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Comment gérer le cas Anthony Bennett ?

« Anthony Bennett est un flop ». Voilà une manière bien facile de décrire le début de saison du premier choix de la draft 2013. Seulement, ce n’est pas ce chemin que nous prendrons afin d’expliquer la déception de ce début de saison du côté des Cavaliers.

5 sur 35 au tir, 1 sur 12 à trois points et 2 sur 4 aux lancers francs, tels sont les chiffres de Anthony Bennett offensivement. Il va sans dire que l’intérieur de 20 ans connait des débuts horribles en NBA. Mais comment expliquer et gérer cette situation au sein de l’organisation des Cavaliers ?

Après une pré-saison encourageante (9.3 points et 5.3 rebonds en 21 minutes de jeu), Anthony Bennett a plongé en enfer lors de ses premiers matchs dans la Grande Ligue. En manque de rythme et légèrement en surpoids, il a manqué ses 16 premiers tirs avant d’enfin inscrire son premier panier en NBA contre les Bucks, le 6 novembre dernier. Sept matchs après ce petit exploit, Bennett n’a toujours pas trouvé la formule et peine à s’exprimer sur le terrain. Il le déclare lui-même, il a l’impression qu’il y a un couvercle sur le panier.

Cependant, avec seulement 11.7 minutes de jeu par match, il est difficile de s’exprimer et de trouver son rythme en NBA, en particulier lorsque l’on est un rookie qui revient d’une blessure à l’épaule. L’intérieur canadien fait donc avec ce qu’on lui donne mais n’y arrive vraiment pas.

Défensivement, il fait ce qu’on lui demande et reste discipliné. Il est présent au rebond mais ne lit pas encore le jeu naturellement. Il choisit souvent la solution difficile en attaque et se retrouve à prendre un long tir mi-distance ou un trois points. Il s’écarte (trop) souvent du panier et ce n’est pas la meilleure des choses pour un joueur qui traverse une période difficile au tir.

Mike Brown n’est pas non plus réputé pour faire confiance à ses rookies immédiatement, ce qui est explique le peu de temps de jeu accordé à AB15. De plus, avec un Tristan Thompson en pleine progression et déjà à huit double double au compteur cette saison devant lui, il est compliqué de recevoir des minutes supplémentaires. Cela dit, Bennett peut pleinement compter sur le soutien de son coach.

Le petit n’a que 20 ans. Il a joué un an à UNLV, j’ai assisté à ses matchs et j’ai vu des vidéos de ses performances. Il a montré de belles choses. Vous verrez en temps voulu à quel point il est talentueux.

Selon Mike Brown, Anthony Bennett a été très performant durant ses deux derniers entraînements et l’a beaucoup convaincu. Malgré cela, il est difficile de réintégrer l’intérieur de 20 ans dans la rotation en se basant sur des entraînements sans réelle pression.

Ce qui est compliqué, c’est que nous faisons en sorte qu’il reprenne confiance en lui mais nous essayons aussi de gagner des matchs. On ne va peut-être pas tous les gagner mais on veut garder une bonne dynamique et rester en confiance.

On ne peut dire que Bennett ressente de la pression venant de ses coéquipiers ou du coaching staff des Cavaliers mais plutôt des médias, des fans et surtout de lui-même. Les comparaisons avec les autres rookies de cette draft, comme Michael Carter-Williams, Victor Oladipo ou Ben McLemore, qui connaissent des situations différentes et un temps de jeu bien supérieur à celui de Bennett, ne l’aideront sûrement pas à se libérer.

Malgré les mauvaises performances en ce début de saison, Mike Brown croit en son joueur et compte bien suivre la voie de la patience avec son protégé. Une autre alternative n’est pas envisageable, si ce n’est l’écarter des terrains pour quelques temps afin de lui permettre de se mettre en bonne condition physiquement. Pas sûr que ce soit la meilleure des solutions pour son moral…

Pour vous conforter, et vous donner un mini aperçu de ce que donne un Anthony Bennett en pleine confiance, voici une de ses actions à UNLV.

photo : David Richard-USA TODAY Sports