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Cavs 1-1 Bulls : les observations

LeBron James était mauvais lors du premier match de la série. Il a été sensationnel lors de la deuxième rencontre. James a attaqué le panier très tôt dans le match, créant de nombreuses opportunités pour ses coéquipiers et mettant la pression sur la défense adverse. Iman Shumpert en a profité pour continuer sur sa très bonne lancée en enchaînant les tirs extérieurs. Kyrie Irving, légèrement en retrait, a su être efficace et concentré sur sa tâche.

Les Bulls n’ont jamais eu l’opportunité de se rapprocher des Cavaliers, et ils ne s’en sont jamais vraiment donné les moyens non plus. 10 pertes de balle à la mi-temps (10 au total lors du Game 1), 40.5% au tir pour au final inscrire 45 points. Face à l’explosion de leurs adversaires, il n’y avait pas grand chose à espérer. Au final, les hommes de David Blatt auront mené de plus de 10 points pendant 42 minutes et 09 secondes.

Comment expliquer un tel changement de dynamique entre les deux matchs ? On va tenter de l’expliquer avec de simples observations.

1- Tout d’abord, le plus évident. LeBron James était bien plus agressif cette nuit que lors du Game 1. A la fin du premier quart temps, il avait déjà tenté cinq lancers francs, contre deux au total lors du premier match. Lorsqu’il attaque le panier ainsi, en attirant les intérieurs dans la raquette, ça ouvre le jeu pour ses coéquipiers. Il en a profité pour inscrire 22 points à la mi-temps, mais aussi servir Iman Shumpert (13 points à la MT) et Matthew Dellavedova (8 points).

Avec un écart de 19 points après deux quart temps, il ne suffisait plus que de gérer le match. James a terminé la partie avec 33 points, 8 rebonds, 5 passes décisives et 2 interceptions. Certains diront que c’est grâce au pouvoir du bandeau, on préfère croire à la magie de Kevin Love, qui était présent derrière le banc des Cavaliers pendant la rencontre.

Les ajustements de David Blatt étaient clairs : Irving sera positionné dans un rôle de meneur « classique », tandis que James sera placé au poste, avec pour seule consigne que d’attaquer le panier. Les Cavaliers étaient agressifs d’entrée.

2- Si l’équipe a été impressionnante offensivement, il ne faut pas oublier pour autant les ajustements défensifs effectués par le coach. Ca commence par l’intégration de Tristan Thompson dans le cinq, mais aussi par des rotations plus claires. En associant Thompson et Timofey Mozgov dans la raquette, l’intention était de stopper l’attaque sur pick and roll des Bulls, en ne donnant aucune chance à Pau Gasol de trouver son rythme.

C’est une mission accomplie, puisque Gasol n’a inscrit que 11 points dans la rencontre et n’a touché le ballon que 49 fois (contre 61 lors du G1). L’énergie de Thompson et la taille de Mozgov ont également été suffisant pour ramasser les restes de Joakim Noah, qui termine la partie avec 4 points et toujours aucun lancer inscrit.

3- Les rotations de David Blatt ont été curieuses lors de ce Game 2. LeBron James est sorti après cinq minutes, remplacé par Mike Miller et Kendrick Perkins a joué quelques minutes lors du premier quart temps. Avec un tel manque de solutions sur son banc, il est logique de voir ces vétérans apparaître sur le terrain, mais on peut se demander si Blatt ne souhaitait pas semer le trouble dans le plan de jeu de Tom Thibodeau.

Avec deux fautes rapides pour Noah, le coach des Bulls a été contraint de lâcher Taj Gibson dans le match. Défensivement, ils ont pris l’eau et n’ont plus jamais revu la surface. Avec leur pivot titulaire, ils étaient déjà mauvais. Avec leur banc, rien ne s’est arrangé. Coach Blatt en a profité pour relancer James Jones au poste quatre, et le vétéran n’a pas déçu : 12 points à 4-7 de loin au bout de trois quart temps.

Justement, après 36 minutes de jeu, le banc des Cavaliers avait marqué plus de points que celui des Bulls (20 à 16), rentré plus de tirs à trois points (6 à 1) et délivré plus de passes décisives (6 à 3). Pas mal, pour le plus mauvais banc de la NBA (Chris Webber, si tu nous lis).

4- Avant de se faire une frayeur en fin de troisième quart temps, Iman Shumpert réalisait un excellent match, son troisième de suite en Playoffs pour Cleveland. Depuis le 26 avril, et le fameux Game 4 à Boston, l’ancien Knick produit 17.3 points, 6.0 rebonds et 2.0 interceptions de moyenne par match. Plus impressionnant encore, ses pourcentages au tir : 50% et 47.4% à trois points. En saison régulière avec Cleveland, Shumpert ne rentrait que 41.0% de ses shoots et 33.8% de ses tentatives à trois points.

Avec le retour de J.R. Smith, David Blatt aura une décision à prendre lors du déplacement à Chicago. Retournera-t-il à la combinaison habituelle à l’arrière, Irving-Smith, ou fera-t-il confiance à Shumpert pour garder son rythme en lui offrant le poste de titulaire ?

Il faut savoir que lorsque les deux joueurs sont arrivés en provenance de New York, le plan était d’intégrer Iman Shumpert au cinq titulaires à son retour de blessure (épaule droite). Malheureusement pour le joueur, et heureusement pour l’équipe, J.R. Smith a été tellement convaincant aux côtés de LeBron James que Coach Blatt n’a pas voulu briser cette dynamique. La saison régulière a donc continué avec Smith au poste deux et Shumpert en sortie de banc.

Désormais, les rôles pourraient s’inverser. Pour cela il faudrait d’abord que la blessure contractée à l’aine par Shumpert ne soit pas sérieuse. Smith était présent aux entraînements des Cavaliers malgré sa suspension. Il a fait quelques sessions de shoot supplémentaires après ses coéquipiers. Selon plusieurs coachs présents, il se tient prêt à retrouver la compétition. En sortie de banc, il apporterait certainement plus que Mike Miller.

5- Nous avons peu parlé de Kyrie Irving puisque le meneur s’est fait relativement discret lors de la rencontre. Un terme plus approprié serait peut-être « sobre ». Plus gestionnaire que scoreur, il a fini son match avec 21 points et trois passes décisives, en ne tentant que neuf tirs au total. Il a su provoquer des fautes et rester agressif (12 lancers francs tentés) sans pour autant forcer. En l’absence de James sur le terrain, l’écart des Cavaliers n’a pas grandement souffert, passant de +20 à +15.

Face à lui, Derrick Rose a semblé en difficulté. Ce n’est guère surprenant, puisqu’il s’agissait de son deuxième match en trois jours. Dans de telles conditions, le meneur des Bulls peine à être efficace. Il finit son match avec 14 points, 10 passes, 7 rebonds mais un horrible 6-20 au tir. Moins tranchant et moins explosif, il n’a pas provoqué la moindre faute lors de ce match (ni lors du G1, d’ailleurs). Le travail collectif de Irving, Delly et Shumpert sur lui a fonctionné à merveille.

L’ambiance du United Center va-t-elle suffire à le réanimer ? Car il n’est pas prêt d’avoir ses deux jours de repos.

6- Un mot sur Jimmy Butler ? Selon plusieurs sources, il est sur le point d’être nommé Most Improved Player de l’année. Malheureusement pour lui, il défend sur LeBron James en Playoffs et n’est pas épargné. Il déclarait avant le début de la série ne pas être « intimidé » par James, faisant légèrement penser au discours de Jae Crowder. Jusqu’à présent, il n’a pas eu l’impact offensif qu’espérait son équipe. Certes, il marque 19 points de moyenne, mais à 40% au tir et 30.7% à trois points.

Du Game 1 au Game 2, le nombre de touchers par possession de Butler a nettement diminué. De 71 à 50, la différence est énorme. Il se concentre principalement sur l’aspect défensif de son jeu, en tentant de contenir James au poste, comme sur le périmètre. Il faudra se demander à un moment si le fait de défendre sur le meilleur joueur du monde pendant 44 minutes lors du premier match, puis 35 minutes hier ne l’a pas épuisé (si).

7- Ce qui nous amène à notre observation suivante : Nikola Mirotic. Lors de notre preview, on avait refusé de donner l’avantage du banc aux Bulls car Thibodeau possédait des traits, disons… méfiants. Le temps de jeu du rookie des Bulls ne fait que confirmer ce sentiment. Lors du G1, Mirotic n’a joué que 2:25. Lors du G2, avant que Thibbs ne déclare forfait dans le quatrième quart temps, Mirotic n’a joué que 1:11.

Ne pas le faire jouer lors du premier match était compréhensible, Pau Gasol s’amusait sur le périmètre, la défense des Cavs lui donnait absolument tout. Mais lorsque les Bulls se font marcher dessus en un quart temps, Thibodeau refuse de lancer un intérieur polyvalent, capable d’alterner jeu extérieur et intérieur. On savait qu’il manquait de confiance en ses rookies, mais en étant mené de 20 points avec deux intérieurs aussi utiles qu’un toit ouvrant sur un sous-marin, il pouvait tenter d’autres combinaisons.

La séquence de Mirotic dans le dernier quart temps pourrait néanmoins lui donner des idées. Il semblait énergique et déterminé à montrer qu’il avait sa place dans la rotation. Il a réussi à marquer huit points en cinq minutes, provoquant également deux fautes de tir sur les intérieurs de Cleveland.

8- Lors du premier match, les Bulls avaient inscrit 61.0% de leurs tirs ouverts (25-41) et 55.6% de leurs tirs à trois points (10-18). Hier, les Bulls n’ont inscrit que 41.7% de leurs tirs ouverts (15-36) et 31.8% de leurs tirs à trois points (7-22). Forcément, avec une défense plus attentive, ça aide.

9- Un dernier mot sur Tristan Thompson, qui a encore été monstrueux au rebond. Il a récupéré 12 rebonds hier, dont six offensifs. On pourrait ajouter cinq rebonds supplémentaires à sa ligne de statistique sans que ce soit choquant. C’est dire l’impact qu’il a eu sur le match. Une nouvelle fois, son énergie et son attention en défense ont bien servi aux Cavaliers. La décision de Blatt a porté ses fruits et on pourra très certainement revoir Thompson dans le cinq majeur lors du Game 3.

10- David Blatt a fait les ajustements que l’on attendait de lui. Les Cavaliers ont répondu aux Bulls en les agressant d’entrée. Chacun des joueurs ayant foulé le parquet a contribué d’une manière particulière, même Kendrick Perkins qui a réalisé deux contres en moins de 10 minutes. Le public était bien meilleur qu’il y a deux jours, sûrement grâce à la présence de Kevin Love, qui a reçu une standing ovation avant la mi-temps.

Cleveland et Chicago se retrouvent à égalité après deux matchs. Cleveland n’a jamais mené lors du premier match. Chicago n’a jamais mené lors du second match. Comme on l’attendait, il n’y a pas de clair avantage dans cette série. Les Cavs vont faire face à un gros test face au public de Chicago. Avec le retour de J.R. Smith, ils seront plus sereins au niveau de leur production mais aucun relâchement n’est permis. La marge d’erreur reste très faible.

Boxscore

Boxscore Cavs Bulls Playoffs 2

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