Débats Sports

Bye Bye T-Mac…

Débats-Sports inaugure la section Hall Of Fame Basketball avec le départ d’un joueur souvent sous-estimé mais au combien impressionnant : Tracy McGrady. Incroyable attaquant, souvent décrié pour son dilettantisme, T-Mac quitte la NBA part la petite porte avec aucune bague à son doigt, mais pas sans laisser son empreinte dans la ligue.

Toute sa carrière, McGrady aura fait des choix osés mais aussi un peu irréfléchis. Pour commencer, on peut facilement citer son entrée dans la ligue. Alors qu’il vient d’être nommé meilleur lycéen des États-Unis en 1997, il fait l’impasse sur une carrière universitaire et se positionne pour la draft. Et alors qu’il aurait pu viser le First Pick, il ne sera choisi qu’à la 9ème place par les Toronto Raptors. Une draft qui ne restera pas dans les mémoires car hormis Duncan (1st) et Billups (3rd), aucun autre joueur n’aura réussit à percer dans la grande ligue. Les Raptors ont donc bien senti l’affaire et c’est suffisamment rare pour le souligner.

Néanmoins, cette affirmation ne sera pas vraie pour l’avenir. Drafter un joueur en 9ème position, et ne le faire débuter qu’un peu plus de 25% des matchs, ce n’est pas vraiment miser sur l’avenir. Il faut dire que ses performances ne sont pas hallucinantes et que l’ailier est encore jeune (tout juste 18 ans), et il faudra attendre sa troisième année dans la franchise pour vraiment exploser : 15.4 pts et 6.3 rebonds en 31 minutes, soit le double de son année rookie. Il est clair que l’arrivée de Vince Carter, son cousin éloigné caché, dans la province canadienne joue aussi beaucoup. Avec plus d’espace sur les ailes, grâce à la puissance attractive de Carter au poste 2, il peut pleinement s’exprimer. Dommage pour les Raptors, McGrady est free-agent à la fin de la saison et ne souhaite pas rester dans l’ombre du dunker fou.

Et c’est là le deuxième choix contestable du joueur. Alors que Chicago est très intéressé par le profil du joueur que beaucoup comparent à Scottie Pippen, T-Mac opte pour le choix familial en rejoignant sa famille en Floride, direction Orlando. Le choix sportif est également suspect. La franchise vient de perdre Shaquille, parti aux Lakers, et a surtout un bon gros chèque pour l’ancien Raptor. A Orlando, McGrady n’a donc aucune chance de viser le titre, mais peut devenir le franchise player qu’il souhaite devenir. Et il le deviendra.

Lors de sa première saison, il remporte le titre de Most Improved Player. Les deux saisons suivantes, il terminera meilleur scoreur de la ligue avec des moyennes de  32.1 en 2003 et 28.0 en 2004. Lors de ses quatre saisons à Orlando, il n’a pas raté un seul match et a débuté 294 des 295 matchs de la franchise. Le point d’orgue de son aventure floridienne aura lieu le 10 mars 2004 face aux Wizards et son record personnel de 64 points. Il reste encore à ce jour le 3ème meilleur marqueur de l’histoire de la franchise.

Malheureusement, hormis les chiffres, rien à signaler. Car Orlando a pris de plein fouet le départ de son pivot, et la blessure de son autre recrue phare, Grant Hill. 4 saisons, 3 éliminations au premier tour des playoffs et lors de la dernière saison, le pire record du Magic après celui de la première saison de l’histoire de la franchise. L’élément déclencheur du nouveau départ du All-Star.

Car si le joueur n’arrive pas à faire gagner son équipe, à l’image d’un Carmelo Anthony, il empile les sélections au All-Star Game. A 7 reprises, McGrady rejoindra les stars de la ligue au All-Star Game. 6 fois en tant que titulaire (et donc sélectionné par les fans) et à une reprise en tant que remplaçant. Il devra céder sa place au même Melo.

Débarquant à l’ouest, McGrady trouvera vite ses repères dans une franchise de Houston en reconstruction. McGrady arrive en échange de Steve Francis et Cuttino Mobley, jeunes joueurs prometteurs mais décevants (et à juste titre). Associé à Yao Ming, McGrady aura enfin son acolyte avec lequel il peut viser le titre, mais l’âge et les blessures commenceront à avoir raison de lui, et surtout du pivot.

McGrady aura disputé 5 saisons pleines ou presque avec les Rockets et également le début de la saison 2009-2010, avant d’être envoyé chez les Knicks, toujours preneur d’une belle affaire (c’est ce qu’ils croient). Suivront ensuite des piges chez les Pistons et chez les Hawks, sans laissé une trace impérissable.

Malgré ses exploits offensifs et son indéniable talent, Tracy McGrady n’aura jamais fait mieux qu’un premier tour de playoffs. A 8 reprises, il a emmené son équipe en post-season, mais jamais il obtiendra une série de 4 victoires… On ne peut s’empêcher de faire une comparaison avec un autre ailier au talent offensif indéniable : Carmelo Anthony. Ce dernier a disputé 9 campagnes de playoffs avec seulement deux victoires (1er tour et demi-finale de conférence en 2009).

McGrady verra t-il son maillot retiré ? On en doute. Il n’a pas marqué une franchise en particulier. Il aura révolutionné le jeu des Raptors avec son compère Vince Carter, tenu à bout de bras Orlando après le départ de Shaquille O’Neal et redonné l’espoir aux fans des Rockets de retrouver la gloire de l’époque d’Hakeem avec Yao.

Malheureusement pour lui, McGrady sera surtout rappelé pour cet exploit, et quelle performance ! 9 décembre 2004, match de saison régulière, les Spurs, champions en 2003 et futurs champions en 2005, se rendent chez les voisins texans. Les Rockets sont menés 76-68, 42 secondes à jouer, temps mort Houston (à partir d’1’18) :

33 ans, pour un ailier offensif, c’est vieux. McGrady ne trouve pas de défi à la hauteur de son talent. Il quitte la NBA en pleine pré-saison, direction la Chine. L’occasion pour lui de saluer tous les talents qu’il a côtoyés durant sa carrière :

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Goodbye NBA, Hello China

There are times in life that a new road presents itself and it appears this time has come for me now. I am so proud of what I have accomplished these past 15 years playing in the NBA. It was a dream entering the league as I just turned 18 years old. I worked hard and poured my heart and soul into this game. I consider myself a student of the game as I have watched, studied and played with and against the best players in the world. The NBA was my University and I learned so much. The gratitude I feel is really immeasurable. I have experienced the best moments a player can experience and have had some dark ones too. Both equally important in helping shape me into the man I am today.

As I leave the league for now, there have been so many profound people who inspired me along my way. I have to say thank you for guiding me and having an enormous influence on the way I played basketball. Isaiah Thomas, Rich Devos, Leslie Alexander and John Gabriel, you believed in me and I thank you. Jeff Van Gundy, you exemplified the brilliance of what a great coach is. Steven A. Smith, you gave us players a voice and for that I thank you. Doug Christy, Charles Oakley, Dee Brown, Mugsy Bogues, Antonio Davis, Dell Curry, Kevin Willis, you all showed a young kid from Auburndale Florida how to be a better player. Kobe, you made me work harder and it was an honor to play against you. And Yao, we shared an experience together that will always be with me, thank you. Sonny & Pam Vaccarro showed me how there is loyalty and genuine friendship in this business. Arn Tellem and Tim Hoy, 15 years and you are still my agents. Thank you for guiding me throughout my career. When all is said and done, there is so many that made an impact on my life. I am one blessed man to have the love and never ending support of my wife CleRenda and the best 4 kids a man can ask for. But most important, I give glory and thanks to God. It is thru Him that I have been so blessed and I am forever thankful.

As I enter this next chapter, I am excited to play for Qingdao Eagles in China. I have been to China several times in the last few years and I love the people and the country. It will be an honor to play for them. Thank you to every fan that has followed me and believed in me. Injuries and all, I wouldn’t have changed a thing. I am proud of the mark I left on this game and am grateful to have been a part this league. It was a dream to play in front of all of you, each night, in every stadium. Thank you.

Tmac

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  • Philo_Dox

    Petite question : Il manque pas un bout de texte ou un lien vidéo dans la fin de l'article ?
    "Les Rockets sont menés 76-68, 42 secondes à jouer, temps mort Houston (à partir d’1’18) : "

    Sinon T-Mac, c'était un de mes joueurs préférés que j'ai découvert grâce au NBA Live sur ma playstation et son époque à Orlando. C'est vrai qu'il a eu une carrière en dent de scie mais il lui manque vraiment un titre ou une épopée en finale NBA pour le mettre dans la catégorie des joueurs de "légendes".

    Bon vent à lui, il va lui rester encore une ou deux bonnes années en Chine à mon avis !

    • Je ne vois pas de quoi tu parles Philo 😉 En effet, la vidéo avait sauté suite à une correction. Elle est désormais en ligne. Les 13 points en 33 secondes de McGrady et son interview post-match résument bien l'étendue des capacité du joueur.