées depuis des décennies d’après les spécialistes!

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La Draft 2016 de Phoenix nous satisfait au premier chef dans la mesure où son GM s’est apparemment fait une raison. Il a choisi deux des plus importants potentiels en Dragan Bender et Marquese Chriss. Doués de personnalités différentes, les deux jeunes ailiers forts peuvent être bien entendu mis en concurrence mais la perspective de les associer ensemble dans la raquette in fine demeure grande ouverte. Le Croate, plus altruiste, pourrait se glisser au poste de pivot s’il progresse au rebond, tandis que l’ancien joueur de football américain serait chargé de plus grandes responsabilités au scoring à ses côtés si sa maturation s’opère sans entrave. Par ces décisions, McDonough affirme une forte ambition pour l’avenir et assume dans le même temps une saison prochaine placée sous le signe du développement des néo-draftés. Campagne conséquemment vouée à accumuler des défaites du fait des erreurs des bleus, le GM se ménage de grandes chances de s’attirer un très bon choix de Draft dans une cuvée 2017 exceptionnelle dont les principales têtes d’affiche évoluent au poste 3, principale lacune laissée béante, et au poste 1, assurance tout risque en cas d’accumulation de blessures d’Eric Bledsoe. De plus, les premières armes des soleils levants, couplées à la seconde saison de Devin Booker, devraient susciter l’enthousiasme des fans de la franchise en dépit des revers lors d’une saison qu’il serait impropre de qualifier de « tanking ». Ceux-ci seront par ailleurs libres de saliver sur la cérémonie à venir au rythme des performances de Josh Jackson, Markelle Fultz, Jonathan Isaac et consorts.

La seule interrogation réside finalement dans l’encadrement. Avec l’investissement consenti sur la personne de Marquese Chriss – sacrifice des choix 13, 28 et de Bogdan Bogdanovic -, prospect incertain mais dans lequel Débats Sports veut croire, le coaching staff et les vétérans devront se mettre au diapason pour faciliter sa formation à un sport dont il ignore encore des fondamentaux incontournables, comme, par exemple, la prise de position préférentielle au rebond. Or, le head coach rookie Earl Watson ne présente pas toutes les garanties, pas plus que les deux seuls vétérans PJ Tucker et Tyson Chandler. Ce dernier se lamentait de ne pas évoluer dans une équipe compétitive à ce stade de sa carrière et se voit contraint d’accepter une année de transition s’il ne demande pas son transfert.

Dans les deux cas, le marché des agents libres sera un rendez-vous possible d’optimisation du cadre de travail, notamment au sein d’un vestiaire pas toujours respirable par le passé. Gageons que l’addition d’un Tyler Ulis via le second tour, garçon très mature et charismatique au-delà de ses qualités basketballistiques, ne se révèle pas un mirage et que le GM des Suns confirmera ses orientations du 23 juin dernier.

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